Microbiote : l’influence des additifs alimentaires pendant la grossesse

23 avril 2026

La consommation de certains additifs alimentaires avant et pendant la grossesse pourrait perturber le fonctionnement du microbiote chez le nouveau-né. Avec comme risque potentiel, une plus grande sensibilité à l’obésité et aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin à l’âge adulte.

Pour améliorer la texture et la conservation de certains aliments ultratransformés, les industriels utilisent des additifs alimentaires appelés émulsifiants. Ils sont suspectés de nombreux méfaits quant à l’équilibre et au fonctionnement de notre microbiote digestif, et donc de notre santé en général. Et ces effets pourraient bien passer d’une génération à l’autre  !

Des conséquences dès les premières semaines de vie

Pour comprendre ce mécanisme, Benoit Chassaing et ses collègues du laboratoire Interactions Microbiote-Hôte (Institut Pasteur / Inserm, Paris) ont exposé des souris femelles à des émulsifiants courants pendant 10 semaines avant la gestation, tout au long de celle-ci et durant l'allaitement. Puis ils se sont intéressés au microbiote digestif des souriceaux, qui eux n’ont jamais été exposés directement à ces additifs alimentaires. Dès les premières semaines de vie, ils ont observé des altérations significatives de leur microbiote, notamment une augmentation de certaines bactéries dites flagellées, entraînant une communication perturbée entre le microbiote et le système immunitaire en pleine construction. Une fois les rongeurs devenus adultes, les chercheurs ont par ailleurs constaté une réponse immunitaire exacerbée et une inflammation chronique, ainsi qu’une augmentation significative de la susceptibilité aux maladies inflammatoires de l’intestin et à l’obésité.

Un mécanisme qui reste à étudier chez l’humain

« Il reste crucial de mieux comprendre comment notre alimentation peut influencer la santé des générations futures. Ces résultats soulignent aussi l’importance de réguler l’utilisation des additifs alimentaires, notamment dans les laits infantiles en poudre qui en contiennent souvent et qui sont consommés à un moment clé de la mise en place du microbiote intestinal. Nous souhaitons poursuivre ces recherches lors d’essais cliniques visant à étudier la transmission du microbiote de la mère au nourrisson, et ceci dans un contexte d’alimentation maternelle avec ou sans additifs alimentaires » commente Benoit Chassaing, principal auteur de l’étude.


Source : Delaroque, C., et al., Maternal emulsifier consumption alters the offspring early-life microbiota and goblet cell function leading to long-lasting diseases susceptibility. Nature Communications 16, 6954 (29 juillet 2025). Lien publication DOI

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