Aujourd’hui, la recherche sur le cancer du sein est de plus en plus tournée vers le développement d’une médecine de précision pour une prise en charge personnalisée des patientes.
Prévenir le cancer du sein et anticiper son évolution
Tout un champ de recherche sur le cancer du sein explore les facteurs de risque génétiques et environnementaux de la pathologie. Concernant les facteurs environnementaux, des études sont menées pour analyser l’impact de la pollution atmosphérique, mais aussi organique et plastique dans l’alimentation. Les conséquences du mode de vie, et notamment de l’obésité, sont analysées dans la même optique de prévenir les risques. Du côté de la génétique, des travaux se poursuivent sur les mutations impliquées dans le cancer du sein, comme celles qui touchent les gènes BRCA1 et BRCA2, afin de mieux comprendre les mécanismes à l’origine du développement tumoral 6 et d’améliorer le dépistage de la maladie.
D’autre part, pouvoir prédire les meilleures combinaisons et séquences de traitements pour chaque patiente représente un enjeu majeur pour les années à venir. À cette fin, les chercheurs identifient des biomarqueurs permettant d’anticiper l’évolution du cancer et le développement de métastases 7, ou la réponse aux traitements, en vue d’adapter les thérapies à chaque cas. Des études récentes ont par exemple mis au jour un biomarqueur 8 de l’efficacité du tamoxifène dans le cancer hormonodépendant et un biomarqueur 9 de la réponse à la chimiothérapie dans le cancer du sein triple négatif.
Trouver des solutions au cancer du sein triple négatif
Particulièrement agressif et difficile à traiter, le cancer du sein triple négatif est au centre de nombreux travaux. Ils visent à repérer de nouvelles cibles thérapeutiques pour développer des traitements plus efficaces, en s’attaquant par exemple à un acide gras associé à l’agressivité des tumeurs. Les chercheurs ont aussi pour objectif d’améliorer la chimiothérapie et de trouver des approches innovantes de thérapie ciblée pour faire face à la résistance aux traitements de ces cancers aux molécules de chimiothérapie. Très prometteuse en oncologie, l’immunothérapie est une autre piste explorée. Elle apporte de premières preuves d’efficacité pour soigner le cancer du sein triple négatif.
Lutter contre les métastases du cancer du sein
Les métastases constituent une complication majeure du cancer du sein, en particulier des formes triples négatives. Un enjeu important de la recherche est d’abord de comprendre comment se forment ces métastases. Il s’agit d’identifier les acteurs moléculaires impliqués, tels que les protéines SMYD2 ou EB1, mais aussi les caractéristiques propres à chaque type de cancer, comme le cancer triple négatif, et à chaque zone de propagation des métastases, comme le tissu osseux. Un autre aspect de ces travaux consiste à détecter précocement les métastases et à bloquer leur formation 10 en ciblant les mécanismes précédemment élucidés.
Des travaux ont par exemple mis en évidence l’intérêt d’une nouvelle classe thérapeutique, les « conjugués anticorps-médicaments ». Ces traitements associent un anticorps, utilisé pour repérer les cellules cancéreuses à cibler, à un agent cytotoxique, généralement une molécule de chimiothérapie destinée à les éliminer. Les chercheurs ont plus particulièrement mis en avant l’efficacité du patritumab-deruxtecan dans ce cadre, et mieux défini les patientes chez que ce traitement serait le plus pertinent.
Améliorer la prise en charge des cancers du sein hormonodépendants
Les cancers du sein hormonodépendants représentent la majorité des cas de cancers du sein, posant des défis spécifiques tant en termes de traitement que de suivi. Une recherche récente vise à mieux caractériser les cellules tumorales afin de comprendre leur hétérogénéité et de trouver des stratégies pour renforcer l’efficacité des protocoles. Par ailleurs, le traitement de ces cancers par hormonothérapie s’inscrit dans la durée, avec des prises de médicaments sur plusieurs années. Cette thérapie au long cours est essentielle pour prévenir les récidives, mais s’avère contraignante. Une étude a montré que l’adhésion des patientes à l’hormonothérapie est liée à leur capacité à suivre d’autres traitements comme ceux visant la santé cardiovasculaire. Anticiper le risque de non-observance des traitements est un aspect crucial dont il faut tenir compte pour optimiser la prise en charge globale de la maladie.
Développer de nouvelles approches de radiothérapie
Dans le domaine de la radiothérapie, l’hypofractionnement, voire l’ultra-hypofractionnement, dont l’objectif est de diminuer au maximum le nombre de séances en utilisant des doses plus importantes de rayons à chaque session, a fait ses preuves dans certaines conditions de traitement. Cette approche est déjà proposée à des patientes dans des centres spécialisés, et pourrait s’étendre ces prochaines années. Les chercheurs et praticiens s’intéressent aussi à la radiothérapie peropératoire pour irradier le sein de l’intérieur, en une seule fois, directement au bloc juste après l’opération. Cette technique est expérimentée dans quelques services hospitaliers. Le recours à des nanoscintillateurs, des petites particules capables d’augmenter l’effet des rayons de la radiothérapie, est également une piste étudiée.
Identifier de nouvelles cibles thérapeutiques
La recherche de nouvelles cibles thérapeutiques pour le cancer du sein explore des mécanismes variés. Une étude s’est par exemple penchée sur les processus moléculaires régulant le développement des glandes mammaires dans le but de révéler des cibles potentielles contre les tumeurs. D’autres travaux se concentrent sur le système immunitaire, sa diversité et son rôle dans la croissance tumorale pour trouver des moyens de bloquer les interactions néfastes.