L’acrosome du spermatozoïde : une région clé pour la fertilité




22 septembre 2026
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Daniel Vaiman dirige l’équipe de recherche « Des gamètes à la naissance : génomique, épigénétique et physiopathologie de la reproduction », rattachée à l’Inserm, au CNRS et à l’Institut Cochin, à Paris.
Financement FRM reçu dans le cadre de l’Appel à Projets « Fertilité et reproduction 2025 ».
Alors que l'impact de l'obésité maternelle est bien documenté, son influence côté paternel sur la fertilité, la grossesse et la santé de l'enfant reste largement méconnue.
L'équipe de Daniel Vaiman combine épigénétique, transcriptomique et protéomique pour analyser spermatozoïdes et placenta chez des souris soumises à un régime obésogène.
Grâce à des modèles génétiques de grossesses à risque, les chercheurs veulent comprendre comment l'obésité paternelle aggrave les complications materno-fœtales et leurs conséquences à long terme.
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Partout dans le monde, l'obésité croît de manière alarmante. Des chercheurs ont montré qu’avant la conception, le surpoids ou l’obésité chez l'un ou les deux parents est associé à un risque accru de mortalité périnatale et de malformations congénitales. Les complications materno-néonatales (pré-éclampsie, un trouble hypertensif grave survenant pendant la grossesse, petit poids de naissance) et certaines maladies infantiles sont aussi plus fréquentes. Si les effets de l’obésité maternelle ont été largement étudiés, l’influence paternelle sur la santé reproductive et familiale reste encore mal connue. Des études récentes ont pourtant établi un lien entre l'obésité paternelle, les issues de grossesse défavorables et les effets délétères à long terme sur la santé de la descendance.
Ce projet vise à comprendre comment l'obésité du père peut affecter la grossesse et la santé des mères et de leurs bébés. Plus précisément, les chercheurs souhaitent évaluer les effets de l'obésité paternelle sur les spermatozoïdes (et donc la fertilité masculine), le déroulement de la grossesse (notamment la présence de complications telles que la pré-éclampsie, le retard de croissance intra-utérin ou la mortinatalité), la santé périnatale et la santé maternelle à long terme.
Pour ce faire, l’équipe de Daniel Vaiman utilisera une approche combinant l’épigénétique (c’est-à-dire l’étude de l’épigénome, l’ensemble des modifications de la structure et de la chimie de l’ADN induisant via l’environnement des altérations de l’expression des gènes), la transcriptomique (l’analyse de l’expression de l'ensemble des gènes exprimés dans les cellules), et la protéomique (l’analyse de l'ensemble des protéines présentes, le protéome), dans les cellules reproductrices mâles et dans le placenta.
Ils suivront des souris mâles (porteurs ou non d’un gène induisant un risque accru de prééclampsie chez les femelles avec lesquelles ils seront accouplés), alimentées soit par un régime occidental obésogène, soit par un régime témoin. La proportion d'ovocytes fécondés sera mesurée le lendemain de l'accouplement afin d'évaluer la fertilité masculine, en même temps que les paramètres épigénétiques et transcriptomiques du sperme. Le développement embryonnaire préimplantatoire sera également suivi. En parallèle, les scientifiques étudieront les métabolites présents ainsi que l'épigénome des spermatozoïdes de chaque groupe de mâles.
Les chercheurs ont créé des modèles génétiques de souris développant des grossesses à risque (prééclampsie et retard de croissance intra-utérin), par la surexpression de deux protéines spécifiques dans le placenta. Ils analyseront la gestation de ces souris (en parallèle avec des souris contrôles, suite à une fécondation réalisée avec des mâles sous régime obésogène ou sous régime normal), à l’aide d’échographies, de mesures de leur tension artérielle (principal marqueur de la prééclampsie), de la durée de la gestation, ou encore du poids et l'état de santé général des nouveau-nés. Ils effectueront en outre une analyse physiopathologique des placentas et d’organes maternels, afin d’établir une cartographie fine des modifications moléculaires dans toutes les couches du placenta normal et pathologique, et des conséquences sur les mères. Les effets à long terme de la prééclampsie et de l'obésité paternelle sur la fonction cérébrale des petits et les fonctions cérébrales et cardiovasculaires de la mère seront également examinés.
Ce travail permettra d’éclairer les futures recommandations et permettra de promouvoir des comportements paternels plus sains chez les couples qui envisagent une grossesse.
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