Microbiologie : retourner les armes de la tuberculose contre elle-même

21 août 2026

Pour contrôler sa croissance, la bactérie responsable de la tuberculose produit des substances toxiques contre elle-même, et les antidotes correspondants. Comprendre le fonctionnement de ces substances pourrait fournir de nouvelles pistes thérapeutiques.

La bactérie Mycobacterium tuberculosis, responsable de la tuberculose, est l’agent infectieux qui à lui seul cause le plus grand nombre de décès dans le monde : 1,23 million en 2024. Elle peut aussi persister dans l’organisme sous une forme dormante résistant aux médicaments actuels, on parle alors de « tuberculose latente ». Sa résistance grandissante aux antibiotiques pose d’ailleurs une vraie crise de santé publique. Il est donc devenu urgent de trouver des alternatives thérapeutiques.

Des systèmes toxines-antitoxines

M. tuberculosis produit naturellement un grand nombre de substances toxiques pour elle-même, mais aussi les molécules antidotes ! Ce sont plus de 90 associations de toxines-antitoxines qui lui permettent de contrôler sa croissance et de s’adapter aux différents environnements rencontrés dans les organismes qu’elle infecte. En conditions normales, l’antitoxine neutralise l’action de la toxine, et la bactérie se multiplie. Mais en situation de stress, cela ne fonctionne plus : les différentes toxines deviennent actives et perturbent des processus indispensables à la survie de la bactérie, entraînant l’arrêt de sa multiplication, voire sa mort.

Les toxines ReIE comme nouvelle piste thérapeutique contre la tuberculose

Une équipe de recherche du Centre de Biologie Intégrative (CNRS, université de Toulouse), dirigée par Pierre Genevaux, s’est intéressée à une famille particulière de toxines. Les chercheurs ont décrypté le mécanisme par lequel elles s’attaquent à la machinerie cellulaire, et perturbent la fabrication des protéines, un processus vital pour la survie de la bactérie.

Cela ouvre des perspectives thérapeutiques prometteuses : stimuler l’activité de ces toxines, en entraînant la mort des bactéries, pourrait constituer une stratégie de lutte contre la tuberculose, dans un contexte où de plus en plus de souches sont résistantes aux antibiotiques.

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Source : Xue Han et al., “Ribonuclease toxin RelE1 inhibits growth of Mycobacterium tuberculosis through specific cleavage of the ribosomal anti-Shine–Dalgarno region”, Nucleic Acids Research, Volume 53, Issue 21, 26 November 2025, gkaf1070 - Lien DOI

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