Mis à jour le 20/11/2020
#chiffres-cles

Les cancers du cerveau en chiffres

Selon l’Institut national de recherche contre le cancer (Inca), près de 5 900 nouvelles personnes atteintes de tumeurs du « système nerveux central » (tumeur dont l’origine se trouve dans le cerveau, le tronc cérébral, le cervelet, la moelle épinière), d’une grande variété, ont été diagnostiquées en 2018 en France.

L’organisme précise, toujours pour la même année et dans l’hexagone, que les tumeurs malignes du système nerveux central sont plus fréquentes chez l’homme, et le taux de mortalité presque deux fois plus élevé que celui observé chez la femme. Parmi eux, on compte environ 3 480 glioblastomes, les tumeurs cérébrales les plus agressives.

Les tumeurs du système nerveux central ont été à l’origine de plus de 4 100 décès sur cette période. Toujours d’après l’Inca, le nombre annuel de nouveaux cas a presque doublé entre 1990 et 2018.

#type-de-cancer-du-cerveau

Différents types de cancer du cerveau

La majorité des cancers du cerveau se nomment gliomes car il s’agit de tumeurs qui dérivent de la glie, une population de cellules moins connues que les neurones, mais plus nombreuses et aux fonctions multiples. On distingue les tumeurs infiltrantes de progressions lentes et les glioblastomes. Viennent ensuite les méningiomes : ces tumeurs sont le plus souvent bénignes. Elles proviennent des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière.

Parmi les autres cas fréquents, on compte chez l’enfant les médulloblastomes, cancers atteignant le cervelet (la zone du cerveau en charge de la coordination des mouvements), et, à tout âge, les adénomes hypophysaires, des tumeurs localisées au niveau de l’hypophyse (une glande chargée de synthétiser des hormones).

#symptomes

Les symptômes des cancers du cerveau

Les signes cliniques, et surtout les pronostics, varient selon la nature des cellules à partir desquelles les tumeurs se forment, leur localisation, leur taille et leur vitesse de développement. En général, les premiers symptômes n’apparaissent que lorsque la taille de la tumeur a atteint plusieurs centimètres. Ils sont assez peu spécifiques, ce qui explique que ces cancers sont souvent découverts par hasard et à un stade avancé.

Deux principaux symptômes peuvent révéler la présence d’une tumeur cérébrale. Le premier est l’apparition de maux de tête inhabituels, dus au volume de la tumeur qui augmente la pression dans le crâne. Le deuxième est la survenue de crises d’épilepsie déclenchées par la tumeur. Des troubles de la parole, des pertes d’équilibre, une paralysie partielle et des troubles cognitifs peuvent aussi survenir, directement liés à la fonction des zones cérébrales touchées par le cancer.

#diagnostic

Comment le diagnostic est-il réalisé ?

Devant des symptômes évocateurs, le praticien peut avoir recours à l’imagerie cérébrale pour dépister une éventuelle tumeur le plus souvent par l’imagerie par résonnance magnétique (IRM), une technique qui permet de visualiser avec une grande précision les organes et tissus mous dans différents plans de l’espace ou en trois dimensions. Ici, les clichés réalisés permettent de visualiser le volume du cancer, sa localisation mais également ses contours : des informations essentielles pour déterminer si la tumeur est bien délimitée ou si elle n’envahit pas des zones adjacentes, si elle comporte de nombreux vaisseaux sanguins ou encore si elle contient des cellules mortes prématurément (tous trois sont des signes d’agressivité).

Cet examen d’imagerie est complété d’un prélèvement de la tumeur (biopsie tumorale) en vue de l’analyser par microscopie et par des tests moléculaires. Un préalable indispensable, car connaître les caractéristiques spécifiques de la tumeur permet d’orienter le traitement à mettre en place, et ainsi de maximiser ses chances de réussite.

#prise-en-charge

La prise en charge des cancers du cerveau

La chirurgie

Le premier temps du traitement des tumeurs cérébrales, lorsque cela est possible, est le recours à la chirurgie pour retirer le maximum de tissu tumoral sans provoquer de handicap. En effet, contrairement aux tumeurs situées ailleurs dans l’organisme, le neurochirurgien ne peut se permettre de retirer du tissu sain qui entoure la tumeur pour éviter d’éventuelles récidives, sous peine de séquelles neurologiques graves et irréversibles.

Afin d’augmenter la précision de son geste et de retirer le maximum de cellules tumorales, le praticien fait appel à la microscopie et à des techniques de repérage. La plus ancienne est la stéréotaxie, sorte de cadre posé autour du crâne du patient permettant d’avoir des coordonnées dans les 3 dimensions de l’espace, couplée à un examen d’imagerie.

Depuis maintenant plusieurs années, il existe une deuxième méthode, la « neuronavigation ». La veille de l’intervention, plusieurs types d’examens d’imagerie sont réalisées afin de dresser une cartographie en 3 dimensions du cerveau du patient et de sa tumeur. Le chirurgien s’en sert ensuite pour simuler et répéter informatiquement le geste opératoire, et ainsi le réaliser dans des bonnes conditions le jour J. Cette technologie permet d’opérer avec une précision de l’ordre du millimètre, ce qui en fait l’outil chirurgical le plus précis actuellement. Dans certains cas, le patient est éveillé pendant l’intervention pour s’assurer que les zones du langage ou de l’usage d’un membre ne seront pas touchées. Enfin,le « gamma knife » est une technique visant à délivrer des rayons gamma de manière très précise, comme un véritable « bistouri », pour éliminer la tumeur. Cette technique est utilisée pour la prise en charge des tumeurs isolées et de très petites tailles.

