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Les cancers du sein en chiffres

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme.

En 2018, 58 459 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en France. Si cette maladie est encore responsable de plus de 12 000 décès cette même année, le taux de mortalité qui y est associé diminue régulièrement depuis les années 90.

Cette amélioration s’explique par un meilleur dépistage mais également par le développement de thérapies toujours plus efficaces. Actuellement, plus de 87 % des patientes sont en vie 5 ans après le diagnostic.

Le cancer du sein peut également toucher les hommes. Environ 500 cas sont diagnostiqués chaque année, ce qui représente 0,5 % des cancers masculins.

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Plusieurs cancers du sein suivant leur localisation...

Le sein est composé de nombreux lobes glandulaires (eux-mêmes constitués de plusieurs lobules), structures de production du lait. Chacun se poursuit par un canal lactifère, qui l’amène jusqu’au mamelon. Les lobes glandulaires sont entourés de tissu adipeux (graisse), ainsi que de vaisseaux sanguins et lymphatiques.
Les vaisseaux lymphatiques conduisent la lymphe au niveau des ganglions axillaires, situés sous le bras. Ces ganglions, sortes de réservoirs de cellules immunitaires, peuvent parfois être atteints par les cellules tumorales.
Il existe plusieurs cancers du sein différant selon leur localisation et leur extension. Les trois formes les plus fréquemment rencontrées sont les suivantes :

  • Les carcinomes in situ : les cellules cancéreuses restent dans les canaux et les lobules, et n’ont pas diffusé dans les tissus environnants.
  • Les carcinomes infiltrants : ici, les cellules cancéreuses ont envahi les tissus entourant les canaux et lobules. Si ce type de cancer n’est pas pris en charge à temps, il conduit à la formation de métastases dans les ganglions axillaires et le reste du corps.
  • Les carcinomes inflammatoires : ils se situent en surface, au niveau de la peau.

Il existe également des formes plus rares de cancer du sein, tels que le carcinome mucineux ou encore le carcinome tubuleux.

Il existe plusieurs cancers du sein différant selon leur localisation et leur extension.
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#caracteristiques-moleculaires

...Et leurs caractéristiques moléculaires

La recherche sur le génome a permis d’établir une classification plus fine des cancers du sein, basée sur la présence de certains marqueurs dans les tumeurs.

Ainsi, on y recherche les protéines : RE (récepteur aux œstrogènes), RP (récepteur à la progestérone), HER2 (récepteur à certains facteurs de croissance) qui permettent de différencier plusieurs groupes de cancers du sein. Les cancers du sein « hormonodépendants », formes les plus fréquentes, sont positifs pour les récepteurs hormonaux, et ceux de type « HER2+ » surexpriment la protéine HER2. Les cancers du sein négatifs pour ces trois marqueurs sont appelés « triple négatifs ».

Cette hétérogénéité d’expression permet d’orienter la prise en charge des patients.

#facteurs-de-risque

Quels sont les facteurs de risque ?

Le cancer du sein est une maladie multifactorielle, dont l’apparition résulte d’une combinaison entre des facteurs environnementaux et génétiques.

Les quatre principaux facteurs de risque sont :

  • l'âge. Le risque est maximal entre 65 et 74 ans ;
  • les prédispositions génétiques. Lorsque plusieurs personnes d’une même famille sont atteintes du même cancer, il peut s’agir d’un cancer héréditaire : dans ce cas, une mutation dite de prédisposition au cancer du sein est transmise de génération en génération. Les principaux gènes en cause sont les gènes BRCA1 et BRCA2 : une mutation est identifiée sur ces gènes dans 5 % à 10 % des cancers du sein ;
  • les antécédents familiaux de cancers du sein (présence d’un cas isolé dans la famille proche) ;
  • l’existence d’antécédents personnels de cancers du sein ou de maladies bénignes du tissu mammaire.


D’autres facteurs de risque plus secondaires ont également été identifiés ou suspectés :

  • La puberté précoce et la ménopause tardive ;
  • Le traitement hormonal substitutif de la ménopause suivi pendant plus de 5 ans ;
  • L’absence de grossesse ou les grossesses tardives, absence d’allaitement ;
  • La consommation régulière d’alcool ;
  • Le tabagisme, la sédentarité et la surcharge pondérale font partie des facteurs de risque dont l’importance reste à déterminer.

#depistage

De quels moyens dispose-t-on pour dépister ?

