Shigella : vers un vaccin contre ces bactéries responsables d’infections sévères




28 avril 2026
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Ce projet est mené par Dimitri Kornblum, dans l’équipe « Infection et Immunité Paludéenne » au sein de l’Institut Pasteur à Paris.
Somme accordée à Dimitri Kornblum en 2025 dans le cadre de l’appel à projets « Poste de thèse pour internes et assistants »
Le paludisme est une maladie parasitaire qui tue environ 600 000 personnes par an dans le monde.
Il existe des vaccins contre cette maladie, mais la protection offerte par ceux-ci est de courte durée.
Dimitri Kornblum et son équipe, dirigée par le Dr Amino, ont pour objectif de développer un nouveau vaccin conférant une protection à plus long terme, pour mieux lutter contre la maladie.
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Actuellement, le paludisme est une maladie qui tue environ 600 000 personnes par an dans le monde, principalement des enfants en Afrique subsaharienne. Elle est moins présente en France, mais je pense qu’en tant que chercheur, nous avons une responsabilité d’améliorer la vie des populations partout dans le monde.
Il existe deux vaccins contre le paludisme, mais leur efficacité est limitée dans le temps. Mon équipe travaille donc au développement d’un vaccin dont l’efficacité serait plus longue. Pour cela, nous ciblons le paludisme à un stade précoce de son développement chez l’homme, avant l’apparition de symptômes.
En effet, le paludisme est causé par un parasite, qui est transmis par un moustique. Il migre quelques heures dans la peau, puis passe une semaine dans le foie, et infecte finalement les globules rouges : c’est à ce dernier stade que les symptômes apparaissaient.
Lorsqu’il infecte les globules rouges, le parasite se reproduit rapidement, et les globules rouges sont difficiles d’accès pour l’immunité cellulaire de notre corps. En revanche, lorsqu’il est dans le foie, le parasite est en plus petit nombre et les cellules du foie infectées sont plus à même d’alerter le système immunitaire. C’est donc ce stade que ciblera le vaccin que nous développons.
La première étape est d’identifier les antigènes, c’est-à-dire les protéines présentes sur le parasite et reconnues par le système immunitaire, à utiliser dans le vaccin. Il y a plus de 5 000 protéines qui pourraient être utilisées, il s’agit donc d’identifier celles qui déclencheront la meilleure réponse immunitaire. Mon équipe a déjà identifié quatre antigènes très efficients. Mais je continue de chercher, parmi les protéines qui n’ont pas encore été étudiées, s’il y en a d’autres qui pourraient être aussi ou encore plus efficaces.
Il est important d’avoir un certain nombre d’antigènes protecteurs pour concevoir une combinaison optimale, car nous savons qu’un seul antigène ne suffira pas, sinon le vaccin en question aurait déjà été trouvé par d’autres chercheurs. De plus, l’association de plusieurs antigènes permet d’obtenir la réponse immunitaire la plus large possible au sein d’une population loin d’être uniforme. La prochaine étape est donc d’identifier la meilleure combinaison d’antigènes à utiliser dans le vaccin.
Nous avons choisi d’utiliser la même technologie que pour les vaccins contre la Covid-19 : on n’utilise pas de protéine synthétisée, mais l’ARN messager, qui va détourner l’usine de production de protéines de nos cellules, pour faire produire directement à notre corps les antigènes.
Un autre enjeu sera de trouver les meilleures nanoparticules lipidiques : elles constituent le véhicule qui enferme l’ARN messager, évite qu’il soit dégradé par le corps et l’emmène jusque dans les cellules. Une fois dans la cellule, la machinerie cellulaire produira la protéine correspondante. Pour nous, l’objectif est de trouver les nanoparticules lipidiques qui permettront d’amener le vaccin jusqu’au cellules du foie.
L’ARN messager ne correspondra pas à l’antigène en entier, mais à un petit bout de cette protéine : celui qui est présenté au système immunitaire en temps normal, et déclenche la réponse adaptée. Une autre étape est donc d’identifier quel bout de chaque antigène est présenté au système immunitaire par une cellule infectée, et sera à utiliser dans notre vaccin. Cela permettra d’avoir un vaccin plus petit, donc plus facile à réaliser et injecter.
Grâce à toutes ces étapes, nous espérons formuler un vaccin qui permette une protection à long terme, afin de mieux protéger les populations et de limiter la dissémination du parasite. Pour moi, le vaccin est le meilleur moyen de lutter contre les maladies, en utilisant le système naturel du corps. Il y a rarement plus efficace qu’une grande campagne vaccinale pour endiguer une épidémie.
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