Adultes maltraités pendant l’enfance : décrypter leur cerveau pour les aider à aller mieux


Au cours de sa vie, une personne sur cinq souffrira d’une dépression. La maladie touche tous les âges, tous les sexes et des patients aux parcours de vie variés. En quelques décennies, les psychothérapies ont progressé et les traitements médicamenteux permettent aujourd’hui de soulager plus des deux tiers des patients. La dépression peut avoir des répercussions très graves, le taux de suicide en particulier est très élevé chez ces patients. C’est pourquoi, un dépistage précoce et une prise en charge adaptée sont essentiels.
Dans cette FAQ, la Fondation pour la Recherche Médicale répond à toutes vos questions sur la dépression, son origine, ses symptômes, son diagnostic et sa prise en charge.
En fonction de l’âge du patient et de la sévérité de la maladie, plusieurs stratégies thérapeutiques sont envisageables pour sortir de la dépression. Chez les plus jeunes et pour les dépressions faibles à modérées, les médecins préconisent généralement la mise en place d’une psychothérapie. La thérapie cognitivo-comportementale permet par exemple au patient d’adapter son comportement quand surviennent les symptômes et apprennent ainsi à mieux les gérer.
Dans les cas plus sévères, le psychiatre pourra envisager la mise en place d’un traitement médicamenteux. Diverses molécules existent mais elles sont associées à des effets secondaires qu’il ne faut pas négliger. Ces traitements nécessitent une période d’adaptation puis de sevrage qui doit être précisément encadré par le médecin. Dans certains cas, la dépression reste malheureusement résistante aux traitements. Des stratégies « physiques », à base de stimulation électrique ou magnétique au niveau cérébral, peuvent alors être envisagées. Elles concernent des cas spécifiques et sont strictement encadrées.
La dépression se caractérise par une large palette de symptômes, qui varient selon les personnes et la sévérité de la maladie. Ainsi, une tristesse quasi-permanente et intense, une anxiété, une indifférence affective ainsi que l’incapacité à trouver du plaisir ou de l’intérêt pour des éléments de la vie quotidienne sont très souvent présents, mais à des intensités variées.
Ces symptômes centraux s’accompagnent d’autres manifestations complémentaires, comme des idées récurrentes de mort ou de suicide, une perte de l’estime de soi ou une dévalorisation, un sentiment d’angoisse, une fatigue intense, une perte d’appétit, des difficultés pour dormir ou se concentrer ou encore des troubles de la mémoire. Le diagnostic est posé lorsque les symptômes principaux sont associés à au moins quatre de ces manifestations complémentaires. Et ce, tous les jours depuis au moins deux semaines.
Attention, chez l’enfant et l’adolescent, d’autres symptômes de la dépression peuvent s’observer. Chez les enfants, on notera par exemple un comportement de retrait, d’absence ou au contraire une irritabilité, une agitation. Chez l’adolescent, en plus des symptômes classiques, des troubles du comportement alimentaire, un désinvestissement scolaire ou encore le développement des comportements à risque sont possibles.
Plusieurs formes de dépression existent. Les dépressions réactionnelles font suite à un événement douloureux (décès d’un proche, perte d’un emploi, séparation, accident, maladie, etc.) ou à un traumatisme précoce, notamment d’ordre affectif ou sexuel. Il existe également des dépression dite endogène, pour lesquelles aucun élément déclencheur ne peut être identifié.
Les chercheurs s’accordent à dire que l’origine de la dépression est multifactorielle. Elle repose à la fois sur une susceptibilité génétique individuelle et sur des facteurs de risque environnementaux. Les enfants de parents ayant souffert d’une dépression ont deux à quatre fois plus de risque de développer la maladie au cours de leur vie. Des chercheurs ont aussi montré que certaines mutations génétiques étaient associées à un risque accru de développer la maladie. Cependant, ces facteurs génétiques n’expliquent jamais à eux seuls la dépression. C’est bien l’interaction entre la génétique et l’environnement qui est responsable du développement de la maladie.
Lorsqu’une dépression est suspectée, il est indispensable de consulter un médecin. Celui-ci pourra évaluer l’état psychologique du patient et écarter la présence d’autres maladies chroniques. Il recherchera les différents symptômes caractéristiques de la dépression et évaluera leur sévérité afin d’établir la meilleure stratégie thérapeutique. Si la dépression est avérée et en fonction de sa sévérité, il pourra orienter le malade vers les spécialistes les plus à même de l’aider.
L’origine d’une dépression est multifactorielle. Elle repose sur l’interaction entre une prédisposition génétique individuelle et un environnement physique, social, émotionnel favorisant l’émergence de la maladie. Il existe donc bien une composante héréditaire dans le risque de souffrir de dépression, sans qu’elle n’en soit la cause unique. Ainsi, certaines personnes a priori prédisposées n’en souffriront jamais.
Il a été montré que les enfants dont les parents ont souffert d’une dépression présentent un risque deux à quatre fois plus élevé de souffrir eux-mêmes d’une dépression au cours de leur vie. Des travaux récents ont pointé le rôle de certaines mutations sur des gènes impliqués dans le fonctionnement de la sérotonine.
Les antidépresseurs appartiennent à la famille des « psychotropes », qui sont prescrits pour le traitement des maladies psychiatriques. Ces médicaments agissent sur le psychisme et le comportement, et certains induisent en effet un phénomène de dépendance psychique et physique. C'est le cas de certains anxiolytiques dont l'arrêt brutal se traduit par des troubles organiques (maux de tête, faiblesse musculaire, tremblements, rebond de l'anxiété ou de l'insomnie, etc.).
En revanche, les antidépresseurs n'induisent aucune dépendance physique. Il peut néanmoins y avoir une certaine dépendance « psychologique » qui nécessite d'envisager, avec son médecin, un arrêt progressif du traitement.
Chez certains patients, la dépression revient de façon cyclique chaque année lorsque l'intensité et la durée de la lumière solaire diminuent. La quantité de lumière du jour à laquelle nous sommes exposés influence la production de sérotonine dans notre cerveau, une molécule qui a une influence notamment sur l'humeur. D'ailleurs, dans les pays proches du cercle polaire, avec quelques heures à peine de lumière par jour l'hiver, la dépression est plus fréquente.
Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes par la dépression. À cela, des explications d'ordre psychologique : d'après les recherches de psychiatres américains, les femmes sont plus sensibles aux problèmes de leur entourage familial. Sont aussi impliqués des facteurs hormonaux, notamment après un accouchement (dépression du post-partum) ou durant la ménopause.
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