Impact des polluants chimiques sur la santé : la science apporte de nouvelles réponses

01 juin 2026

Il y a un an, la Fondation pour la Recherche Médicale alertait sur les risques des polluants chimiques pour la santé et sur la nécessité de mieux intégrer les données scientifiques dans les décisions publiques. Depuis, les publications scientifiques se sont multipliées, consolidant encore le niveau de preuve.

La santé environnementale apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur de santé publique. 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 24 % des décès dans le monde seraient liés à des causes environnementales. Des études épidémiologiques et toxicologiques solides ont établi un lien entre l’exposition à certains polluants et de nombreuses maladies. Les travaux récents élargissent encore le spectre de ces pathologies et troubles, et documentent davantage les mécanismes en jeu.

Des liens renforcés avec de nombreuses maladies et troubles

Les études publiées ces derniers mois augmentent le niveau de preuve de l’impact délétère de l’exposition aux polluants chimiques sur la santé et le lien avec de multiples pathologies et troubles : cancers, maladies cardiovasculaires, troubles du neurodéveloppement ou encore maladies neurodégénératives. 

Au-delà de ces liens déjà identifiés, de nouveaux résultats viennent davantage documenter l’impact des polluants :

  • une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de mortalité prématurée et de maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, l’obésité…)  1. Le lien entre la consommation de conservateurs et un risque accru de cancer et de diabète de type 2 est également mis en évidence  1 ;
  • la pollution de l’air est aussi liée à des troubles de la santé mentale  2 ;
  • l'ingestion de nanoplastiques, à faibles doses, chez la souris, entraîne des effets délétères sur le microbiote intestinal et le fonctionnement du foie  3.

Des périodes de vie particulièrement vulnérables

La grossesse, la petite enfance et la puberté sont des phases où les effets des polluants peuvent être particulièrement marqués. Les connaissances progressent sur les risques liés aux expositions précoces.

Des travaux récents mettent en évidence une association entre :

  • exposition à certaines particules fines dès la naissance et le risque de leucémie  4,
  • exposition au méthylparabène et bisphénol S pendant la grossesse et troubles du comportement chez l’enfant  5 ;
  • exposition à certaines particules fines et au plomb et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité  6.

Baisse de la fertilité et pathologies au cours de la grossesse : un impact qui se confirme

Selon l'OMS, les expositions environnementales contribuent à la baisse continue de la fertilité dans le monde. Des publications récentes apportent des données supplémentaires :

  • un impact des perturbateurs endocriniens sur la qualité du sperme, la réserve ovarienne, l’infertilité  7.
  • des liens entre micropolluants et atteintes à la santé reproductive  8.

Des effets qui pourraient se transmettre aux générations futures

Les données s’accumulent également sur les effets dits « transgénérationnels ». Des études montrent qu’en modifiant l’expression des gènes, certains polluants pourraient et avoir des conséquences sur les générations suivantes, sans exposition directe, et participer à un large éventail de pathologies (cancers, maladies inflammatoires chroniques…)  9.

Réduire les expositions : un enjeu collectif

Face à ces constats, la réduction des expositions apparaît comme un levier essentiel. Des études montrent que les politiques publiques peuvent produire des effets concrets : en Europe, la qualité de l’air s’est améliorée sur la dernière décennie grâce à un effort collectif et des réglementations ciblées  10.

Le développement d’alternatives constitue également un axe majeur, qu’il s’agisse de pratiques agricoles moins dépendantes, ou totalement indépendantes des pesticides  11. L’étude BioNutrinet a en effet attesté les bénéfices de l'alimentation biologique  12.

La recherche, un levier décisif pour protéger la santé

Depuis 2019, la Fondation pour la Recherche Médicale a fait de la santé environnementale un axe stratégique prioritaire, avec 18,2 millions d’euros investis dans 36 projets mobilisant plus de 100 équipes de recherche. 

Les expositions peuvent être multiples et nous concernent tous, par le biais de l’air respiré, des aliments ou l'eau consommés… La recherche a un défi colossal à relever : décrypter les effets non pas d'un, deux ou trois polluants… mais ceux de toute une vie. Elle a pour mission de comprendre l’impact de ces polluants sur le vivant, seul ou en association (effet parfois amplifié, dit effet cocktail) les effets sur la santé, d'évaluer les risques et l’impact des mesures de prévention et de protection.

Les prochaines années doivent être celles de la santé environnementale. Elles seront décisives et il est essentiel de renforcer la place que l’on donne aux résultats produits par la science. Pour cela, la Fondation pour la Recherche Médicale appelle à une vigilance continue des pouvoirs publics et à un soutien primordial à la recherche.

Nos demandes aux pouvoirs publics

Dans ce contexte, la Fondation pour la Recherche Médicale appelle les pouvoirs publics à renforcer leur action autour de trois axes :

  • Privilégier l’application du principe de précaution et réévaluer les seuils d’exposition si nécessaire, dès lors que la toxicité d’une substance est établie scientifiquement.
  • Faire respecter les interdictions existantes (production et importation), notamment à l’échelle européenne, pour les produits ne répondant pas aux lois et recommandations fondées sur la science.
  • Déployer des campagnes de prévention ambitieuses, pour mieux informer sur les risques et ainsi limiter les expositions.

Sources

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