Manipulation en laboratoire.Manipulation en laboratoire.

22 mai 2026

Qu’est-ce que l’antibiorésistance et quel est le rôle de l’environnement dans sa dissémination ?

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En résumé

Adrien Rieux est responsable de l'équipe « Génomique et épidémiologie des agents pathogènes émergents », UMR CIrad, à l'Université de la Réunion.

596 300 €

Somme accordée à Adrien Rieux dans le cadre de l'Appel à projets «  Environnement et Santé 2025  » de la FRM.

Imaginez un monde où certaines infections courantes comme la pneumonie ou les infections urinaires ne pourraient plus se soigner grâce aux antibiotiques.

Cette situation devient réalité à cause de la résistance aux antimicrobiens, un phénomène par lequel les microbes (bactéries, virus, champignons et parasites) s’adaptent pour survivre aux traitements censés les éliminer.

Majoritairement liée à la surutilisation des antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire, la résistance aux antimicrobiens cause déjà plus d’un million de décès chaque année dans le monde, un chiffre en augmentation. Sans action rapide, même les infections les plus banales pourraient redevenir mortelles.

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Le projet en détails

L’environnement, réserve de vecteurs antimicrobiens ?

Alors que la plupart des recherches et des efforts pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens se concentrent sur les hôpitaux et l’élevage, un compartiment majeur reste trop peu exploré : l’environnement. Par le biais des eaux usées, des résidus des exploitations agricoles, ou une gestion inadaptée des déchets, sols, rivières, plantes et même l’air peuvent abriter des bactéries résistantes, facilitant leur dissémination silencieuse entre humains, animaux et écosystèmes.

Le projet EARTH vise à mieux comprendre la résistance aux antimicrobiens d’origine environnementale en étudiant deux territoires de l’océan Indien, contrastés en termes de modes d'utilisation des antibiotiques, d'infrastructures d'assainissement, d'accès aux soins et de stratégies de gestion environnementale. Il s’agit de La Réunion, département français bien équipé, et Madagascar, pays voisin aux infrastructures plus limitées. Cette comparaison permettra d’analyser l’impact des inégalités environnementales et sociales sur la diffusion de la résistance aux antimicrobiens et d’évaluer l’intérêt de différents cadres réglementaires, de politiques environnementales ou de gestion des antibiotiques.

L’identification préalable des zones à risque de transmission de l’antibiorésistance environnementale sera suivie d’un échantillonnage de différentes éléments (eau, air, sol, végétaux) visant à détecter la présence de gènes et de bactéries résistants aux antibiotiques. La réalisation d’analyses génomiques permettra d’en caractériser les trajectoires de dissémination.

Quelles politiques publiques ?

L’analyse des politiques, des comportements et des perceptions liés à la résistance aux antimicrobiens complètera ce travail. Elle permettra d’éclairer les chercheurs et les acteurs locaux pour co-construire et expérimenter les solutions les plus adaptées pour réduire les risques de transmission de l’antibiorésistance. L’étude permettra ainsi d’identifier des foyers environnementaux de la résistance aux antimicrobiens particulièrement à risques, de mieux comprendre les voies d’exposition et les facteurs socio-politiques influençant les dynamiques de résistance, et de** soutenir des politiques de santé publique** locales efficaces.

Comprendre ces dynamiques est essentiel pour éclairer les politiques, améliorer la sensibilisation du public et développer des interventions adaptées aux réalités locales afin de limiter la propagation de la résistance aux antibiotiques dans divers contextes socio-économiques.

Porteur du projet

Adrien Rieux est génomicien des populations au CIRAD dans l’UMR « Peuplements végétaux et bioagresseurs en milieu tropical » basée à La Réunion. Ses travaux visent à mieux comprendre les processus associés à l’émergence, la diffusion, l’évolution et la gestion des microbes pathogènes causant des maladies infectieuses. Depuis plusieurs années, il étudie les processus associés à l’émergence et la transmission des bactéries résistantes aux antibiotiques dans les agroécosystèmes.


Co-porteurs du projet

  • Sophie Molia est vétérinaire socio-épidémiologiste spécialisée en santé animale en régions tropicales, au sein de l’UMR « ASTRE » du CIRAD à Montpellier. Ses recherches portent sur les maladies à l’interface entre l’humain, les animaux domestiques et la faune sauvage dans les pays tropicaux. Elle s’intéresse également aux déterminants de l’usage des antimicrobiens en élevage et développe des modes d’intervention participatifs visant à promouvoir des pratiques de santé animale durables et à limiter l’émergence de la résistance aux antimicrobiens.
  • Alexandre Hobeika est chercheur au CIRAD au sein de l’UMR « MoISA » à Montpellier. Sociologue et politologue, il est spécialisé dans les politiques de lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans les pays à revenu faible et intermédiaire, l’analyse des politiques et la cartographie des acteurs du secteur agricole.

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