Maladie thromboembolique veineuse : prédire le risque de récidive
15 janvier 2026


Une combinaison de marqueurs moléculaires permet de prédire le risque de récidive d’une thrombose veineuse profonde ou d’une embolie pulmonaire selon le sexe. De quoi envisager une meilleure prise en charge des malades, et plus grande personnalisation de la prévention des récidives.

La phlébite, ou thrombose veineuse profonde, se caractérise par la présence d’un caillot sanguin qui bloque la circulation sanguine dans une veine d’un membre. C’est un incident cardiovasculaire important qui, si le caillot migre jusqu’à une artère pulmonaire, peut conduire à une embolie pulmonaire, avec un risque majeur de décès. Chaque année en France, 50 000 à 100 000 phlébites profondes et 40 000 embolies pulmonaires seraient diagnostiquées, avec un taux de récidive à 5 ans avoisinant les 20 %. Or, pour l’instant, la prévention des récidives est la même pour tous : la prise d’anticoagulants, avec comme effet secondaire une augmentation du risque d’hémorragies.
Pour optimiser cette prise en charge, et la personnaliser en fonction des risques, l’équipe du Centre de recherche Bordeaux Population Health dirigée par David-Alexandre Trégouët s’est lancée à la recherche de biomarqueurs permettant de prédire le risque de récidive. Pour cela, les chercheurs ont réalisé une étude pangénomique à partir des données de huit cohortes de patients d’origine européenne, soit 6 355 personnes atteintes de maladie thromboembolique veineuse parmi lesquelles 1 775 ont été victimes d’un second événement vasculaire Une étude pangénomique s’intéresse aux gènes, à leurs variations de séquence mais aussi à leur niveau d’expression et aux protéines produites par ces gènes. Résultats : 28 marqueurs génétiques distincts de la maladie thromboembolique veineuse ont été identifiés, dont 22 sont bien spécifiques à la récidive.
Certains de ces marqueurs ne sont pas les mêmes pour les hommes et pour les femmes, et diffèrent aussi en fonction des caractéristiques et des circonstances du premier événement thromboembolique (phlébite ou embolie, lié à une immobilisation prolongée, la prise d’hormones contraceptives ou sans facteurs déclenchants). « Ces résultats marquent une avancée majeure dans la compréhension des mécanismes biologiques impliqués dans la récidive. Ils permettent en outre d’entrevoir une estimation plus fine du risque individuel de récidive, et pourront contribuer, à terme, à une meilleure prise en charge du patient vers un parcours de soin personnalisé », résume David-Alexandre Trégouët, dernier auteur de cette étude.
Source : Blood, 14 août 2025
Gaëlle Munsch et al., Molecular Determinants of Thrombosis Recurrence Risk Across Venous Thromboembolism Subtypes. Blood 2025; blood.2024027879 (14 août 2025). https://doi.org/10.1182/blood.2024027879
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