Trouble du spectre de l’autisme : l’impact du microbiote




10 mars 2026
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Ce projet est mené par Giulia Pensieri, doctorante au Centre de neurosciences Sorbonne Université, dans l’équipe « Cervelet, navigation et mémoire » dirigée par Laure Rondi-Reig.
Somme accordée à Giulia Pensieri en 2025 pour une thèse de science de trois ans
Parmi les symptômes du trouble du spectre de l’autisme, il y a des troubles des perceptions sensorielles, tels qu’une hypersensibilité aux sons ou à la lumière.
Les origines biologiques de ces troubles sont encore mal connues.
Giulia Pensieri vise dans ce projet à mieux comprendre les conséquences comportementales et les caractéristiques neuronales de ce trouble sensoriel pour finalement explorer une piste thérapeutique potentielle : la stimulation magnétique transcrânienne.
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Le trouble du spectre de l’autisme touche environ 700 000 personnes en France, et sa prévalence est en augmentation. Les symptômes sont nombreux et peuvent inclure des difficultés sociales et liées à la communication, des comportements répétitifs ainsi que des intérêts restreints. 40 % des patients concernés présentent également une déficience intellectuelle.
Giulia Pensieri s’intéresse à une partie moins connue des symptômes de ce trouble : « Parmi les manifestations du trouble du spectre de l’autisme, on retrouve très souvent des troubles des perceptions sensorielles, tels qu’une hypersensibilité aux sons ou à la lumière par exemple » explique la doctorante.
Dans le cas d’une hypersensibilité, le signal sensoriel est plus fort et va donc entrainer une gêne. Les personnes concernées vont alors éviter les zones bruyantes ou fortement éclairées, ou bien en souffrir. Cela peut entrainer des difficultés pour des activités quotidiennes, comme faire des courses ou travailler.
« On observe également des difficultés à combiner et à filtrer les différentes perceptions sensorielles, à la fois entre elles et dans le temps. On parle alors de déficit d’intégration multisensorielle », poursuit Giulia Pensieri. Par exemple, lorsqu’une personne parle, il peut être difficile d’analyser simultanément le signal auditif (la parole) et le signal visuel (les expressions faciales). Il peut aussi être compliqué de se concentrer uniquement sur la voix de son interlocuteur lorsque d’autres informations sensorielles parviennent en même temps de l’environnement. Ces difficultés sensorielles n’ont été intégrées que récemment dans les critères diagnostiques, et restent encore peu étudiées.
Giulia Pensieri souhaite donc mieux comprendre l’origine biologique de ces troubles sensoriels : « Mon objectif durant ma thèse est d’étudier ces problématiques chez un modèle animal reconnu d’autisme, en m’intéressant aux manifestations comportementales, mais aussi cérébrales de ce phénomène. Pour cela, je vais notamment réaliser des enregistrements de l’activité e neuronale de deux zones cérébrales impliquées dans ces mécanismes, à savoir le cervelet et le cortex préfrontal. Ces régions, essentielles au traitement multisensoriel, pourraient, lorsqu’elles sont altérées, augmenter le risque de trouble du spectre de l’autisme (TSA). En comparant ces enregistrements à ceux d’animaux témoins, je pourrai identifier les différences d’activités de chacune de ces régions et de leurs interactions ».
En parallèle, la chercheuse étudiera le comportement des animaux sur des tâches comportementales complexes, notamment des tâches impliquant l’intégration sensorielle, ainsi que des comportements cognitifs et sociaux. L’ensemble sera réalisé à l’aide d’un dispositif automatisé permettant de recréer un environnement semi-naturel.
« Dans un second temps, je vais essayer de restaurer des comportements neurotypiques chez ces animaux en utilisant la stimulation magnétique transcrânienne, une technique non invasive qui permet de stimuler ou inhiber spécifiquement certaines zones cérébrales ciblées et qui est déjà utilisée chez l’homme pour traiter des troubles neurologiques ou psychiatriques » ajoute Giulia Pensieri. Cette technique envoie des ondes électromagnétiques à travers le crâne de façon totalement indolore, et ses effets secondaires sont extrêmement limités.
L’objectif est d’étudier si cette thérapie, lorsqu’elle est utilisée dans l’enfance, pourrait avoir des effets positifs à long terme sur les altérations sensorielles et cognitives dans le trouble du spectre de l’autisme. Si les résultats sont positifs, cela pourrait à plus long terme mener vers un traitement simple à mettre en place, non invasif et avec peu d’effets secondaires.
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