Maladie d’Alzheimer : rétablir les rythmes électriques du cerveau par thérapie génique


09 juillet 2025
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Ce projet est mené par Caroline Ismeurt-Walmsley, membre de l'équipe « Récepteurs de l'adénovirus, trafic intracellulaire et vectorologie » dirigée par Eric Kremer à l'Institut de génétique moléculaire de Montpellier.
Financement accordé à Eric Kremer en 2024 dans le cadre de l’appel à projets prématuration.
La maladie d’Alzheimer reste incurable malgré les avancées scientifiques récentes.
Dès ses premiers stades, elle s’accompagne d’une hyperactivité dans certaines zones du cerveau, engendrant des problèmes de rythmes cérébraux qui participeraient à sa progression.
Les chercheurs souhaitent mettre au point une thérapie génique innovante pour restaurer un bon équilibre électrique dans le cerveau, et ainsi freiner le développement de la pathologie.
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La maladie d’Alzheimer est aujourd’hui la première cause de démence dans le monde. Elle toucherait à ce jour plus de 900 000 personnes en France, et son impact risque de s’amplifier à l’avenir.
Malgré les progrès réalisés dans la compréhension de la pathologie, aucun traitement curatif n’existe à ce jour. Face à ce constat, la recherche s’oriente vers des approches innovantes, comme celle développée par Eric Kremer et son équipe.
La maladie d’Alzheimer s’accompagne, dès ses premiers stades, d’un phénomène appelé « hyperexcitabilité cérébrale » : certaines zones du cerveau deviennent anormalement actives, ce qui perturbe les rythmes cérébraux, les « ondes cérébrales ». Ces dernières sont essentielles dans de nombreuses fonctions cérébrales : cognition, rythme veille-sommeil… Cette altération des rythmes cérébraux pourrait jouer un rôle clé dans l’aggravation de la maladie. Cela en ferait une cible thérapeutique de premier plan.
Plusieurs mécanismes sont impliqués dans les rythmes cérébraux. Les chercheurs s’intéressent ici à une protéine spécifique : NaV1.1, essentielle à la régulation des signaux électriques dans le cerveau. Des recherches ont montré que dans le cerveau des personnes atteintes d’Alzheimer, cette protéine est moins présente. Il a également été démontré dans des modèles animaux de la maladie que rétablir sa production dans les neurones permettait de corriger les troubles électriques cérébraux, et d’améliorer la mémoire.
Forte de ces résultats, l’équipe propose une approche novatrice : utiliser un vecteur viral -un virus modifié et inoffensif- pour transporter le gène de NaV1.1 directement dans les neurones. Une fois injecté, il permettrait aux cellules de produire plus la NaV1.1, rétablissant ainsi un bon équilibre électrique dans le cerveau.
Durant ce projet, les chercheurs souhaitent développer différents vecteurs viraux. Ils évalueront ensuite, chez des modèles de maladie d’Alzheimer, leur capacité à prévenir l’apparition et le développement de la pathologie.
Au-delà de la maladie d’Alzheimer, cette technologie pourrait être utilisée pour traiter d’autres maladies neurologiques impliquant des déséquilibres électriques dans le cerveau. Cela constituerait un réel espoir pour les patients dans le futur.
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