Tout savoir sur l'obésité

L’obésité progresse très rapidement à travers le monde : les scientifiques évoquent une véritable « épidémie » d’obésité. Définie par l’indice de masse corporelle, celle-ci se développe à l’occasion d’un déséquilibre entre les apports nutritionnels et leur utilisation par l’organisme. Mais de nombreux autres facteurs y contribuent : génétique, expositions environnementales, facteurs psychologiques. La recherche avance : mieux comprendre le développement de cette maladie et ses facteurs de risque permettra d’enrayer son évolution.

Quelques chiffres sur l’obésité

On assiste aujourd'hui à une véritable « épidémie » d’obésité dans le monde. A l’échelle mondiale, l’obésité a plus que doublé depuis 1990 chez les adultes et quadruplé chez les enfants.

Selon une étude parue dans le Lancet, plus d’un milliard de personnes sont désormais obèses (879 millions d’adultes, 159 millions d’adolescents et enfants). En 2022, 18,5 % des femmes âgées de 18 ans et plus étaient obèses, 14 % des hommes et 8 % des enfants et adolescents. La même année, 43 % des adultes étaient en surpoids et 20 % des enfants.

Selon la HAS, en France, l'obésité concerne 17 % des adultes, mais avec le surpoids, la proportion de personnes concernées atteint 49 %. Chez les enfants, 4 % présentent une obésité et 17 % en incluant le surpoids. Les écarts sociaux restent marqués, avec une prévalence plus élevée de l’obésité dans les milieux sociaux les plus précaires et certaines régions françaises, comme les Hauts-de-France, le Grand Est ou encore les départements d’Outre-mer.

Qu’est-ce que l'obésité ?

L'obésité est définie par l'OMS comme étant une accumulation anormale et excessive de graisse dans l'organisme, pouvant nuire à la santé générale. Elle représente une forme évoluée du «  surpoids », aussi appelé « surcharge pondérale », stade pour lequel les retentissements néfastes du tissu adipeux sur l'organisme sont moins importants.

  • Quels sont les mécanismes et les facteurs de risque en cause dans l’obésité ?**

Certaines cellules, les adipocytes, sont chargées de stocker les lipides en vue de leur utilisation ultérieure par l'organisme à différentes fins : les lipides sont par exemple une source d'énergie pour maintenir la chaleur corporelle, et un composant essentiel de la membrane des cellules. Lorsque l'apport en lipides est supérieur à son utilisation, leur stockage se fait en excès, et la masse de tissu adipeux augmente.

Aujourd'hui, on sait que l'alimentation déséquilibrée n'explique pas toujours à elle seule la survenue d'une obésité. Le mode de vie actuel, plus sédentaire, favorise une activité physique moindre, et donc une mobilisation des graisses moins importante. D'autres composantes entrent également en jeu. Citons : certains facteurs ou troubles psychologiques (stress, troubles du comportement alimentaire, sommeil), une prédisposition génétique (influençant l’appétit, le stockage ou la dépense énergétique), certains facteurs de risques prénataux comme par exemple le tabagisme ou le surpoids maternel, la grossesse, la ménopause ou encore la prise de certains médicaments. On sait également que différents polluants alimentaires ou environnementaux, notamment les perturbateurs endocriniens (bisphénol A, phtalates, pesticides), augmentent le risque d’obésité.


  • Quelles sont les conséquences de l’obésité ?

L'accumulation de graisse au niveau des viscères est à l'origine du tristement célèbre « syndrome métabolique » caractérisé par un fort taux de sucre dans le sang, une tension artérielle et un taux de cholestérol élevés. Ce syndrome est à l'origine de nombreuses complications : diabète de type 2, accidents cardiovasculaires (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde) ou encore atteintes au niveau du foie (maladie du foie gras -NASH- encore appelée stéato-hépatite non alcoolique). L'obésité fait également le lit de certains troubles musculaires et articulaires ou encore respiratoires comme l'apnée du sommeil. L’obésité a également été associée aux formes graves de la Covid-19.

Des études ont également montré que l'obésité augmente le risque de développer certains cancers comme ceux de l'endomètre, du sein, des ovaires, de la prostate, du foie, de la vésicule biliaire, du rein ou du côlon. Son retentissement sur la santé est donc très important.

