Mis à jour le 3 février 2022

Peut-on surveiller soi-même sa santé grâce aux objets connectés ?

Il existe aujourd’hui une multitude d’objets connectés et d’applications mobiles pour suivre son activité physique, son sommeil, son alimentation, sa tension artérielle, sa glycémie ou encore son poids. Mais il n’est pas toujours évident pour le grand public de distinguer ce qui est vraiment utile et fiable de ce qui ne l’est pas.

Points de vue de deux experts.

Dr Boris Hansel


Médecin dans le service d'endocrinologie de l'hôpital Bichat (AP-HP, Paris), spécialiste du diabète et directeur de la chaine santé grand public de l'Université de Paris « PuMS, l'émission de santé » sur Youtube.

NON

Il est très important de prendre conscience qu’aujourd’hui aucune des approches de e-santé grand public ne remplace un dépistage réalisé par un médecin. Aucun objet connecté ou appli n’est capable de déceler un cancer ou une maladie cardiovasculaire avant les premiers symptômes, par exemple. Par ailleurs, pour une personne en bonne santé, il n’existe que très peu d’objets ou d’applis qui aient réellement démontré un intérêt pour la santé. C’est le cas des trackers d’activité physique - comme le podomètre d’un smartphone ou d’une montre connectée -, qui ont un impact positif sur le fait d’avoir une activité physique régulière, et des brosses à dents connectées, qui diminuent le risque de maladie parodontale. À côté de cela, il existe une profusion d’objets connectés ou d’applis qui permettent de surveiller son sommeil, sa nutrition ou ses cycles hormonaux ! Et même s’ils n’ont pas apporté la preuve de leur intérêt médical, on ne peut empêcher les gens de les utiliser. Il est très difficile de lutter contre l’hypersurveillance. On peut juste recommander aux personnes intéressées de bien en discuter avec leur médecin, et de se demander si ces gadgets leur permettent réellement de se sentir bien. Il est aussi indispensable que les professionnels de santé s’intéressent et se forment à la e-santé, pour pouvoir répondre aux demandes de leurs patients qui, bien souvent, en savent plus qu’eux sur ce sujet. C’est pour cette raison, mais aussi pour mettre au point des outils scientifiquement éprouvés, que nous avons mis sur pied il y a quatre ans un diplôme universitaire d’enseignement pratique et pluridisciplinaire de la santé connectée à l’Université de Paris.

Dr Nicolas Postel-Vinay


Médecin dans l’unité d’hypertension artérielle de l’hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP, Paris), spécialiste de l’automesure tensionnelle et directeur du site www.automesure.com.

OUI, MAIS...

Avant tout, il faut bien distinguer les objets connectés et applis, qui sont en quelque sorte des gadgets du quotidien, dépourvus d’évaluation scientifique, de ceux qui ont fait l’objet d’un développement par des médecins, et dont la fiabilité et surtout l’intérêt pour la santé ont été prouvés cliniquement. Ceux-là sont assez rares finalement. Surtout, il est très difficile de les identifier car il n’existe aucun registre ou certification officielle. Ces objets connectés et applis validés par des études servent avant tout pour la surveillance de maladies chroniques, telles que le diabète, l’hypertension artérielle ou l’insuffisance cardiaque. Ils permettent notamment d’accompagner au quotidien les malades, qui peuvent partager des informations avec leur médecin. Cette approche peut aussi être très intéressante pour la surveillance de situations à risque, par exemple une balance connectée pour le suivi à domicile d’enfants nés prématurément. Ce qui est important à retenir, c’est que le choix d’une appli ou d’un objet connecté doit toujours se faire en fonction de la personne, du contexte et de ses besoins de santé, et en concertation avec un professionnel de santé. Par ailleurs, pour ce qui est des outils de e-santé grand public, il faut être très vigilant quant à la sécurité des données. Et encore mieux, vérifier avec qui elles peuvent éventuellement être partagées.

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