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01 septembre 2026

Syndrome des ovaires polykystiques : une thérapie cellulaire contre l’infertilité

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En résumé

Portrait du chercheur Paolo Giacobini

Ce projet est mené par Paolo Giacobini, Directeur de recherche à l’Inserm, et par Alicia Mayeuf-Louchart, chercheuse à l’Inserm, dans l’équipe « Développement et plasticité du cerveau neuro-endocrine » au Centre Lille Neurosciences et Cognition.

298 068 €

Financement FRM accordé à Paolo Giacobini pour un projet « Equipe FRM » de 3 ans.

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) touche jusqu’à 13 % des femmes en âge de procréer.

Les conséquences de ce trouble sont multiples, telles que des déséquilibres hormonaux, une prise de poids et une infertilité.

Les chercheurs espèrent développer un traitement contre l’infertilité liée au SOPK, grâce à une thérapie cellulaire.

Je donne pour la recherche

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Le projet en détails

Le syndrome des ovaires polykystiques, un trouble aux symptômes multiples

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal courant, qui touche jusqu’à 13 % des femmes en âge de procréer. Environ 70 % des femmes touchées dans le monde ne sont pas encore diagnostiquées.

Ce syndrome représente une des premières causes d’infertilité d’après l’Organisation Mondiale de la Santé. Près de 80 millions de personnes sont touchées par le SOPK, et parmi elles, entre 50 et 60 millions peuvent rencontrer des problèmes d’infertilité en l’absence de traitement.

Outre une infertilité, le SOPK est également à l’origine d’une pilosité excessive et de troubles métaboliques : une perturbation du fonctionnement de l’organisme qui entraine souvent une prise de poids et prédispose à des problèmes de santé, tels que l’obésité et le diabète de type 2.

Zoom surUne pathologie aux causes méconnues

Pour le moment, les causes du SOPK sont encore mal comprises. Ce syndrome touche plusieurs organes, notamment le cerveau et les ovaires, et entraine des déséquilibres hormonaux. Notamment, l’organisme des personnes atteintes de SOPK produit de manière trop importante des hormones dites « androgènes », habituellement produites en petite quantité par le corps féminin et en plus grande quantité par le corps masculin. Les causes exactes du SOPK sont mal comprises, et les traitements se concentrent donc sur l'atténuation des symptômes.

Comment le SOPK affecte la fertilité

Les mécanismes par lesquels le SOPK peut-être à l’origine d’une infertilité sont multiples.

Tout d’abord, le SOPK peut perturber le fonctionnement des ovaires, avec parfois certains cycles sans ovulation.

De plus, pendant la grossesse, le taux d’hormones masculines, les androgènes, reste élevé chez les femmes atteintes de SOPK. Cela augmente les risques de fausse-couche, de naissance prématurée, et d’infertilité, notamment car l’embryon peut avoir plus de mal à s’implanter. Les risques de prééclampsie, une maladie de la grossesse qui met en danger la vie de la mère et du fœtus, sont également augmentés.

Ces données montrent l’importance de mieux appréhender les liens entre infertilité et SOPK en vue de développer des thérapies adaptées.

Le tissu adipeux brun pour améliorer la fertilité dans le SOPK

Paolo Giacobini et Alicia Mayeuf-Louchart s’intéressent au lien entre tissu adipeux brun et SOPK. La fonction du tissu adipeux est notamment de stocker la graisse et réguler la température, mais il joue aussi un rôle dans la production d’hormones. Chez les personnes atteintes de SOPK, il est souvent dysfonctionnel.

Il existe deux types de tissus adipeux : brun et blanc. Le tissu adipeux blanc est le plus abondant dans le corps et présent à tout âge. Il stocke la graisse et joue un rôle hormonal. Le tissu adipeux brun est surtout présent dans l’enfance, et décline avec l’âge. Il joue également un rôle hormonal, ainsi que dans la dépense énergétique et la régulation du métabolisme. Cette diversité de fonction en fait une cible prometteuse pour lutter contre diverses maladies. Des études récentes sur un modèle de SOPK ont montré que transplanter du tissu adipeux brun sain permet d’améliorer la fertilité. Cependant, étant donné la faible quantité de ce tissu chez l’Homme à l’âge adulte, ce type de transplantation ne peut pas être envisagée.

Développer une thérapie cellulaire

Dans ce projet, Paolo Giacobini et son équipe souhaitent mieux comprendre quels sont les dysfonctionnements du tissu brun adipeux liés au SOPK, sur ce même modèle. Ils développeront ensuite une thérapie cellulaire, thérapie qui consiste à transplanter des cellules fonctionnelles et dépourvues de défauts pour remplacer des cellules dysfonctionnelles. Ainsi, des cellules de tissus brun adipeux, obtenues à partir de cellules souches, seront transplantées sur le modèle SOPK, dans l’objectif d’améliorer la fertilité. Ils étudieront l’effet de ce traitement sur les organes reproducteurs et sur d’autres organes.

Si les résultats sont positifs, ces recherches pourraient à terme mener vers des essais cliniques, pour évaluer ce traitement susceptible d’améliorer la fertilité chez les femmes atteintes de SOPK.

Portrait de chercheur

Paolo Giacobini est Directeur de recherche à l’Inserm au Centre Lille Neurosciences et Cognition. Après une formation en biologie moléculaire et neurosciences à l’Université de Turin et au National Institute of Health (Bethesda, USA), il a rejoint la France en 2009 pour fonder son propre groupe de recherche à Lille. Il est également impliqué dans le consortium international Human Development Cell Atlas (HuDeCA).

Son parcours est jalonné de distinctions prestigieuses :

  • Prix Mémain-Pelletier de l’Académie des Sciences en 2024,
  • Prix Drieu-Cholet de l’Académie de Médecine en 2023,
  • Prix Wertheimer en 2020
  • plusieurs prix Inserm pour l’excellence de ses recherches et de son encadrement
  • Prix «  Espoir en tête  » de la Fédération pour la Recherche sur le cerveau en 2016.

Paolo Giacobini est également très actif dans la valorisation et la clinique, avec plusieurs brevets déposés et la coordination de trois essais cliniques sur le SOPK et la neuroendocrinologie. Il intervient régulièrement comme conférencier invité dans des congrès internationaux.

Auteur

  • Portrait de Sébastien Cuvier, Responsable Coordination éditoriale scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale

    Sébastien CuvierAuteur

    Responsable Coordination éditoriale scientifiqueFondation pour la Recherche Médicale

    Diplômé en Journalisme scientifique.

    Texte validé par le chercheur

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