Réveiller le système immunitaire pour lutter contre le cancer


L’incidence du cancer du pancréas progresse rapidement. En raison de ses symptômes peu spécifiques, le diagnostic du cancer du pancréas est généralement tardif, rendant le pronostic mauvais. Ce cancer est souvent résistant aux traitements, il est donc nécessaire de bien les sélectionner pour qu’ils soient le plus efficaces possibles.
Dans cette FAQ, la Fondation pour la Recherche Médicale répond à toutes vos questions sur le cancer du pancréas, les symptômes, le diagnostic, le pronostic, les traitements et les dernières avancées de la recherche.
Les premiers signes du cancer du pancréas sont discrets : il peut s’agir de douleurs abdominales, de troubles digestifs (comme des diarrhées), de jaunisse (ictère), d’une fatigue ou d’une perte de poids. Parfois, une phlébite ou l’aggravation d’un diabète peuvent être associés à la présence d’un cancer du pancréas. Ces symptômes sont peu spécifiques, c’est-à-dire qu’ils peuvent survenir aussi dans d’autres pathologies, retardant souvent le diagnostic du cancer du pancréas. Pour confirmer le diagnostic, des examens d’imagerie et une analyse de cellules suspectes seront nécessaires.
Cinq après le diagnostic de cancer du pancréas, seuls 11 % des patients étaient encore en vie. Le cancer du pancréas est de mauvais pronostic mais cela est en partie lié au retard de diagnostic. Selon la société savante des maladies et cancers du système digestif, la moitié des cas ont déjà développé des métastases au moment du diagnostic.
Le développement d’un cancer est multifactoriel. Plusieurs facteurs de risque concourent ainsi à l'apparition de la maladie. Les chercheurs ont montré que le mode de vie avait une influence non négligeable : le tabagisme, le surpoids et l'obésité, l’absence d’activité physique (sédentarité), la consommation d’alcool augmentent le risque de développer ce type de cancer. Les patients diabétiques sont aussi plus à risque.
Les scientifiques ont aussi pointé une prédisposition génétique : les gènes CDKN2A, BRCA1 ou encore BRCA2 ont été associés à un risque accru de cancer du pancréas.
Enfin, des données récentes ont suggéré de potentiels effets délétères de l’exposition à différents toxiques environnementaux, tels que les pesticides ou le cadmium, avec un risque accru de développer un cancer du pancréas. Les chercheurs s’interrogent désormais sur le lien entre l’exposition à ces polluants et l’augmentation de la prévalence de ce cancer dans la population française.
L’incidence de ce cancer est en constante évolution. En France chaque année, environ 16 000 nouveaux cas de cancer du pancréas sont découverts et près de 12 000 personnes en décèdent. Cette incidence a presque triplé en 20 ans. Et les prévisions pour les prochaines années ne sont pas rassurantes si bien que la maladie pourrait constituer d’ici 2030 la deuxième cause de mortalité par cancer. Si les hommes sont légèrement plus nombreux au diagnostic (52 %), l’incidence de ce cancer augmente plus rapidement chez les femmes, ce qui aura tendance à réduire l’écart. En outre, l’évolution du taux de mortalité a tendance à diminuer plus rapidement chez les hommes que chez les femmes, en lien avec un diagnostic plus précoce chez ces derniers. L’âge médian de découverte de la maladie est ainsi plus jeune chez les hommes, à 71 ans, contre 74 ans chez les femmes. Depuis quelques années, les scientifiques alertent sur une augmentation de la prévalence de cette maladie chez les jeunes.
Devant des signes évocateurs (douleurs abdominales, troubles digestifs, amaigrissement, perte d’appétit) et après avoir réalisé un premier bilan de l’état de santé, le médecin recommande la réalisation d’examens complémentaires. Parmi ceux-ci, le scanner thoracique est le premier indiqué en cas de suspicion d’un cancer du pancréas. Cet examen, aussi appelé tomodensitométrie, permet d’obtenir des images du thorax et de l’abdomen et de repérer, le cas échéant, la présence de cellules anormales. Il permet ainsi d’observer la localisation précise de la tumeur, son extension et la présence éventuelle de métastases. Afin d’analyser la nature des cellules tumorales, une écho-endoscopie sous anesthésie générale peut être requise pour observer plus précisément la tumeur. Une biopsie est également pratiquée et les cellules prélevées analysées pour caractériser précisément la nature de la tumeur. D’autres examens, comme l’échographie ou l’IRM, peuvent aussi être prescrits afin de compléter l’étude précise de la tumeur et son extension. Un bilan sanguin peut aussi être demandé afin d’établir le traitement le plus optimal.
La grande difficulté du traitement du cancer du pancréas est son diagnostic tardif. Aussi, les chercheurs travaillent activement à la mise au point d’outils diagnostiques : ils recherchent des biomarqueurs spécifiques détectables rapidement.
L’amélioration des traitements du cancer du pancréas est aussi en ligne de mire. En effet, de nombreuses tumeurs pancréatiques sont résistantes au traitement. Des travaux sont en cours pour élaborer des traitements adaptés aux spécificités de chaque tumeur (et notamment en ciblant certains mutations précises, comme G12-D ou KRAS), mais également pour identifier les meilleurs traitements disponibles pour chacune d’entre elles. Par exemple, l’identification de la « signature ARN » de chaque tumeur permettrait de proposer les traitements les plus efficaces.
Par ailleurs, si l’immunothérapie a apporté de nombreuses améliorations dans les traitements des cancers, le cancer du pancréas y est généralement peu sensible. Mais l’avènement des vaccins à ARN pourraient changer la donne car il pourrait améliorer l’efficacité du système immunitaire contre les cellules tumorales.
Enfin, plusieurs agents polluants (pesticides, cadmium) ont été pointés du doigt ces derniers mois, comme étant responsables de l’augmentation des cancers du pancréas. Les chercheurs s’attellent aujourd’hui à vérifier cette hypothèse et à comprendre comment ces agents agissent sur l’organisme.
La recherche avance donc sur tous les fronts afin d’améliorer au plus vite les chances de survie des patients atteints de cette maladie.
On estime qu’environ 5 % des cancers du pancréas sont liés à des prédispositions génétiques familiales. En effet, certaines mutations génétiques héréditaires augmentent le risque d’être atteint d’un cancer du pancréas, et nécessitent donc une surveillance toute particulière. C’est notamment le cas de la mutation CDKN2A, qui est aussi impliquée dans des formes de mélanomes multiples atypiques, et la mutation BRCA2 qui augmente par ailleurs le risque de cancer du sein et de l’ovaire.
Une étude publiée en 2024 dans Annals of Internal Medicine a montré que chez les Américains de moins de 40 ans l’incidence du cancer du pancréas a été multipliée par 2,1 chez les femmes et par 1,6 chez les hommes entre 2001 et 2019. Cependant, le taux de mortalité est resté stable chez les deux sexes sur cette même période, et ce sont les tumeurs diagnostiquées à un stade précoce qui représentent la majeure partie de cette augmentation d’incidence. Pour expliquer cette évolution, les chercheurs américains font l’hypothèse d’une amélioration du diagnostic par imagerie médicale.
La pancréatite chronique est un facteur de risque d’adénocarcinome du pancréas. Qu’il s’agisse de pancréatite due à l’alcool ou de pancréatite héréditaire due à la mutation du gène PRSS1 : le risque de cancer est alors de 60 %. Environ 120 familles seraient concernées en France.
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