Shigella : vers un vaccin contre ces bactéries responsables d’infections sévères




29 avril 2026
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Ce projet est mené par Benoît Marteyn, directeur de recherche Inserm, chef de l’équipe « Pathogenèse des infections bactériennes et immunité », à l’Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire de Strasbourg.
Somme accordée à Benoît Marteyn en 2025 dans le cadre de l’appel à projet « Equipes FRM ».
Les dysenteries sont des diarrhées infectieuses qui tuent plusieurs millions d’enfants de moins de 5 ans chaque année.
Parmi les pathogènes en cause, la bactérie Shigella est responsable d’une forme sévère de la maladie.
Benoît Marteyn et son équipe travaillent à la mise au point d’un vaccin contre cette bactérie.
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Chaque année, les diarrhées infectieuses, aussi appelées dysenteries, tuent plusieurs millions d'enfants de moins de 5 ans, principalement dans les pays en développement. Parmi les pathogènes en cause, la **bactérie Shigella, responsable d'une forme sévère de dysenterie. « En 2024, l’Organisation mondiale de la santé l’a classée comme « à risque accru de dissémination » parce qu’elle développe de plus en plus de résistances aux antibiotiques et qu’il n’existe pour l’instant aucun vaccin préventif », explique Benoît Marteyn, directeur de recherche à l’Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire de Strasbourg.
Cette bactérie peut se transmettre par de l’eau ou des aliments contaminés, ainsi que directement entre les humains. Au-delà du risque pour la vie des enfants touchés, les complications peuvent entraîner des conséquences à long terme, telles qu’une malnutrition durable avec des retards cognitifs ou de croissance.
Pour cette raison, Benoît Marteyn et son équipe se sont fixés pour objectif de développer des vaccins efficaces contre cette bactérie : « Jusqu’à présent toutes les stratégies classiques pour développer un vaccin contre Shigella ont échoué. Nous avons donc opté pour une technologie innovante, basée sur l’utilisation d’ARN messager comme pour les vaccins contre la Covid-19. ».
Cette technologie permet de fabriquer rapidement des vaccins ciblant des protéines spécifiques de la bactérie. Au cours des dernières années, l’équipe a pu identifier des protéines impliquées dans la virulence de Shigella, qui constituent des cibles potentielles pour le vaccin.
« Nous avons d’ores et déjà identifié plusieurs protéines chez la bactérie Shigella qui pourraient déclencher une bonne réponse immunitaire », poursuit le chercheur. Une fois que l’équipe aura identifié les meilleures cibles vaccinales potentielles parmi ces protéines, ils développeront des candidats-vaccins s’appuyant sur des ARNm spécifiques à ces protéines.
« L’évaluation de l’efficacité de candidats vaccins à ARN en développement est maintenant possible dans l’équipe, grâce à la mise au point d’un nouveau modèle reproduisant fidèlement l’infection par Shigella. Ce modèle a été développé à partir des données épidémiologiques obtenues chez les enfants souffrant de dysenterie », conclut Benoît Marteyn.
Ce projet pourrait aboutir à un vaccin capable de protéger contre toutes les formes de Shigella, y compris les plus résistantes aux antibiotiques.
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