Hantavirus : symptômes, transmission et traitement… Que sait-on ?
13 mai 2026


Les hantavirus sont des virus principalement transmis à l’homme par des animaux tels que les rongeurs. La transmission entre humains est rare mais possible pour certaines souches, notamment la souche Andes.
Ces virus peuvent provoquer des symptômes allant d’une grippe bénigne à des atteintes graves des vaisseaux sanguins, avec des formes sévères pouvant affecter les reins ou les poumons.
Focus sur un groupe de virus pour lesquels la recherche reste active.

Les hantavirus sont un groupe de virus dont 38 souches sont connues, qui circulent majoritairement en Asie, Europe et Amérique. Pour près de 20 de ces souches, une transmission à l’homme est possible par voie zoonotique, c’est-à-dire que le virus est transmis par un animal. Les animaux responsables de ces transmissions peuvent être des rongeurs sauvages, des chauves-souris, des poissons et des reptiles… Si le virus peut se transmettre par contact direct, telle qu’une morsure, l’infection se fait le plus souvent suite à l’inhalation de poussières contaminées par des excréments ou l’urine d’animaux porteurs.
La transmission entre êtres humains a été identifiée pour une seule de ces souches : la souche Andes. C’est elle qui a fait l’objet d’une alerte de l’OMS le 3 mai 2026, pour un possible foyer d’infection sur un bateau de croisière. La contamination interhumaine par cette souche a été observée pour la première fois en 1996 en Argentine, et est présente de façon stable dans ce pays depuis, sans que cela ne provoque une augmentation significative des cas.
Trois souches d’hantavirus zoonotiques sont présentes en France métropolitaine : les souches nommées Puumala, Séoul et Tula. Elles circulent essentiellement dans le quart nord-est du pays, et on estime qu’il y a environ 100 cas de fièvre hémorragique liée à ces virus par an. Ces infections sont essentiellement dues à des transmissions par des campagnols.
Quelle que soit la souche, les premiers symptômes sont généralement de types grippaux (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires…). Ceux-ci peuvent être les seuls symptômes observés, auquel cas l’infection est généralement bénigne. Ils débutent généralement après une période d’incubation qui dure deux semaines en moyenne, mais peut aller jusqu’à six semaines.
Pour les formes les plus sévères, les hantavirus peuvent provoquer une atteinte des vaisseaux sanguins, qui deviennent anormalement perméables. D’autres symptômes peuvent alors apparaitre :
Lorsque le virus se transmet entre êtres humains, cela se fait généralement au tout début de la maladie, au moment de l’apparition des premiers symptômes.
Il n’existe aujourd’hui quasiment aucun vaccin contre les hantavirus
Seul un vaccin qui cible deux souches spécifiques, Hantaan et Séoul, sont autorisés uniquement en Chine et Corée du Sud. Leur efficacité est modérée.
La prévention passe avant tout par des mesures telles que le port de masque dans les situations à risque : par exemple, manipulation de bois ou nettoyage de locaux longtemps inoccupés dans des zones concernées par ces virus, notamment aux abords des forêts.
Le **diagnostic **de l’infection se fait par test PCR, une méthode qui permet de mettre en évidence le matériel génétique viral, ou par test sérologique, c’est-à-dire une analyse sanguine pour détecter la présence d’anticorps produits par l’organisme en réponse au virus.
Une fois la maladie diagnostiquée, les traitements sont avant tout symptomatiques. Certaines molécules antivirales, comme la Ribavine ou le Favipiravir, pourraient être efficaces, mais cela doit être confirmé par des études de grande ampleur.
Les chercheurs étudient d’autres approches, telles que l’immunothérapie, qui consiste à stimuler le système immunitaire pour l’aider à combattre le virus, ou les ARN interférents, des petites molécules qui pourraient permettre d’empêcher la multiplication des virus. En parallèle, les vaccins contre les hantavirus font également l’objet de nombreuses recherches, avec des approches vaccinales variées à l’étude.