Manipulation d'un chercheur en laboratoire.Manipulation d'un chercheur en laboratoire.

28 mai 2026

Les déterminants environnementaux d’un vieillissement en bonne santé

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En résumé

Portrait de la chercheuse Sonia Dagnino

Sonia Dagnino est chercheuse et directrice de l’équipe EARTH « Exposome Analysis with high Resolution Technologies for Health » au Campus Médecine Pasteur à Nice.

579 740 €

Somme allouée dans le cadre de l'Appel à Projets «  Environement et Saté 2025  » de la FRM.

Le vieillissement et la perte d’autonomie sont influencés par des facteurs environnementaux, sociaux et sanitaires comme la pollution, l’isolement ou l’accès aux espaces verts et aux transports.

Le projet REACTs étudie l’impact du cadre de vie et des expositions environnementales sur la santé des personnes âgées grâce au suivi de 400 participants dans la région niçoise.

L’objectif est d’identifier des leviers d’action concrets pour les politiques publiques afin de favoriser un vieillissement plus sain, autonome et équitable.

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Le projet en détails

Les enjeux du vieillissement

D’ici 2070, près d’un tiers (30 %) de la population française sera âgé de 65 ans ou plus. Selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, en 2024, 44 % des personnes âgées vivant à domicile ont rapporté de graves limitations fonctionnelles, entraînant une diminution de leur qualité de vie et une dépendance. Cela constitue un poids socio-économique important pour la société.

La perte d’autonomie associée à l’avancée en âge est souvent liée à une combinaison de facteurs de santé, d’environnement et de statut social. En effet, au-delà de l’état de santé des personnes, l'isolement social, un air pollué, un accès insuffisant aux espaces verts ou aux transports en commun ont été associés à une diminution de l'activité physique, à une mauvaise alimentation et à une dégradation de la santé mentale, autant de facteurs qui contribuent à l'érosion de l'autonomie. En outre, ces composantes de l'« exposome social » interagissent souvent avec des expositions chimiques, aggravant les vulnérabilités et exacerbant les inégalités de santé.

Santé, pollution de l’air et typologie urbaine

Le projet REACTs cherche à mieux comprendre pourquoi certaines personnes âgées perdent leur autonomie plus rapidement que d’autres, en étudiant non seulement leur état de santé, mais aussi leur cadre de vie, la qualité de l’air qu’elles respirent et leur accès aux services et aux espaces verts. Pour cela, les chercheurs suivront 400 participants de l’étude « Bien Vieillir » dans la région de Nice : 200 présentant une perte d’autonomie avérée et 200 témoins du même âge dont l'autonomie est préservée. En parallèle, des échantillons sanguins seront collectés et la pollution sera mesurée dans différents quartiers à l’aide de capteurs mobiles et de bracelets portés par une centaine de participants pendant cinq jours, saisissant ainsi l'exposition réelle à différents contaminants environnementaux (par exemple, PM, pesticides, PFAS, phtalates). Les chercheurs évalueront enfin d’autres facteurs de risque comme leur activité physique (comme la marche), les espaces verts situés à proximité et les transports disponibles.

Ce projet permettra de décrire précisément les expositions des participants et d’identifier de potentielles signatures moléculaires liées au vieillissement, au stress environnemental et à la perte d’autonomie.

Politiques publiques

Les politiques locales en matière d’urbanisme, de transports, d’environnement et de santé publique seront analysées, afin d'évaluer si des conditions environnementales ou réglementaires spécifiques sont associées à des taux différents de perte d'autonomie. En combinant ces informations avec des données sociales et comportementales, l’équipe construira des modèles pour simuler des changements de politiques publiques, par exemple, des zones à faibles émissions, une amélioration des zones piétonnes, des réseaux de transport renforcés, ou des programmes de prévention, et voir comment ces mesures pourraient aider les personnes âgées à rester autonomes plus longtemps.

L’objectif final est de proposer des recommandations pratiques en matière de mode de vie et de traitements pour que les villes et les autorités sanitaires puissent les utiliser afin de favoriser une autonomie et un vieillissement plus sains et équitables de leurs concitoyens.

Porteuse de projet

  • Sonia Dagnino est chercheuse et directrice de l’équipe EARTH « Exposome Analysis with high Resolution Technologies for Health » au sein du laboratoire PHEN-X (PHysiopatologie, Environnement et Exposome) ainsi que Professeur à l’Université Côte d’Azur à Nice. Ses travaux s’inscrivent dans le champ de l’exposome, qui explore l’impact global des expositions environnementales sur la santé humaine. Elle combine pour cela, l'utilisation de nouvelles technologies « OMICs », de méthodes statistiques avancées et de l'intelligence artificielle afin d’identifier des signatures moléculaires d’exposition et mieux comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents. Depuis 2023, elle est responsable scientifique pour la plateforme OMICs, de l’Université Côte d'Azur et cofondatrice et responsable intelligence artificielle du Consortium International Adductomics.

Co-porteurs de projet

  • Raphaël Zory est Professeur a l’Université Cote d’Azur, Directeur de l’école universitaire de recherche Healthyet responsable scientifique de la plateforme fragilité du CHU de Nice et UniCA. Ses recherches s'appuient sur une approche multidisciplinaire de la perte d'autonomie fonctionnelle liée au vieillissement, combinant biomécanique, physiologie, neurocognition et santé publique afin de mieux comprendre les processus de fragilisation liés à l’âge. Il est également responsable scientifique du projet « Bien Vieillir », à Nice et porteur du projet ANR PResage.
  • Sandra Perez est maître de conférence en géographie, spécialisée en santé environnementale, à l’Université Côte d’Azur. Elle est également Directrice du Laboratoire Espace – Responsable du site de Nice. Ses recherches portent sur les espaces pathogènes à savoir comment l’espace géographique pris dans sa globalité a le potentiel d’agir sur la santé de ses habitants. Elle développe pour cela des méthodes de détection et d’évaluation en utilisant par exemple des capteurs embarqués de pollution de l’air couplés à des d'outils d'apprentissage automatique (IA). Elle a une longue expérience de la pluridisciplinarité puisqu’elle travaille avec des biologistes, biochimistes, virologues, et médecins notamment en Asie.

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