#chiffres-cles

Quelques chiffres sur les greffes


Aujourd’hui, la greffe demeure la dernière option thérapeutique efficace dans de nombreuses pathologies. L’Agence de Biomédecine indique qu’en 2016, 5 891 greffes ont été pratiquées en France, dont 3 615 greffes de rein, 1 322 greffes du foie et 477 greffes du cœur.

Entre 2012 et 2016, le nombre de greffes réalisé a augmenté de 17 %. Les besoins sont toujours croissants : plus de 22 617 personnes étaient inscrites sur les listes d’attente de greffe en 2016, contre 12 512 en 2006.

#organes-concernes

Quels sont les organes concernés et pour quelles pathologies ?

Une greffe (ou transplantation) consiste à remplacer un organe ou un tissu malade par son équivalent sain provenant d’un donneur vivant ou décédé (allogreffe), voire du patient lui-même (autogreffe).

Le rein


La greffe de rein est la plus couramment pratiquée. Elle est proposée en cas d’insuffisance rénale sévère ou terminale (stades où les reins fonctionnent très peu ou plus du tout). Les personnes souffrant d’une telle atteinte nécessitent une prise en charge par hémodialyse : plusieurs fois par semaine et pendant plusieurs heures, le patient doit être relié à une machine qui joue le rôle des reins, et filtre le sang pour éliminer ses déchets. Ce traitement est très fatigant pour le patient, et la fréquence des séances altère énormément leur qualité de vie.

La greffe de rein est la plus couramment pratiquée.

Le foie

La greffe de foie est tout d’abord indiquée dans le cadre d’une cirrhose alcoolique avancée, une pathologie caractérisée par la destruction des cellules du foie sous l’effet de l’alcool et par leur remplacement par un tissu fibreux. La greffe peut également être proposée lors d’un cancer du foie (ou hépatocarcinome) dans les cas où le cancer reste localisé et suivant l’état du patient, ainsi que dans certaines formes avancées d’hépatite.

Le cœur

La greffe cardiaque est également une technique maîtrisée. Cette option thérapeutique est envisagée en cas d’insuffisance cardiaque avancée, stade où le cœur n’est plus capable de jouer correctement son rôle de pompe pour assurer les besoins de l’organisme. A ce moment, la greffe est le seul recours possible.

Le poumon

Quatrième organe pouvant faire l’objet d’une greffe : le poumon. Une greffe pulmonaire est principalement envisagée lorsde pathologies très avancées :

  • la bronchopneumopathie chronique obstructive, ou BPCO : maladie inflammatoire qui se caractérise par une obstruction progressive des voies aériennes et des poumons ; 
  • la mucoviscidose : maladie génétique qui se traduit par une stagnation du mucus dansles voies respiratoires et digestives ;
  • la fibrose pulmonaire : pathologie durant laquelle les tissus pulmonaires se transforment en tissus fibreux ;
  • l'hypertension artérielle pulmonaire : une augmentation de la pression sanguine dans l’artère irriguant le poumon, qui altère les vaisseaux pulmonaires.

Le pancréas

Enfin, il ne faut pas oublier l’existence de greffes pancréatiques, qui concernent des patients atteints de diabète de type 1 ne pouvant être soignés par insulinothérapietraditionnelle et dont le pancréas est à bout de souffle.

Le cas particulier de la greffe tissulaire

Outre des organes, la greffe peut également concerner des tissus, comme la cornée (en cas d’atteinte visuelle grave), la moelle osseuse (tissu où se forment les cellules sanguines et dont la greffe est requise notamment dans le cadre de certaines leucémies), la peau (en cas de brûlure importante sur une large surface par exemple) ou encore des vaisseaux sanguins (pour le traitementde certaines atteintes cardiovasculaires).


Outre des organes, la greffe peut également concerner des tissus


#enjeux-recherche

Quels enjeux dans la recherche sur les greffes ?

Augmenter le nombre d’organes disponibles

Premier enjeu de la recherche : faire face à la pénurie d’organes transplantables, ou greffons. En effet, le nombre de donneurs est plus faible que les besoins des patients. Des réflexions sont menées pour mieux utiliser les organes disponibles, en élargissant, par exemple les critères d’éligibilité pour des organes qui n’auraient, de prime abord, pas été prélevés (donneurs âgés et présentant certains facteurs de risque…). Cette démarche passe aussi par la mise au point d’organes artificiels et biocompatibles en vue de suppléer les fonctions déficientes.


Dans le même cadre, des recherches menées en laboratoire visent à créer des organes biologiques à partir de ses propres cellules, donccompatibles avec le receveur. La fabrication d’organes « bioartificiels »connaît ses premiers succès. Il s’agit ici d’utiliser des cellules souches qui sont ensuite mises en culture sur une armature. Les cellules vont ensuite se spécialiser et s’organiser, reformant un organe fonctionnel prêt à être implanté. Cette approche s’est révélée ici aussi prometteuse : une équipe américaine est parvenue à de multiples reprises à reconstruire une vessie fonctionnelle et à la greffer chez des patients. Autre exemple : une équipe française tente aujourd’hui de créer un œsophage biocompatible avec l’aide de la FRM. Construit à partir de cellules souches particulières, un tel organe n’engendrerait pas de réaction de rejet.

Un enjeu de la recherche : faire face à la pénurie d'organes transplantables.

Améliorer les conditions de survie du greffon

En parallèle, les chercheurs souhaitent également améliorer les conditions de conservation du greffon durant les étapes de la transplantation. En effet, l’organe prélevé est brutalement coupé du réseau sanguin, et ne reçoit donc ni oxygène ni nutriments de la circulation. Une fois greffé, l’organe est ensuite soumis à un stress lorsque la circulation reprend. Les projets de recherche se tournent ici vers des machines capables de maintenir dans l’organe une circulation d’un liquide, soit réfrigéré soit à température corporelle, afin de favoriser sa préservation avant transplantation.

Augmenter la tolérance immunitaire

Autre voie de recherche d’intérêt, améliorer les moyens qui permettent d’atténuer la réaction de rejet du greffon par le receveur. L’organisme de la personne greffée réagit en développant une réaction immunitaire contre le greffon, ce qui conduit à sa dégradation voire à la mort du patient. Cet écueil est actuellement maîtrisé par la prise de médicaments dits « immunosuppresseurs », qui atténuent la réaction immunitaire. Seulement, ce traitement doit être pris à vie par le receveur et, surtout, il n’est pas dénué d’effets secondaires : l’organisme devient plus sensible aux infections et au développement tumoral. Aussi, il est nécessaire de développer des thérapies qui permettent de conserver au maximum une immunité contre les pathogènes, tout en atténuant la réaction immunitaire mise en place contre le greffon.

Il reste donc de nombreux défis à relever dans le domaine des greffes d’organes, mais la recherche continue !

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