Impact des polluants chimiques sur la santé : la science apporte de nouvelles réponses
01 juin 2026


Céline Vallot est directrice de recherche au CNRS, responsable de l’équipe « Dynamique de la plasticité épigénétique dans le cancer » à l’Institut Curie à Paris. Elle étudie la diversité des cellules tumorales dans le cancer du sein triple négatif, une forme particulièrement agressive. Elle utilise des technologies de pointe qui permettent d’analyser chaque cellule individuellement. Ces travaux novateurs lui ont valu, en 2025, le Prix Maylis de la Fondation pour la Recherche Médicale.

Des maths-physique à la biologie, de la recherche fondamentale aux applications cliniques, Céline Vallot aime à s’affranchir des lignes. Ingénieure polytechnicienne de formation, elle avoue avoir été séduite par la biologie quand elle a compris que les sciences pouvaient contribuer à éclairer la complexité du vivant : « Et le cancer, avec la grande hétérogénéité des cellules tumorales et des processus en jeu, est un exemple fascinant de complexité ! commente-t-elle. Pour l’appréhender, la pluridisciplinarité y est particulièrement pertinente. C’est à cette intersection que je me sens à ma place. Mesurer, quantifier l’infiniment petit en concevant des méthodes et des techniques basées sur la physique, la modélisation, la gestion de données de masse me passionne. »
En rejoignant l’Institut Curie, elle réalise un rêve : « Fonder mon équipe dans l’institution créée par une physicienne comme Marie Curie, et collaborer avec l’Institut Pierre-Gilles de Gennes, autre Prix Nobel tellement inspirant, faisait sens. » Son défi ? « Adapter nos biotechnologies aux échantillons de patients pour caractériser les tumeurs sous toutes les coutures et mieux comprendre la résistance aux traitements. »
En 2020, elle cofonde la start-up One Biosciences, dont elle est la directrice scientifique, et qui vise à apporter ses innovations au lit du patient ; en particulier, le développement d’un test diagnostique rapide pour proposer un traitement sur mesure, « pour aller jusqu’en clinique et faire le dernier kilomètre qu’on ne fait pas au labo », résume-t-elle.
Céline Vallot a reçu le Prix Maylis attribué par la Fondation pour la Recherche Médicale. « J’ai été touchée par l’obtention de ce prix, une reconnaissance de l’impact de nos travaux de recherche. Ce type de soutien est essentiel car il permet de financer des talents au profil particulier et d’être réactifs sur des projets très compétitifs. »
Pour évacuer la pression, elle a ses recettes : la natation, à raison de 2 à 3 km par semaine, les activités créatives et les congés, « indispensables et salvateurs ! ». Passionnée de vin, ses vacances sont souvent organisées autour de la découverte d’un vignoble en famille ou entre amis. De quoi, ensuite, revenir sereine à son objectif : mettre les sciences de l’ingénieur au service de la santé.
Céline Vallot étudie comment des changements réversibles de la structure de l’ADN, appelés modifications ou marques épigénétiques, influencent l’adaptation et l’évolution des cellules cancéreuses, en particulier au tout début de la formation des tumeurs et au cours des traitements. Son équipe a notamment découvert dans le cancer du sein triple négatif – un type de cancer du sein très agressif – qu’une modification spécifique de l’ADN, appelée H3K27me3, déterminait la sensibilité à la chimiothérapie : la perte de cette marque épigénétique dans la tumeur entraîne la résistance au traitement. En empêchant cette perte grâce à un médicament, combiné à la chimiothérapie, les scientifiques sont parvenus à renforcer l’efficacité du traitement et à retarder la rechute du cancer dans un modèle animal. Un premier pas vers une piste potentielle pour améliorer le pronostic des patientes.
En parallèle, l’équipe de Céline Vallot tente de comprendre comment les cellules se transforment dans les premières étapes de formation des cancers du sein. Ces travaux fondamentaux pourraient ouvrir d’autres perspectives thérapeutiques innovantes dans ce cancer, aujourd’hui le premier cancer féminin.
Chaque année, et grâce à la générosité de donateurs, la Fondation pour la Recherche Médicale distingue des chercheurs d'exception reconnus pour leurs travaux innovants et prometteurs. Une occasion unique, pour la FRM, de mettre en lumière des scientifiques d'exception qui, en vouant leur vie à la recherche, ouvrent la voie aux thérapies de demain.
Cette année, Céline Vallot est lauréate du Prix Maylis. Ce Prix, d’un montant de 40 000 €, a été créé par Sandrine et Bernard Loth. Il est destiné à soutenir des travaux de recherche biomédicale sur le cancer du sein.
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