Sommeil : Comment l’insomnie devient-elle une maladie chronique ?

03 mars 2026

Marina Carrère d'Encausse, médecin, journaliste et marraine de la Fondation pour la Recherche Médicale, répond à vos questions de santé.

L’insomnie se définit médicalement par l’existence d’au moins un des troubles suivants : difficultés d’endormissement ou de maintien du sommeil, réveil trop précoce, temps de sommeil nocturne inférieur à 6 heures.

Ces troubles ont des répercussions sur l’activité diurne (fatigue, irritabilité, difficultés professionnelles ou scolaires …) et doivent survenir au moins trois fois par semaine et depuis au moins trois mois, alors que le contexte est propice au sommeil. Comment expliquer la bascule d’un trouble du sommeil passager, lié à un événement de vie par exemple, à une insomnie chronique ? Pierre-Alexis Geoffroy, responsable du Centre ChronoS (Psychiatrie, Chronobiologie et Sommeil) du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences s’appuie sur le modèle dit des « 3 P » : prédisposition, précipitation et pérennisation. « Nous savons qu’il existe une vulnérabilité génétique ou prédisposition. L’héritabilité, donc la part de la maladie liée aux gènes, est déterminante à hauteur de 40 %. Sur ce terrain à risque, il peut y avoir des précipitations, liées à un trauma, à une infection, à une dépression ou à d’autres formes de stress, aussi physiques que psychiques. Par la suite, la maladie a des chances de s’installer, avec des facteurs pérennisants, comme une anxiété, des émotions et des comportements dysfonctionnels liés au sommeil », explique-t-il. De fait, « c’est une maladie à part entière, et pas seulement une maladie de la nuit, mais bien des 24 h ! »

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