TDAH, quand attention et sommeil s’entremêlent
02 octobre 2026


En observant l’activité cérébrale d’adultes atteints de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), des chercheurs ont constaté l’intrusion d’ondes cérébrales habituellement observées pendant le sommeil. Un phénomène de « sommeil local » qui pourrait constituer une nouvelle piste thérapeutique.

Environ 2,5 % des adultes souffrent de TDAH, avec à la clé des difficultés à maintenir leur attention, des oublis fréquents et des erreurs d’inattention. Aujourd’hui encore, les mécanismes en jeu dans le cerveau sont mal connus.
En collaboration avec des chercheurs de l’Université Monash, en Australie, des scientifiques de l’Inserm à l’Institut du Cerveau (Paris) ont comparé l’activité cérébrale de 32 adultes atteints de TDAH, sous traitement médicamenteux, à celle de 31 adultes neurotypiques*, alors qu’ils réalisaient une tâche nécessitant une attention soutenue.
« Les adultes atteints de TDAH présentent une densité significativement plus élevée d’ondes lentes, habituellement observées lors du sommeil profond. Or, ces ondes ne sont pas anodines : plus leur densité est élevée, plus les participants commettent des erreurs d’inattention et présentent des temps de réaction plus lents ou plus variables », résume Thomas Andrillon, dernier auteur de l’étude.
Cette intrusion d’ondes lentes est un phénomène normal qui survient chez tout le monde. Elle signe une forme de fatigue mentale, mais elle est beaucoup plus fréquente chez les personnes atteintes de TDAH. Plus ces ondes sont denses, plus les erreurs d’inattention et les temps de réaction dégradés s’accumulent.
Ces observations laissent à penser que le TDAH pourrait être, au moins en partie, un trouble de la régulation de l’éveil et de la vigilance. Ces ondes lentes sont candidates au statut de biomarqueur diagnostique. Mieux encore, elles ouvrent une piste thérapeutique : des travaux ont démontré que, chez les personnes neurotypiques*, une stimulation auditive pendant le sommeil pouvait, en renforçant les ondes lentes nocturnes, réduire l’apparition de ces ondes lentes durant l’éveil.
« Une prochaine étape consistera à déterminer si cette approche pourrait également diminuer ces intrusions de sommeil local chez les personnes atteintes de TDAH », conclut Thomas Andrillon.
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