Comment l’obésité est-elle diagnostiquée ?

Un élément est central pour le diagnostic de l'obésité. Il s'agit de l'Indice de masse corporelle (ou IMC), calculé en divisant le poids (en kg) par la taille (en m) au carré. L'OMS considère que les personnes dont l'IMC se situe entre 25 et 29,9 sont en surpoids, et que celles disposant d’un IMC égal ou supérieur à 30 sont obèses.

Attention, l'IMC n'est qu'une valeur indicative, et doit être corrélé avec d'autres éléments. Un argument supplémentaire en faveur d'une obésité est le tour de taille, qui reflète l'accumulation de graisse au niveau des viscères. Selon le site de l'Assurance Maladie, un tour de taille est considéré comme élevé pour une valeur supérieure à 80 cm chez la femme et à 94 cm chez l'homme.

Quelle est la prise en charge de l'obésité ?

La Haute autorité de santé (HAS) préconise une prise en charge pluriprofessionnelle.

Bilan, stratégie thérapeutique, approche pluriprofessionnelle

Afin d’établir la stratégie thérapeutique la plus appropriée, le médecin réalise une évaluation de la santé globale du patient obèse et la présence de complications éventuelles, ses habitudes de vie, de possibles troubles du comportement alimentaire, psychologiques ou psychiatriques ou encore les différentes formes de fragilité sociale, familiale ou professionnelle. A l’aide d’une discussion approfondie, le médecin élabore avec son patient la stratégie la plus adaptée, afin d’éviter toute rupture de soins. Celle-ci doit permettre d’augmenter l’activité physique et d’améliorer l’alimentation et le sommeil. Le tout en s’appuyant sur une équipe pluridisciplinaire : diététicien, infirmier, professionnel de l’activité physique adaptée, psychologue et travailleur social. Si nécessaire, des consultations avec un psychologue, un psychiatre, ou encore en centre spécialisé obésité sont proposées.

Zoom surStigmatisation de la personne obèse

La HAS alerte sur la stigmatisation dont sont victimes les personnes obèses. Celle-ci provient de la société, de la communauté médicale ou de la personne obèse elle-même. Cette stigmatisation peut entraîner une perte d’estime et de confiance en soi, une dépression, des idées suicidaires ou un évitement des soins. La HAS recommande une prise en charge adaptée, avec un temps de soins suffisant, des échanges approfondis et l’usage d’un matériel adapté. L’accompagnement psychologique, la consultation de patients ressource ou d’associations peuvent être proposés.

  • Mesures hygiéno-diététiques

La prise en charge de l'obésité repose notamment sur la mise en place de conseils diététiques, en préconisant une alimentation diversifiée et équilibrée, d’une activité physique adaptée associée à une diminution de la sédentarité. C'est en partie pour répondre à la problématique d'une recrudescence de l'obésité en France qu'a été élaboré en 2001 le « Plan National Nutrition Santé » (PNNS) par le ministère de la Santé. Sa quatrième itération a été présentée en 2019 (PNNS 2019-2023). Son but est de permettre aux Français de rester en bonne santé tout au long de leur vie grâce à de bons réflexes pour mieux manger et bouger. Un nouveau PNNS est en cours de rédaction. Il doit intégrer des objectifs de santé publique, d’équité sociale et de durabilité environnementale, comme mentionné dans la Stratégie nationale alimentation nutrition climat, présentée en février 2026.

Dans les grandes lignes, les conseils alimentaires du PNNS4 sont les suivants : 5 fruits et légumes par jour ; favoriser la consommation de viandes dites « maigres » (par rapport aux viandes « rouges ») ainsi que la consommation de yaourts (plus que les fromages ou la crème fraîche) ; consommation limitée de matières grasses, de produits sucrés et de sel ; apport en eau illimité.

Zoom surLe Nutri-Score

À noter, pour aider les consommateurs à s'y retrouver, le système « Nutri-Score » a été mis en place dans plusieurs pays européen, et notamment en France. Il s'agit d'un logo à 5 couleurs présent sur les emballages de produits alimentaires et visant à renseigner le consommateur sur leur qualité nutritionnelle d'après leur contenu. Son utilisation est laissée à l'appréciation des industriels et n’est pas obligatoire.

