Oncologie : la pollution atmosphérique et le risque de cancers pédiatriques

27 mai 2026

D’après une récente étude épidémiologique française, il pourrait exister un lien entre l’exposition périnatale à certains polluants atmosphériques et le risque de survenue de leucémies pédiatriques.

Il pourrait exister un lien entre l’exposition périnatale à certains polluants atmosphériques et le risque de survenue de leucémies pédiatriques.

La leucémie aigüe se caractérise par la prolifération anarchique de certaines cellules sanguines immatures : c’est le cancer le plus fréquent chez les enfants de moins de 15 ans. La leucémie aiguë lymphoblastique représente 80 % des cas. Alors que certains facteurs de risque sont bien connus, comme la génétique ou l’exposition à de fortes doses de radiation, le rôle de la pollution atmosphérique est encore débattu, notamment durant la période périnatale, c’est-à-dire durant la grossesse et juste après la naissance.

Exposition aux particules fines

Chez l’adulte, de nombreuses études ont d’ores et déjà démontré l’implication des particules fines PM2,5 (c’est-à-dire d’un diamètre inférieur à 2,5 microns, soit un millième de mm) dans la survenue de certains cancers : on estime même qu’elles seraient responsables de plus de 250 000 morts par cancer du poumon chaque année dans le monde. Mais qu’en est-il des plus jeunes ?

Pour le savoir, une équipe du Centre de Recherche en Épidémiologie et Statistiques (Paris) a utilisé les données du Registre national des cancers de l’enfant en France, et comparé 717 enfants atteints de leucémie aigüe nés et diagnostiqués entre 2010 et 2015, avec une population contrôle de près de 12 000 enfants nés sur cette même période. À partir du lieu de résidence au moment de leur naissance, les chercheurs se sont tout particulièrement intéressés aux indicateurs d’exposition liés au trafic routier : la proximité d’un axe routier à fort trafic et des modélisations d’exposition à plusieurs polluants liés à ce trafic, dont le dioxyde d’azote et les particules fines PM2,5.

Un risque qui ne serait pas lié qu’au trafic routier

« Nos travaux supportent l’hypothèse d’un rôle de l’exposition périnatale à la pollution de l’air dans la survenue de leucémie aiguë chez l’enfant, appuyant en particulier l’implication des particules fines PM2,5 dans la leucémie aiguë lymphoblastique », précise Aurélie Danjou, chercheuse Inserm et première autrice de la publication.

Cet effet ne serait pas uniquement lié au trafic routier : en effet, des liens avec les particules fines PM2,5 ont été observés en zones rurales et peu urbaines. Cela suggère que d’autres sources de pollution, comme la pollution industrielle ou bien le chauffage domestique pourraient être impliquées.


Source : Danjou, A.M.N. et al. Traffic-related air pollution exposure at birth and risk of childhood leukemia : results from the GEOCAP-Birth case–control study. Environ Health 24, 80 (22 octobre 2025). Lien DOI de la publication

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