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04 septembre 2026

Mieux comprendre le syndrome des antiphospholipides

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En résumé

Portrait de la chercheur Anne-Sophie Korganow

Le Pr Anne-Sophie Korganow est cheffe du service Immunologie Clinique et Médecine Interne, au CHU de Strasbourg.

263 400 €

Financement FRM accordé dans le cadre de l'appel à projets « Reproduction et fertilité 2025 ».

Le syndrome des antiphospholipides est une maladie auto-immune dans laquelle l’organisme produit des anticorps dirigés contre des constituants de ses propres cellules, les phospholipides.

Ces anticorps « antiphospholipides » (aPL) peuvent entraîner la formation de caillots sanguins ou des complications obstétricales telles qu’une mort fœtale, une pré-éclampsie sévère ou un accouchement prématuré. La forme primaire de cette maladie survient en l'absence de maladie systémique associée, contrairement à la forme dite « secondaire » retrouvée dans 20 à 30 % des lupus.

Cette maladie incurable, qui touche 1/2000 personnes, peut entraîner des conséquences sévères et ne dispose d’aucun traitement spécifique à l'exception d’une anticoagulation prolongée.

Je donne pour la recherche

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Le projet en détails

Identifier les cellules productrices d’anticorps pathogènes

Les manifestations obstétricales du syndrome des antiphospholipides sont liées à une insuffisance placentaire, un dysfonctionnement du placenta empêchant le fœtus de recevoir suffisamment d’oxygène et de nutriments. Des aPL sont retrouvés chez plus de 10 % des femmes souffrant d'une insuffisance placentaire. L’un des aPL les plus impliqués dans les complications obstétricales, et dont le rôle délétère sur la fonction placentaire a été prouvé dans des modèles animaux, ciblent un domaine d’une protéine présente à la surface des cellules placentaires, Dm1.

Ce projet a pour but d’identifier les lymphocytes B, les cellules immunitaires générant les anticorps) producteurs d’anticorps anti-Dm1 directement dans le sang des patientes atteintes d’un syndrome des antiphospholipides. Les détecter et les isoler permettra de connaître leurs caractéristiques détaillées, d’évaluer l’impact des anticorps qu’ils produisent sur des cellules placentaires humaines, et de déterminer si ces anticorps reconnaissent également des agents infectieux, dans l’hypothèse qu’un agent microbien puisse favoriser leur apparition chez les patientes. En effet, il a été suggéré chez la souris que certaines espèces du microbiote, les microorganismes vivants dans l’organisme, pourraient déclencher la synthèse de ces anticorps, justifiant des investigations supplémentaires.

Explorer les mécanismes sous-jacents

Pour cela, les chercheurs caractériseront les lymphocytes B réactifs à Dm1 sur des échantillons sanguins de patientes atteintes d’un syndrome des antiphospholipides par rapport à des donneuses saines. En produisant ces anticorps, les chercheurs tenteront d’identifier leurs cibles et leurs effets sur le placenta. Enfin, ils étudieront la réactivité croisée d'anticorps sélectionnés avec le microbiote commensal, afin de tester l'hypothèse selon laquelle des déclencheurs microbiens pourraient induire la production d’anticorps pathogènes.

Les chercheurs se concentreront d'abord sur les formes primaires de la maladie, afin d'éviter les biais liés à une autre maladie auto-immune. Cependant, compte tenu de la forte prévalence du syndrome des antiphospholipides associé au lupus, ils étendront ultérieurement leurs recherches aux patients atteints de syndrome des antiphospholipides associé à une forme secondaire.

Ces analyses visent à mieux comprendre l'insuffisance placentaire induite par les aPL, et aboutira à de nouveaux outils de suivi des patientes avec des aPL avant ou pendant la grossesse, pour améliorer leur prise en charge et leur pronostic.

Portrait de chercheur

Le Pr Anne-Sophie Korganow est cheffe du service Immunologie Clinique et Médecine Interne, au CHU de Strasbourg. Elle est également chercheuse du groupe « Homéostasie lymphocytaire et auto-immunité », dans l’unité Inserm U1109, à Strasbourg.

Elle est spécialisée dans les maladies auto-immunes rares et inflammatoires, notamment le lupus érythémateux systémique (LES) chez les jeunes adultes et le syndrome des antiphospholipides (SAPL), et des déficits immunitaires primitifs (DIP) de l'adulte. Elle dispose d’un secteur dédié aux femmes présentant des problèmes liés à la grossesse (LES, SAPL, autres maladies auto-immunes).

Ses principaux thèmes de recherche portent sur la rupture de la tolérance des lymphocytes B dans les maladies auto-immunes et les DIP. Elle possède une vaste expérience des lymphocytes B humains dans le LES et de la biologie lymphocytaire dans plusieurs situations cliniques d'auto-immunité chez l'homme et sur des modèles murins.

Elle a été co-coordonnatrice ou a participé ces dernières années à trois programmes INTERREG sur les maladies auto-immunes, médiées par les anticorps. Elle dirige actuellement, avec le Dr Yannick Dieudonné et le Dr Vincent Gies, un volet de recherche consacré aux lymphocytes B autoréactifs chez les patients atteints d’un SAPL.

Auteur

  • Portrait de Sébastien Cuvier, Responsable Coordination éditoriale scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale

    Sébastien CuvierAuteur

    Responsable Coordination éditoriale scientifiqueFondation pour la Recherche Médicale

    Diplômé en Journalisme scientifique.

    Texte validé par le chercheur

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