Schizophrénie et troubles bipolaires : découvrir des variations génétiques spécifiques pour mieux les prendre en charge


En France, 1 à 2,5 % de la population serait atteinte de troubles bipolaires. Cette maladie, généralement diagnostiquée tardivement, se caractérise par l’alternance de phases d’hyperactivité et de dépressions invalidantes pour la vie quotidienne des patients. Les troubles bipolaires sont associés à une diminution de l’espérance de vie d’une dizaine d’années, en raison des nombreuses comorbidités associées. Dépister la maladie plus précocement est essentiel pour améliorer le pronostic des patients et limiter l’évolution de la maladie.
Dans cette FAQ, la Fondation pour la Recherche Médicale répond à toutes vos questions sur les troubles bipolaires, leurs causes, les symptômes, le diagnostic et les traitements.
Les troubles bipolaires ont une origine plurifactorielle, combinant prédisposition génétique et facteurs environnementaux. Près de 60 % de l’origine de la maladie serait génétique mais ces facteurs ne s'expriment que dans un contexte favorable. Ainsi, le stress découlant d'évènements de vie douloureux, de traumatismes précoces jouerait un rôle central. La recherche a également montré que certaines drogues ou excitants, comme le cannabis ou l’alcool, augmentent fortement le risque d’apparition des troubles bipolaires. Au niveau biologique, les scientifiques soupçonnent l’implication de facteurs immunitaires et inflammatoires dans le développement de la maladie.
Le diagnostic des troubles bipolaires est souvent tardif. La phase dépressive est souvent confondue avec une dépression quand la phase maniaque combinant euphorie et hyperactivité est perçue comme un trait de caractère enthousiaste et dynamique. La présence de certains critères, telle que l’apparition d’une dépression avant 25 ans, la récurrence de celle-ci, la présence d’une phase maniaque (caractérisée par une hyperactivité, une euphorie, une sensation de puissance, et d’énergie), des cas familiaux ou encore une résistance au traitement antidépresseur, doit toutefois alerter votre médecin. Pour poser le diagnostic, il est généralement nécessaire de consulter un psychiatre. Celui-ci pourra écarter d’autres maladies psychiatriques, évaluer la sévérité des symptômes, la présence d’addictions éventuelles et envisager la stratégie thérapeutique la plus adaptée.
Aucun traitement ne permet d’éradiquer totalement les troubles bipolaires. Les patients restent vulnérables tout au long de leur vie. Mais des traitements permettent de limiter l’intensité des symptômes, d’éviter les rechutes et de mieux gérer la maladie.
Lorsque les troubles bipolaires ont un retentissement trop important sur la vie du patient, un traitement médicamenteux est généralement proposé. Ces régulateurs de l’humeur permettent d’atténuer les symptômes. La molécule la plus fréquemment prescrite est le lithium, mais des alternatives existent. Ce traitement est pris pendant une longue période et leur dosage est finement suivi. Un suivi psychologique est souvent proposé, permettant au patient d’apprendre à mieux gérer sa maladie. D’autres professionnels de santé peuvent être consultés, notamment en cas de pathologies associées ou d’addictions. Un accompagnement social est recommandé dans certains cas.
Les troubles bipolaires se caractérisent par l’alternance de phases maniaques et dépressives, dont l’intensité varie selon les patients. Les périodes maniaques se distinguent par une hyperactivité, une euphorie, une sensation d’énergie décuplée et de puissance. Le patient multiplie alors les relations sociales, professionnelles et sexuelles mais il a en même temps des difficultés à se concentrer ou dormir. Il peut développer des comportements à risque, notamment à l’adolescence. Dans les cas les plus sévères, une irritabilité, une agressivité, voire des délires ou hallucinations peuvent survenir. Cette phase dure généralement quatre à huit semaines.
Lorsque le patient tombe en phase dépressive, les symptômes s’inversent. Le patient ressent alors une grande tristesse, ne trouve plus de source de plaisir ou d’intérêt, a tendance à se dévaloriser. D’autres symptômes peuvent compléter ce tableau : une grande fatigue, un manque d’appétit, des troubles du sommeil. Au début de la maladie, cette phase peut passer inaperçue.
Plusieurs types de bipolarité ont été recensés, en fonction de la fréquence et de l’intensité des phases de la maladie.
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