Une nouvelle cible contre la leucémie aiguë myéloïde
05 octobre 2026


Identifiée à la surface de certaines cellules cancéreuses, la protéine CD81 pourrait constituer un biomarqueur pronostique mais aussi une nouvelle cible thérapeutique contre les leucémies aiguës myéloïdes résistantes.

Caractérisée par une production excessive de cellules immatures dans la moelle osseuse, la leucémie aiguë myéloïde (LAM) est la forme de leucémie aiguë la plus fréquente chez l’adulte. En raison d’un taux important d’échec du traitement et de rechute, elle est associée à un mauvais pronostic. En cause, la persistance d’une population particulière de cellules, appelées cellules souches* leucémiques, qui sont peu sensibles aux anticancéreux classiques et peuvent donc être à l’origine d’une rechute.
Une équipe du Centre de Recherches en Cancérologie de Lille s’est intéressée de près à la molécule CD81. Dans certains cancers, y compris les cancers du sein, les cellules tumorales ont en effet la particularité de surexprimer cette protéine à leur surface. Dans un premier temps, les chercheurs ont confirmé que la surexpression de CD81 par les cellules impliquées dans une LAM est associée à une mauvaise réponse au traitement.
Mais ils ont aussi découvert une augmentation de cette expression entre le diagnostic et la rechute : elle constituerait donc un marqueur des cellules souches leucémiques. De fait, ils ont ensuite réussi à montrer que la proportion de cellules souches leucémiques surexprimant CD81 augmente significativement entre le diagnostic et la rechute de la maladie. Ainsi, les patients présentant une proportion plus élevée de cellules souches leucémiques surexprimant CD81 au moment du diagnostic courent un risque plus important de rechute et ont une survie globale plus courte.
« Nos travaux montrent que la protéine CD81 peut être considérée comme un nouveau marqueur des cellules souches leucémiques. Comme ces cellules réussissent à échapper à la chimiothérapie, les cibler via cette protéine CD81 pourrait représenter une stratégie thérapeutique efficace, en complément des traitements déjà existants », explique Meyling Cheok, responsable de l’étude.
Cette approche a été testée avec succès in vitro et sur des modèles animaux : un anticorps anti-CD81 administré en combinaison avec une chimiothérapie a permis de réduire durablement le nombre de cellules cancéreuses, conduisant à une maladie moins agressive et à une survie prolongée. Des résultats à confirmer chez l’homme.
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