Un anticorps prometteur contre le cancer du pancréas
03 novembre 2026


Une seule molécule, la protéine HNF1B, serait responsable de la progression irrémédiable des maladies rénales chroniques, quelle que soit leur origine. Une nouvelle cible thérapeutique d’intérêt majeur.

Sur cette image de tissu rénal au stade de l’insuffisance terminale, on distingue une fibrose importante (en bleu) et l’atrophie des tubules rénaux (petits canaux entourés d’une paroi en violet).
En France, 5,9 millions de personnes sont atteintes de maladies rénales chroniques 1. C’est plus que le nombre de diabétiques ou de malades du cancer ! Quelle que soit la cause de cette perte progressive de la fonction rénale, hypertension, diabète ou maladie génétique, par exemple, les médecins peinent aujourd’hui à la freiner. Près de 100 000 Français doivent aujourd’hui leur survie à la dialyse, voire à une greffe de rein.
Les mécanismes biologiques impliqués dans cette progression inéluctable de la maladie malgré les traitements restent largement méconnus. Aujourd’hui, des chercheurs français pourraient bien en avoir découvert le chef d’orchestre.
Deux équipes de l’Institut Necker-Enfants malades (Paris) dirigées par Marco Pontoglio, directeur de recherche CNRS, et Fabiola Terzi, directrice de recherche Inserm et directrice de l’Institut Necker-Enfants malades, se sont intéressées de près à la protéine HNF1B (Hepatocyte Nuclear Factor 1 beta).
En effet, chez l’homme, des mutations du gène HNF1B sont à l’origine d’une maladie génétique rare, où l’on observe une insuffisance rénale chronique rapide et sévère accompagnée de fibrose 2 et d’atrophie du tissu rénal. Or, on observe le même type de lésions dans les formes les plus courantes de maladies rénales chroniques. Les chercheurs ont par ailleurs identifié tout un ensemble de gènes impliqués dans plusieurs maladies rénales et dont les fonctions sont régulées par la protéine HNF1B.
Ils ont également découvert que l’activité de HNF1B elle-même est influencée par le stress biologique caractéristique des maladies rénales chroniques !
« Nos résultats révèlent l’existence d’un véritable cercle vicieux qui explique le caractère auto-entretenu des maladies rénales : la diminution de l’activité de HNF1B favoriserait la maladie rénale et, en retour, la maladie rénale supprimerait progressivement l’activité de HNF1B, aggravant encore les lésions rénales. Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi la maladie rénale chronique a tendance à s’aggraver de façon continue, même en l’absence de nouvelle agression », résume Marco Pontoglio.
Un mécanisme commun à de nombreuses formes de la maladie, puisque la diminution de la fonction de HNF1B a été retrouvée dans plus de 900 biopsies rénales de patients atteints de maladie rénale chronique de différentes origines et à divers stades d’évolution.
« Trouver un moyen de restaurer l’activité de HNF1B pourrait permettre de ralentir, voire de modifier l’évolution de la maladie rénale chronique », conclut Fabiola Terzi.
Merci à la Fondation Durlach, sous l’égide de la FRM, pour son soutien à ce projet
Financement FRM attribué en 2020 et 2023
Pierre Isnard et al., HNF1B integrates signals in a feed-forward loop driving kidney disease progression. Science 392, eaea 3219 (2026). - Lien publication scientifique
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