Métabolisme : s’attaquer à la fibrose provoquée par l’obésité
05 mars 2026


En ciblant le phénomène de rigidification du tissu adipeux qui survient dans le contexte de l’obésité, il serait possible de réduire les complications telles que l’insulinorésistance et le diabète de type 2. Une combinaison de deux médicaments déjà existants devrait bientôt être testée chez l’homme.

Situé en profondeur dans l’abdomen, tout autour des organes, le tissu adipeux viscéral joue un rôle essentiel dans le contrôle de la balance énergétique de l’organisme. Chez les personnes en situation d’obésité, ce tissu est hyper développé et il devient aussi plus rigide et fibreux. Or cette fibrose altère son fonctionnement normal. Avec pour conséquence un plus grand risque de développer des complications métaboliques telles que l’insulinorésistance 1 et le diabète de type 2.
Au sein de l’unité Inserm 1269 (Sorbonne Université, Inserm, AP-HP) l’équipe « Nutrition et obésités : approches systémiques » vient d’identifier une combinaison de médicaments permettant de contrer cette fibrose et de restaurer le fonctionnement normal du tissu adipeux viscéral chez des modèles animaux.
Dans un premier temps, les chercheurs ont observé que l’abondance de certaines cellules dans le tissu adipeux viscéral de personnes obèses est associée à un risque accru de fibrose, d’altération du contrôle de la glycémie et une incidence plus importante du diabète de type 2. Il s’agit précisément de cellules non adipeuses appelées progéniteurs CD9+. Ils ont aussi constaté que, chez des patients en situation d’obésité sévère, l’augmentation d’abondance de ces progéniteurs CD9+ avant une chirurgie bariatrique (visant à perdre du poids) est associée à une moins bonne amélioration des paramètres métaboliques un an après l’opération.
Les chercheurs ont ensuite identifié différentes voies de signalisation moléculaires qui sont activées dans ces cellules, et testé différentes molécules capables de les inhiber. Parmi eux, deux médicaments qui sont déjà utilisés pour d’autres pathologies : le nintédanib (anti-fibrosant) et le célécoxib (anti-inflammatoire). Dans le cadre d’une étude préclinique, ces médicaments ont été administrés à des souris modèles pour l’obésité.
Résultats : une réduction significative de la fibrose adipeuse et une amélioration de la santé métabolique des rongeurs. Les chercheurs espèrent confirmer rapidement ces résultats chez l’homme.
Source : Cell Reports Medicine, 15 juillet 2025
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