Mis à jour le 20 novembre 2020

Endométriose : un impact possible des hormones thyroïdiennes

  • L’endométriose est une pathologie gynécologique fréquente qui peut avoir des retentissements importants sur la qualité de vie des patientes.

  • Les chercheurs s’intéressent aux facteurs qui pourraient influencer le développement de la maladie.

  • Ils ont montré au cours d’une étude l’impact possible des hormones thyroïdiennes dans certains cas d’endométriose.

Cette découverte a été réalisée par plusieurs équipes de recherche, avec le concours de Pietro Santulli qui a effectué un Master 2 en 2009 sous la direction de Micheline Misrahi à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre.

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Somme accordée à de Pietro Santulli en 2009 et qui a contribué à l’obtention de ce résultat.

Une maladie fréquente qui altère la qualité de vie

L’endométriose est une maladie qui toucherait 10 % des femmes dans le monde selon l’Inserm. Cette pathologie résulte de la migration des cellules de l’endomètre, les cellules de la paroi de l’utérus, hors de leur lieu d’origine vers les organes génitaux (ovaires…) ou encore plus à distance vers les organes digestifs par exemple (côlon…).

L’endométriose, par les douleurs et l’infertilité qui en résultent, peut sévèrement affecter la qualité de vie. Le traitement de la maladie repose sur les thérapies hormonales pour limiter les douleurs et, dans certains cas, sur la chirurgie en vue de retirer les cellules mal localisées. Les chercheurs explorent actuellement les facteurs qui influencent le développement et la sévérité de la maladie en vue d’en améliorer la prise en charge.  Ils ont récemment identifié des liens possibles entre les troubles thyroïdiens et l’endométriose.

Zoom sur les hormones thyroïdiennes

De précédentes études avaient montré qu’une autoimmunité thyroïdienne était associée dans certains cas à l’endométriose. L’autoimmunité thyroïdienne est une réaction immunitaire anormale dirigée contre la thyroïde comme c’est le cas dans la maladie de Basedow ou la thyroïdite d’Hashimoto. Les chercheurs ont donc souhaité caractériser les mécanismes physiopathologiques qui régissent cette association. Ils se sont penchés sur l’action d’hormones produites par la thryroïde, la triiodothyronine (T3) et la thyroxine (T4). Les hormones T3 et T4 sont en effet produites en très grande quantité chez les personnes qui présentent des phénomènes autoimmuns dirigés contre la thyroïde.

Un impact sur les cellules de l’endomètre
Leurs études ont été menées in vitro sur des cellules de l’endomètre de la région de l’utérus et des cellules migratoires, et in vivo au sein de modèles animaux. Des tests ont également été réalisés chez des patientes, non malades, atteintes d’endométriose et présentant ou non une autoimmunité dirigée contre la thyroïde. Les équipes ont montré que les hormones T3 et T4 stimulaient la multiplication des cellules de l’endomètre hors de la muqueuse utérine. Ce résultat a été confirmé chez les souris dont le taux d’hormones thyroïdiennes était élevé.


Les chercheurs ont ensuite démontré que les patientes à la fois touchées par une endométriose et une autoimmunité thyroïdienne souffrent de douleurs chroniques au niveau du pelvis plus importantes que les patientes atteintes d’endométriose sans trouble de la thyroïde.


Cette publication montre donc des liens physiopathologiques possibles entre endométriose et atteintes autoimmunitaires de la thyroïde chez les patientes. Des informations qui pourraient s’avérer pertinentes dans le cadre d’un suivi de la maladie.


Source : Peyneau M et al. Role of thyroid dysimmunity and thyroid hormones in endometriosis. Proc Natl Acad Sci USA 2019 ; 116(24) : 11894-99.

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