Oncologie : les médulloblastomes les plus agressifs ont aussi un point faible
08 juillet 2026


Une particularité métabolique découverte dans certaines formes de ces tumeurs cérébrales fréquentes chez l’enfant pourrait bien constituer une nouvelle cible thérapeutique.

Les médulloblastomes se développent au niveau du cervelet et font partie des tumeurs cérébrales les plus fréquentes chez l’enfant. Dans leurs formes les plus graves, elles demeurent particulièrement difficiles à traiter. Des travaux réalisés par l’unité « Mécanismes d’oncogenèse des tumeurs de l’enfant », dirigée par le Dr Olivier Ayrault (Institut Curie- Inserm) en étroite collaboration avec deux équipes aux États-Unis et une équipe toulousaine, pourraient bien changer la donne.
Ces vingt dernières années, grâce à l’identification des mutations de l’ADN et des variations dans l’expression de certains gènes, quatre groupes distincts de médulloblastomes ont été identifiés. Pour en savoir plus, les chercheurs ont décidé de s’intéresser à d’autres niveaux d’informations biologiques : ils ont non seulement étudié le génome (ensemble du matériel génétique) de ces tumeurs, mais aussi le protéome (c’est-à-dire l’ensemble des protéines des cellules cancéreuses) ou encore le métabolome (molécules issues de l’utilisation d’énergie par les cellules cancéreuses), en les couplant aux données cliniques. Le tout sur une cohorte d’ampleur inédite, à savoir 384 échantillons de médulloblastomes issus de France, des États-Unis, d’Allemagne et du Canada, constituant ainsi la plus grande cohorte internationale de ce type à ce jour dans le domaine du cancer pédiatrique.
Les médulloblastomes du groupe 3 sont caractérisés par l’activation d’un gène particulier, l’oncogène MYC, associé à un très mauvais pronostic. Les travaux des chercheurs ont montré qu’ils présentaient en outre la particularité d’accumuler, au sein de leurs cellules, des gouttelettes renfermant des acides gras. Or dans des modèles précliniques, l’inhibition de la formation de ces gouttelettes entraîne une mort massive des cellules tumorales !
De fait, ces gouttelettes jouent un rôle clé : elles protègent les cellules cancéreuses de réactions chimiques délétères appelées « stress oxydatif », mais également d’un type de mort cellulaire particulier, tout en les alimentant en énergie favorisant la croissance de la tumeur. De quoi envisager le développement de traitements ciblés plus efficaces contre les médulloblastomes du groupe 3.
F. Bernardi et al., “Multiomic integration reveals tumoral heterogeneity of lipid dependence within lethal group 3 medulloblastoma”, Cancer Cell, Volume 44, Issue 2p383-404.e18, 9 février 2026 - Lien DOI
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