La chirurgie est l'un des piliers du traitement des tumeurs cérébrales.

La radiothérapie et la chimiothérapie

A côté de la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie sont également des traitements utilisés lors de la prise en charge des tumeurs cérébrales. Leur efficacité peut être limitée par plusieurs facteurs.

La présence de la barrière hématoencéphalique restreint l’arsenal thérapeutique disponible contre ces tumeurs. En effet, cette barrière protège le cerveau, elle correspond à un véritable « filtre » présent dans la paroi des vaisseaux sanguins du cerveau, qui empêche le passage de certaines molécules, de cellules et d’agents pathogènes jusqu’aux neurones. Les traitements médicamenteux doivent donc être capables de la traverser pour être efficaces.

#recherches-actuelles

Les pistes de recherche actuelles

Les chercheurs suivent plusieurs voies dans la lutte contre les cancers du cerveau.

  •  Un grand volet concerne la recherche fondamentale, avec une étude minutieuse des cellules qui composent la tumeur et leur microenvironnement : l’objectif est de découvrir les mécanismes à l’origine du processus de cancérisation puis de progression de la tumeur en vue de mieux les contrer. Il s’agit également de mettre en évidence les mécanismes qui conduisent à la résistance des cellules cancéreuses face aux traitements. Ces projets sont essentiels pour développer de nouvelles thérapies ciblées, c’est-à-dire spécifiques aux caractéristiques moléculaires des tumeurs du cerveau.
  • Autre volet de la recherche : la mise au point de nouvelles techniques d’imagerie apportant plus de précisions sur les caractéristiques des tumeurs cérébrales. Il s’agit de mieux délimiter les contours de la tumeur, mais également de mieux discriminer les tissus sains des cellules cancéreuses. Ces éléments sont essentiels pour améliorer le geste chirurgical.
  • Les chercheurs se penchent aussi à l’amélioration des traitements existants. Ils étudient notamment les manières de rendre temporairement perméable la barrière hématoencéphalique pour une meilleure délivrance des molécules. Leur intérêt se porte notamment sur une technique basée sur les ultrasons. Un boitier positionné dans la boite crânienne émet des ondes qui rendent les vaisseaux perméables pendant quelques minutes : un laps de temps durant lequel la chimiothérapie pourrait pénétrer le tissu nerveux en profondeur. Les chercheurs travaillent également à la conception de molécules thérapeutiques capables de traverser cette barrière, ou encore à des approches de délivrance des thérapies directement au sein des tumeurs.
  • Plus classiquement, les stratégies de « repositionnement de molécules », c’est-à-dire utiliser des traitements ayant fait leur preuve au cours de la prise en charge d’autres cancers voire même d’autres maladies sans relation aux cancers, sont aussi testées.
  • Toujours du côté des traitements, les chercheurs souhaitent également augmenter l’efficacité de la radiothérapie. Ici, il s’agit de développer des molécules qui, une fois dans la tumeur, sont capables d’augmenter la mort cellulaire liée aux rayons. Une autre approche, la photothérapie dynamique, est aussi une voie explorée par les chercheurs. Ici, des molécules dites « photosensibles » sont administrées au niveau de la tumeur. Ensuite, une lumière d’une longueur d’onde bien précise est allumée à proximité. En réponse, les molécules génèrent des composés toxiques pour les cellules cancéreuses. De premiers essais au sein de modèles sont prometteurs.
  • Une autre voie explorée est l’immunothérapie, c’est-à-dire l’utilisation et la stimulation des propriétés anti-tumorales du système immunitaire. Pour le moment, les essais d’immunothérapies ayant fait leur preuve dans la prise en charge des mélanomes ou des cancers du poumon ont été décevants, particulièrement dans le cadre des glioblastomes. Mais les recherches continuent sur cet axe. Des approches qui utilisent la vaccination « thérapeutique » (activation de certaines cellules immunitaires pour qu’elles s’attaquent aux cellules cancéreuses) et les systèmes CAR-T ou CAR-NK (l’idée est de prélever certaines cellules immunitaires du malade, lymphocytes T ou « Natural Killer », de les modifier génétiquement au laboratoire pour les rendre capables de reconnaître et détruire spécifiquement les cellules cancéreuses avant de les réadministrer au patient) sont aussi explorées pour prendre en charge ces cancers.


Autant de pistes qu’il convient de suivre pour combattre au mieux les tumeurs cérébrales.

L'objectif est de découvrir les mécanismes à l'origine du processus de cancérisation.
Les cookies permettent d’améliorer la diffusion de nos informations, de mieux gérer vos centres d’intérêt, d’établir des statistiques et d’évaluer les performances du site. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l’utilisation. Pour plus d’informations ou vous opposer à cette utilisation, rendez-vous sur cliquez ici.