Avant 50 ans, il est essentiel qu’une femme consulte chaque année son médecin pour qu’il puisse procéder à un examen clinique de ses seins. En cas de doute ou d’anomalie, il pourra alors programmer des examens complémentaires. Depuis 2004, les femmes âgées de 50 à 74 ans sont invitées à se faire dépister tous les deux ans (mammographie et examen clinique), sans avance de frais. On considère que chaque année, sur 1 000 femmes dépistées, on découvre 7 cancers du sein.
Plusieurs outils existent pour établir un diagnostic de la pathologie :

  • La palpation : elle permet la mise en évidence d’une grosseur anormale.
  • L’imagerie :
    • La mammographie : examen radiologique révélant des lésions de quelques millimètres indétectables par la palpation.
    • L’échographie : examen utilisant les ultrasons, prescrit lorsque la mammographie a révélé une anomalie.
    • L’imagerie par résonance magnétique (IRM) : elle est réalisée pour obtenir des renseignements complémentaires aux informations données par la mammographie et l’échographie.
  • Les prélèvements : suite à une image suspecte, seul l’examen au microscope d'un prélèvement permet de confirmer le diagnostic d’un cancer du sein. Il existe plusieurs techniques de prélèvement :
    • La cytoponction : prélèvement de quelques cellules avec une aiguille très fine afin de les analyser.
    • La biopsie : prélèvement d’un fragment de tissu réalisé sous anesthésie locale pour un examen microscopique.
Une politique de dépistage systématique a été mise en place à destination des femmes âgées de 50 à 74 ans.
#traitement

Quels sont les traitements des cancers du sein ?

La prise en charge des patients dépend des caractéristiques de la tumeur et de son extension : suivant la démarche thérapeutique adoptée, cinq types de traitements peuvent-être utilisés, seuls ou en combinaison.

  • La chirurgie : c’est une étape incontournable, qui permet d’enlever la masse tumorale. Durant l’opération, le chirurgien peut prélever les ganglions lymphatiques les plus proches de la tumeur, les ganglions sentinelles. Ils sont maintenant analysés directement afin de savoir si les cellules cancéreuses se sont disséminées. En fonction du résultat, le chirurgien adapte son geste.
  • La radiothérapie : elle est souvent réalisée en complément de la chirurgie au niveau de la région de la tumeur, souvent en association avec la chimiothérapie. On peut aussi la prescrire avant l’opération pour réduire le volume de la tumeur et faciliter son ablation.
  • La chimiothérapie : donnée dans de rares cas en pré-opératoire, elle peut faire diminuer la taille de la tumeur (traitement néo-adjuvant). On fait aussi appel à la chimiothérapie post-opératoire pour prévenir le développement de métastases ou les éliminer en cas d’extension de la maladie.
  • L’hormonothérapie : elle est utilisée chez des patientes dont les cellules tumorales expriment des récepteurs hormonaux.
  • Les thérapies ciblées : ces traitements s’attaquent de manière spécifique aux tumeurs. Ainsi, on peut citer les thérapies ciblées sur HER2 ou celles qui empêchent le développement de nouveaux vaisseaux autour de la tumeur, réduisant ainsi sa croissance.
#recherches-actuelles

Quelles sont les pistes de recherche actuelles ?

Améliorer le dépistage, caractériser avec précision les tumeurs, cibler les cellules cancéreuses circulantes dans l’organisme (métastases) pour les détruire, atténuer les effets secondaires des traitements… Autant de pistes suivies par les chercheurs dans la prise en charge du cancer du sein.

Plusieurs pas ont été faits en ce sens. Concernant les techniques chirurgicales, les ablations du sein sont aujourd’hui beaucoup moins mutilantes pour les patientes.

Dans le domaine de la radiothérapie, il y a beaucoup d’espoir autour de l’ « hypofractionnement », qui consiste à diminuer le nombre de séances en utilisant des doses plus importantes de rayons à chaque séance. Elle est déjà proposée dans certains centres. Les chercheurs s’intéressent aussi à la radiothérapie peropératoire, qui consiste à irradier le sein de l’intérieur, en une seule fois, directement au bloc juste après l’opération.

Concernant la prise en charge médicamenteuse, l’hormonothérapie et les thérapies ciblées ont permis de grands progrès. Des recherches sont en cours pour découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques et améliorer les molécules déjà disponibles.

Autre voie empruntée par les chercheurs : la mise au point d’ADC (pour Antibody Drug Conjugate), des molécules qui associent thérapie ciblée anti-Her2 et chimiothérapie. Une molécule est déjà utilisée pour certaines patientes présentant une tumeur Her2+, et d’autres sont en cours d’investigation.
Enfin, l’immunothérapie est également au cœur des recherches dans le traitement du cancer du sein : cette technique consiste à lever les obstacles que les cellules cancéreuses développent pour ne pas être détruites par le système immunitaire. Une approche qui peut s’avérer très efficace pour certaines patientes atteintes d’un cancer triple négatif et avancé : elle aide à la destruction des cellules tumorales. Mais des recherches sont nécessaires pour identifier précisément lesquelles parmi ces patientes répondent le mieux à ces nouveaux traitements.

Pouvoir prédire les meilleures combinaisons et séquences de traitements pour chaque type de patientes représente l’un des enjeux majeurs des années à venir dans la lutte contre le cancer du sein.

La recherche progresse pour étoffer la panoplie de traitements existante.
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