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Quelques chiffres sur le cancer colorectal

Le cancer colorectal en France est très fréquent en France :

43 336 nouveaux cas ont été recensés en 2018 selon l’Institut national du cancer (Inca).

Selon Santé Publique France, le cancer colorectal se situe au troisième rang des cancers les plus fréquents en France, après le cancer de la prostate et celui du sein. On estime que 63 % des personnes atteintes de ce cancer sont encore en vie 5 ans après le diagnostic.

Il est responsable de 17 117 décès en 2018, et fait partie des cancers les plus meurtriers : il est situé, toujours selon le même organisme, au 2e rang de décès par cancer chez l’homme et au 3e chez la femme.

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Des facteurs identifiés

Ce cancer se développe aux dépens des cellules de la muqueuse (qui tapissent la paroi interne) du côlon ou du rectum, les dernières portions de l’intestin. Il s’agit d’une maladie multifactorielle.

Il existerait un risque génétique de développer la maladie : l’Inca estime que 10 à 15 % des cancers colorectaux se développent chez des personnes ayant des antécédents familiaux de ce même cancer.

Certains facteurs de risque environnementaux sont aujourd’hui bien connus : alimentation (excès de viandes rouges), manque d’activité physique, surpoids, obésité, alcool et tabac augmenteraient significativement le risque de cancer colorectal. À ce titre, ils représentent un moyen de prévention facilement accessible : il a été estimé qu’en changeant de mode de vie, près de 70 % des cancers colorectaux pourraient être évités dans les pays occidentaux. A contrario, des facteurs protecteurs ont été identifiés : activité physique quotidienne, alimentation riche en fibres et consommation de produits laitiers.
Des pathologies comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique induisent aussi une augmentation du risque, tout comme certaines maladies génétiques (polypose adénomateuse familiale, syndrome de Lynch…).

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Les symptômes du cancer colorectal

Les symptômes du cancer colorectal sont discrets et ne se révèlent que dans les phases plus avancées de la maladie. Ils peuvent inclure :

  • des saignements dans les selles,
  • une constipation ou une diarrhée soudaine et persistante,
  • des douleurs abdominales,
  • une masse palpable à l’abdomen,
  • une perte de poids rapide,
  • une grande fatigue.
Les symptômes du cancer colorectal sont discrets et ne se révèlent qu'aux stades avancés.
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Le dépistage précoce améliore le pronostic

Le pronostic dépend fortement du stade du cancer au moment du diagnostic : c’est pourquoi les autorités de santé ont mis en place une politique de dépistage de la maladie entre 50 ans et 74 ans. Il repose sur une technique : la détection de traces de sang « occultes » (invisibles à l’œil nu) dans les selles. En cas de positivité, une coloscopie est proposée : il s’agit d’un examen du côlon par les voies naturelles, sous anesthésie, à l’aide d’une sonde munie d’une caméra. Une biopsie et une analyse en laboratoire des lésions détectées dans le côlon confirmera le diagnostic.

Les autorités de santé conseillent de pratiquer ce test tous les 2 ans entre 50 et 74 ans chez les personnes qui n’ont pas de précédents et ne présentent pas de risques particuliers de développer la maladie. Pour les individus à risque ou présentant des symptômes de la maladie, une coloscopie peut être proposée plus précocement.

Enfin, des examens d’imagerie comme le scanner, l’imagerie par résonance magnétique ou encore l’échographie peuvent être pratiqués pour évaluer l’extension de la pathologie.

Une politique de dépistage de la maladie a été mise en place à destination des personnes de 50 à 74 ans.
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Une prise en charge codifiée

Une classification internationale permet de définir le stade du cancer. Elle repose sur trois critères : taille et profondeur de la tumeur ; atteinte ou non des ganglions lymphatiques et nombre de ganglions atteints ; présence ou non de métastases.

Le traitement de première intention repose sur l’intervention chirurgicale, destinée à enlever la portion de côlon ou de rectum atteinte. Elle est éventuellement associée à une chimiothérapie ou à une radiothérapie selon le stade du cancer et ses caractéristiques. Ces traitements sont parfois entrepris en amont de l’acte chirurgical en vue de réduire la taille de la tumeur avant extraction.

Des thérapies dites « ciblées », autrement appelées « anticorps monoclonaux », ont vu le jour dans la prise en charge de la pathologie. Elles sont souvent utilisées dans le cas de cancers colorectaux avancés (cancers dits métastasiques, c’est-à-dire s’étant étendus dans d’autres localisations que le côlon ou le rectum). Les thérapies ciblées ont deux modes de fonctionnement : soit elles s’attaquent aux vaisseaux sanguins qui alimentent les tumeurs en vue de les affaiblir, soit elles se fixent directement sur les cellules tumorales pour les détruire.

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La recherche tous azimuts

Les recherches actuelles soulèvent de nombreux espoirs. Toutes les étapes font l’objet de recherches : génétique, dépistage et diagnostic, traitement, prévision de l’évolution clinique et de la réponse aux traitements.

Ainsi, les équipes étudient actuellement des gènes et protéines qui pourraient apporter un bénéfice dans le dépistage et le diagnostic précoce des cancers colorectaux : un préalable essentiel pour améliorer la prise en charge des patients.

Des chercheurs s’intéressent aussi aux mécanismes moléculaires au cœur de la formation et de la migration des métastases au cours du cancer du côlon : leurs travaux pourraient déboucher sur de nouvelles pistes pour mieux lutter contre leur développement.

Des travaux récents suggèrent que le microbiote intestinal aurait un impact sur la pathologie. Plusieurs études s’accordent en effet à dire que certaines des bactéries naturellement présentes au niveau du côlon pourraient favoriser le développement du cancer. Les équipes explorent ainsi l’impact que pourrait avoir une modulation de l’activité de certaines bactéries du côlon sur la progression du cancer et sur son issue.

La mise au point de nouvelles thérapies dites ciblées fait aussi l’objet de l’intérêt des chercheurs : il s’agit de cibler des caractéristiques très précises des cellules tumorales en vue de les détruire préférentiellement.

L’immunothérapie est aussi une voie de traitement à l’étude qui pourrait être appliquée à certains cancers colorectaux. Cette stratégie repose sur l’utilisation de traitements qui modulent l’activité du système immunitaire afin qu’il puisse combattre les cellules cancéreuses.

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