Intestin, cerveau et plaisir alimentaire : quand le nerf vague influence nos comportements
08 avril 2026


08 avril 2026
Dans sa chronique du 6 avril dans « Grand Bien Vous Fasse ! » sur France Inter, Thierry Lhermitte, parrain de la Fondation pour la Recherche Médicale, revient sur des travaux de recherche qui éclairent les liens étroits entre intestin, cerveau et comportements alimentaires.
À l’unité de Biologie Fonctionnelle et Adaptative de l’Université Paris Cité, à Paris, il est allé à la rencontre de l’équipe de Serge Luquet. Soutenue à plusieurs reprises par la FRM, elle explore le rôle du nerf vague dans la régulation du plaisir, de la motivation et des comportements compulsifs. De nouvelles pistes pour mieux comprendre les troubles du comportement alimentaire et les addictions, et ouvrir la voie à de futures stratégies thérapeutiques.

Pourquoi avons-nous parfois du mal à résister à certains aliments ? Et comment se construit, dans notre organisme, le lien entre plaisir, récompense et prise alimentaire ? Ces questions sont au cœur des recherches menées à l’unité de Biologie Fonctionnelle et Adaptative de l’Université Paris Cité. Dirigée par Serge Luquet, directeur de recherche au CNRS, l’équipe s’intéresse aux mécanismes cérébraux et physiologiques qui régulent notre comportement alimentaire et notre rapport au plaisir. Dernièrement c’est une doctorante de l'équipe, Oriane Onimus qui a été financée par la Fondation. Ses travaux, réalisés sous la direction de Giuseppe Gangarossa, Professeur des Universités, viennent de faire l’objet d’une très belle publication scientifique.
Longtemps, la recherche s’est concentrée sur le rôle du cerveau. On pensait que les comportements liés au plaisir et à la motivation, par exemple l’appétence pour le chocolat, la consommation de drogues comme la cocaïne, ou encore la pratique d’une activité physique, faisaient intervenir le « circuit de la récompense » : ils provoquaient une libération dans le cerveau de dopamine, cette fameuse molécule de la récompense, aussi appelée « molécule du plaisir ».
Mais les travaux récents de cette équipe mettent en lumière un acteur essentiel : le nerf vague. Le nerf vague qui, quand il est trop stimulé, fait faire le fameux malaise vagal. Il innerve le cerveau et tous les organes, dans un sens et dans l’autre : une voie « descend » du cerveau vers les organes pour réguler le rythme cardiaque, le rythme pulmonaire, les contractions de l’intestin, etc. ; une voie « remonte » en retour les informations des organes vers le cerveau, qui peut réajuster ses signaux.
L'équipe a pu alors démontrer que la communication entre l’intestin et le cerveau, via le nerf vague, jouait un rôle essentiel pour moduler le système de récompense qui passe par la libération de dopamine dans le cerveau. En perturbant la communication entre l’intestin et le cerveau, les scientifiques ont observé une diminution de la recherche de récompense, qu’il s’agisse de nourriture, d’activité physique ou de substances addictives.
Ces découvertes ouvrent des perspectives prometteuses : en ciblant le nerf vague, plus accessible que le cerveau, il pourrait devenir possible de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour lutter contre les troubles du comportement alimentaire et les addictions.
Ces travaux, soutenus à plusieurs reprises par la Fondation pour la Recherche Médicale, illustrent l’importance de comprendre le fonctionnement global de notre organisme pour mieux prévenir et soigner les maladies. En accompagnant notamment le financement de jeunes chercheurs, la FRM contribue à faire émerger des avancées scientifiques essentielles pour la santé de demain.
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