En plus de ces aspects nutritionnels, il ne faut pas oublier non plus l'importance de pratiquer une activité physique pour lutter contre l'obésité. D'après l'Inserm, « Un minimum de 150 minutes d'activité modérée par semaine (ou 75 min d'activité intense) » est l'objectif à atteindre.

  • Dernier recours : la prise en charge chirurgicale

Il n'existe pour le moment pas de traitement médicamenteux efficace dans la perte de poids. Une prise en charge chirurgicale peut être envisagée dans les cas les plus avancés, c'est-à-dire chez les adultes avec une obésité dite « morbide » (qui peut mettre la vie en danger), ne présentant pas de contre-indications.

Plusieurs techniques existent :

  • L'anneau gastrique : un anneau est posé autour de l'estomac ce qui réduit la prise alimentaire et induit une sensation de satiété.
  • La gastrectomie partielle : il s'agit d'enlever une partie de l'estomac, ici encore pour engendrer une satiété plus rapide.
  • Le by-pass gastrique : l'œsophage est ici raccordé directement à l'intestin. Les aliments ne transitent plus par l'estomac, qui ne conserve alors que son rôle sécréteur enzymatique et hormonal.

Ces interventions sont très lourdes, potentiellement génératrices de graves complications et engendrent, pour les deux dernières techniques, des carences à compenser tout au long de la vie. Ces actes sont donc réservés aux cas les plus sévères et impliquent un suivi médical sur le très long terme.

En cas de troubles psychologiques associés, le praticien peut conseiller au patient de suivre une thérapie comportementale conduite par un spécialiste.

Où en est la recherche sur l'obésité ?

De nombreuses voies de recherches sont explorées afin de mettre un terme à ce fléau.

  • Prévention

Tout d'abord, un volet préventif est exploré, à l'instar des larges études épidémiologiques mises en place il y a plusieurs années afin d'évaluer les impacts de l'alimentation (composition, aliments ultra-transformés, etc.) et des modes de vie sur la survenue d'une obésité. Les données ainsi recueillies sont sources de nombreuses avancées sur les causes de la pathologie.


  • Facteurs de risque et traitements

Les recherches les plus récentes ont montré que différents polluants (PFAS, dioxines, PCB, métaux lourds, pesticides ou encore perturbateurs endocriniens, comme les bisphénol A, phtalates, etc.) étaient associés à un risque accru d’obésité. Les scientifiques tentent aujourd’hui de les identifier précisément, de quantifier l’exposition de la population et de mieux comprendre leurs effets physiologiques.

Les chercheurs s'intéressent aussi aux composantes génétiques et épigénétiques de ces maladies. Ils souhaitent découvrir de nouveaux gènes de prédisposition à l'obésité, mais également les mécanismes de régulation de l'expression des gènes mis en place au cours de la maladie. Ces recherches pourraient déboucher sur la découverte de cibles thérapeutiques encore inconnues de l'obésité.

Plusieurs agonistes du GLP-1 (Ozempic et Wegovy) ont obtenu des résultats intéressants dans la perte de poids mais des effets indésirables graves ont été signalés. Autorisés aux Etats-Unis, ces traitements ne sont pas approuvés en France pour lutter contre l’obésité.


  • Mieux comprendre le fonctionnement du tissu adipeux

Un des aspects concerne la composition du tissu adipeux : le tissu adipeux ne serait en effet pas composé uniquement de cellules graisseuses. Il contiendrait aussi des cellules immunitaires impliquées dans les réactions inflammatoires. Cette inflammation est impliquée non seulement dans l'obésité mais aussi dans les complications qu'elle entraîne. Explorer cette action pourrait ainsi permettre d'en améliorer la prise en charge.

Autre thématique d'intérêt : élucider les modes de communications existants entre tissu adipeux, cerveau et intestin. Révéler ces processus pourrait donner des indications quant aux mécanismes fondamentaux du signal de la satiété.

Les chercheurs se penchent également sur un acteur particulier : le microbiote intestinal, ou flore bactérienne, présent dans notre tube digestif. Participant activement à la digestion, le microbiote intestinal est aussi en dialogue constant avec notre organisme et y exerce des régulations dont la pleine mesure n'est pas encore connue.

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