Vieillissement : les cellules de la peau, sentinelles du bien-vieillir
05 mars 2026


Certaines cellules de la peau, appelées fibroblastes, renferment des marqueurs biologiques qui permettraient de détecter et anticiper la capacité de l’organisme à faire face au vieillissement en mauvaise santé.

Le vieillissement en santé de la population est un enjeu majeur de santé publique. Et pour les chercheurs, l’âge chronologique est souvent l’un des marqueurs de référence. Or nous ne vieillissons pas tous de la même façon ni la même vitesse … Pour appréhender les choses différemment, un consortium national et international, dirigé par Isabelle Ader, chercheuse à l’Inserm au laboratoire RESTORE (Toulouse), a donc eu l’idée de s’intéresser au vieillissement cellulaire, en étudiant plus particulièrement les fibroblastes de la peau et leur capacité à faire face à différents stress.
Les fibroblastes sont présents dans tous les tissus de l’organisme. Ces cellules assurent notamment un rôle de soutien pour les autres cellules. On les retrouve d’ailleurs en grand nombre dans la peau, où elles sont faciles d’accès par une simple biopsie cutanée. Elles sont aussi impliquées dans les mécanismes de cicatrisation et régénération tissulaire, ainsi que dans l’immunité. Les chercheurs ont recueilli des fibroblastes auprès de 133 femmes et hommes âgés de 20 à 96 ans - issus de la cohorte INSPIRE-T, présentant des profils de santé variés. Ces cellules ont ensuite été exposées à différents types de stress reproduisant, par exemple, les effets d’une infection ou d’un traitement anticancéreux. Ils ont alors étudié leurs capacités à réagir, au travers de leurs trois grandes fonctions : structurelle, métabolique et immunitaire.
Indépendamment de l’âge des personnes, les chercheurs ont constaté que les fibroblastes issus de personnes avec un état de santé dégradé présentaient une capacité réduite à faire face aux stress. Plus précisément, leurs mitochondries – les centrales énergétiques des cellules – étaient moins fonctionnelles, et les cellules secrétaient moins de périostine, la protéine qui constitue la matrice extracellulaire. « Ces deux marqueurs biologiques, liés à la fonctionnalité métabolique et structurelle des fibroblastes et indépendants de l’âge chronologique ou du sexe, apparaissent comme des indicateurs de la santé fonctionnelle d’un individu, indique Isabelle Ader. En cela, ils reflètent ce que l’on pourrait qualifier d’une “ mémoire de santé ” au niveau cellulaire et présentent un potentiel intéressant pour la détection précoce de la fragilité et de la mauvaise santé avant tout signe clinique. » Autrement dit, des signaux faibles issus du fonctionnement de certaines cellules de la peau pourraient être utilisés comme indicateurs de fragilité d’un individu, indépendamment de son âge, et permettre des stratégies ciblées de prévention du vieillissement.
Source : Aging Cell, 1er juillet 2025
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