Un anticorps prometteur contre le cancer du pancréas
03 novembre 2026


En neutralisant l’anomalie génétique à l’origine des formes familiales les plus fréquentes de la maladie de Charcot, il est possible de stopper la dégénérescence prématurée des neurones. De quoi envisager une nouvelle stratégie thérapeutique.

La maladie de Charcot, ou sclérose latérale amyotrophique (SLA), est caractérisée par la disparition progressive et irrémédiable des motoneurones qui conduisent l’information du système nerveux jusqu’aux muscles. Dans 10 % des cas, cette pathologie à l’issue fatale est d’origine familiale, c’est-à-dire liée à une mutation dans un gène qui se transmet d’une génération à l’autre.
En collaboration avec des scientifiques de l’Université de Harvard, des chercheurs CNRS du laboratoire Architecture et Réactivité de l’ARN (Strasbourg) se sont intéressés à l’anomalie génétique à l’origine de près de la moitié des formes familiales de la maladie de Charcot, mais aussi aux formes familiales d’une autre pathologie neurodégénérative, la démence fronto-temporale 1.
À l’origine des formes héréditaires les plus fréquentes de ces deux maladies neurodégénératives, un défaut au niveau du gène C9ORF72.
« Ce gène contient des séquences qui sont anormalement répétées et qui portent une information génétique erronée. La traduction 2 de ce défaut génétique conduit à la fabrication de protéines aberrantes, car elles ne devraient pas exister, et neurotoxiques », explique Franck Martin, co-auteur de cette étude.
Les chercheurs ont alors utilisé la technologie CrispR-Cas9, dite des ciseaux moléculaires, pour neutraliser l’anomalie génétique à l’origine de la production de ces protéines neurotoxiques. Sur des cellules de patients atteints de la maladie de Charcot cultivées in vitro et sur des modèles murins, cela a permis d’enrayer complètement la dégénérescence des neurones !
« Nos recherches ouvrent donc de nouvelles pistes de recherche pour la mise au point de traitements thérapeutiques ciblant la synthèse de protéines neurotoxiques chez les patients atteints de certaines formes héréditaires de sclérose latérale amyotrophique et de démence fronto-temporale », déclare Franck Martin.
Financement FRM accordé en 2019 et 2023
Xin Jiang et al., Blocking RAN translation without altering repeat RNAs rescues C9ORF72-related ALS and FTD phenotypes. Science 391, eadv 2600 (2026). Lien publication scientifique
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