Neurologie : des risques neurologiques liés aux nanoparticules de polystyrène

19 janvier 2026

Une exposition prolongée aux nanoparticules de polystyrène, in utero puis tout au long de la vie, pourrait augmenter le risque de troubles neurodéveloppementaux et de vieillissement cérébral.

Elles sont partout. Dans notre environnement, l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les aliments que nous ingérons, dans notre sang, notre cerveau, et même le placenta et le lait maternel… Elles, ce sont les nanoparticules de plastique qui résultent des activités humaines. Des études commencent à dénoncer leur rôle dans certaines pathologies. Elles contribueraient par exemple à entretenir un contexte inflammatoire à bas bruit dans l’organisme, et ce faisant, favoriseraient les maladies cardiovasculaires.

Polystyrène et cerveau

Une équipe de l’Institut des Neurosciences de Montpellier s’est intéressée plus particulièrement aux nanoparticules de polystyrène, qui entrent dans la composition de nombreux objets en plastique de la vie courante. En pratique, les chercheurs ont ajouté des nanoparticules de polystyrène à l’eau de boisson de souris femelles pour atteindre un niveau d’exposition équivalent à celui retrouvé chez l’être humain (10 µg/kg de poids corporel et par jour), avant et pendant leur gestation, puis durant toute la vie de leur descendance.

Comparés à des animaux témoins, les rongeurs exposés ont présenté plus de difficultés d’apprentissage et de comportements à risque, se rapprochant ainsi de souris génétiquement modifiées pour développer un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Par ailleurs, chez les animaux plus âgés, les scientifiques ont constaté un vieillissement cérébral précoce et un risque plus important d‘épilepsie. « La présence de ces nanoparticules dans le cerveau pourrait altérer les neurones et les transmissions d’information d’une cellule nerveuse à l’autre, ou encore modifier des voies métaboliques, induisant des anomalies fonctionnelles et un vieillissement prématuré », suggère Véronique Perrier qui a dirigé ces travaux.

Principe de précaution

Pour l’instant, rien ne permet d’extrapoler ces résultats préliminaires à l’homme, d’autant que les souris pourraient être plus sensibles que nous à cette exposition. Mais, « à titre préventif, il serait utile de réduire les expositions aux plastiques, non seulement des futures mères et des nourrissons, mais aussi de tous et tout au long de la vie. Il existe des réglementations et des seuils concernant les métaux lourds ou les pesticides. Mais pour les plastiques, rien de tel à ce jour », rappelle Julie Le Merrer, chercheuse au laboratoire IBraiN de Tours et co-autrice de l’étude.

Source : Journal of Hazardous Materials, 16 mai 2025

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