L’alimentation paternelle influence la grossesse et la santé de l’embryon
10 juillet 2026


Chez les pères, un déséquilibre alimentaire peut modifier l’information autour des gènes contenus dans les spermatozoïdes. Avec pour conséquences des impacts négatifs sur le déroulé de la grossesse chez les mères mais aussi sur la santé de leur descendance.

En matière de santé fœtale et périnatale, les recherches se sont très longtemps concentrées sur la seule condition des mères, et notamment leur alimentation. Mais depuis quelques années, une attention croissante est portée à la santé paternelle avant la conception, car les effets s’étendent à la fois sur l’embryon, la grossesse et la mère elle-même.
À l’Institut Cochin (Paris), l’équipe « Des gamètes à la naissance : génomique, épigénétique et physiopathologie de la reproduction » vient de réaliser une revue de la littérature scientifique synthétisant les connaissances actuelles sur ce sujet. Plusieurs études épidémiologiques ont déjà montré que l’alimentation des pères, et même des grands-pères, a une influence sur la santé de leurs descendants et plus particulièrement sur le risque de mortalité liée aux maladies cardiovasculaires et au diabète.
Mais comment expliquer que l’alimentation des pères avant la conception influence le déroulement de la grossesse et le développement de l’embryon ? Pour faire le point, les chercheurs parisiens reviennent sur 37 études portant sur des modèles animaux et explorant différents régimes alimentaires (régimes riches en graisses, pauvres en protéines ou déficients en folates).
Il en ressort que l’alimentation a des effets sur l’épigénome des spermatozoïdes, c’est-à-dire sur les modifications chimiques qui s’ajoutent au génome et peuvent influencer l’expression des gènes sans en modifier la séquence (on parle de « modifications épigénétiques »). Et lorsqu’il y a déséquilibre alimentaire, des modifications épigénétiques surviennent dans des régions importantes pour le fonctionnement du placenta et le développement embryonnaire, ce qui pourrait augmenter le risque de prééclampsie pendant la grossesse et donc jouer à la fois sur la santé fœtale et maternelle.
Mais ces études montrent aussi que ces altérations épigénétiques sont réversibles. Afin d’améliorer le déroulement d’une grossesse et le développement embryonnaire, les auteurs signalent qu’il est important d’optimiser la santé paternelle, et en particulier l’alimentation, au minimum pendant le dernier cycle spermatogénique avant la conception, soit environ deux mois et demi chez l’être humain.
« Bien que le rôle de la santé maternelle avant la conception soit bien établi, notre étude renforce l’idée que la santé des deux parents contribue de concert à améliorer la santé future des mères et de leurs enfants », concluent les auteurs.
Financement FRM attribué en 2023
Alberto de la Iglesia et al., “Uneven impacts : how male diet modulates the sperm epigenome and impacts embryo development and pregnancy health”, Biology of Reproduction, 1er décembre 2025, ioaf264 - Lien DOI
Newsletter
Restez informé(e) !
Abonnez-vous pour recevoir les actualités et communications de la Fondation pour la Recherche Médicale, les projets et découvertes sur toutes les maladies…