Certains aliments aident-ils réellement à combattre le cancer ?
26 août 2026


L’alimentation est l’un des piliers essentiels de notre santé. De là à penser que certains aliments ont des superpouvoirs contre le cancer, il n’y a qu’un pas, bien souvent trop vite franchi ! Alors que faut-il retenir à propos des liens entre alimentation et cancer ?
Avec la Dre Élodie Segura, directrice de recherche Inserm à l’Institut Curie (Paris), spécialiste des réponses immunitaires dans l’unité « Immunité et cancer ».

« De nombreuses études ont mis en évidence l’influence des facteurs nutritionnels quant au risque de développer un cancer », affirme l’Institut national du cancer. C’est le cas des fibres présentes dans les céréales complètes, les fruits, les légumes et les légumes secs, dont la consommation régulière est associée à une diminution du risque de cancers digestifs. Certains antioxydants et vitamines présents dans les fruits et légumes ont aussi un effet protecteur contre les cancers du sein et de la prostate. Pour autant, le cancer est une maladie multifactorielle, qui associe des facteurs de risque génétiques, environnementaux et liés aux habitudes de vie : il n’existe aucun aliment miracle permettant de l’éviter à coup sûr !
« Nous savons aujourd’hui que la réponse aux traitements anticancéreux peut être influencée par de nombreux facteurs environnementaux, comme la nutrition. Il a notamment été montré que la composition du microbiote intestinal, elle-même modulée par notre alimentation, joue un rôle dans l’efficacité de certains traitements d’immunothérapie, en particulier ceux par inhibiteur de point de contrôle immunitaire anti-PD1. Et c’est précisément ce lien entre nutrition et traitements anticancéreux que nous avons voulu explorer », explique la Dre Élodie Segura.
L’indole-3-carbinol est présente en grandes quantités dans les crucifères (chou, brocolis, chou-fleur, cresson, navet, roquette, radis…).
« Associé à l’indole-3-carbinol, le traitement anticancéreux est efficace chez 50 % à 60 % des animaux. En revanche, lorsqu’on supprime l’indole-3-carbinol, l’efficacité du traitement diminue à 20 %, résume la Dre Élodie Segura. Nos travaux permettent de mieux comprendre le rôle des nutriments dans les réponses immunitaires antitumorales. Pour les patients, ces données pourraient permettre d’optimiser les régimes alimentaires afin d’assurer l’efficacité des traitements. »
Une récente étude publiée par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Cress-Eren, Paris) révèle qu’une alimentation riche en produits ultratransformés augmente le risque de cancers. En cause, les additifs très largement présents dans les aliments industriels. En s’appuyant sur les données communiquées par plus de 100 000 adultes français ayant participé à l’étude NutriNet-Santé entre 2009 et 2023, les chercheurs ont découvert qu’une consommation élevée de conservateurs de type non oxydants, comme les sorbates, les sulfites, le nitrite de sodium et les acétates, est associée à une augmentation de 12 % à 15 % du risque global de cancer.
Source : British Medical Journal, 8 janvier 2026
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