Une quinzaine de pesticides liés à la maladie de Parkinson


Entre 1990 et 2015, le nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson a plus que doublé en France. L’âge explique en grande partie cette évolution mais la recherche a aussi découvert que certaines mutations génétiques ainsi que l’exposition à différents toxiques (pesticides et métaux lourds en particulier) augmentaient le risque de développer la maladie. Celle-ci reste incurable mais des traitements sont disponibles pour limiter ses effets délétères.
Dans cette FAQ, la Fondation pour la Recherche Médicale répond à toutes vos questions sur la maladie de Parkinson, les facteurs de risque, les symptômes, le diagnostic et les traitements.
L’origine de la maladie de Parkinson est multifactorielle. La recherche a permis d’identifier une vingtaine de mutations génétiques entraînant l’apparition de la maladie de Parkinson, mais seuls 5 % des cas sont concernés. Une centaines d’autres gènes augmentent le risque de développer la maladie et d’autres paramètres entrent en jeu. L’âge est ainsi un facteur de risque de même que l’exposition à différents toxiques. Il est désormais bien documenté que l’exposition aux pesticides, notamment organochlorés, ainsi qu’aux métaux lourds augmente le risque de développer la maladie de Parkinson. Cette maladie peut être reconnue comme maladie professionnelle chez les agriculteurs qui ont été exposés.
Aux premiers stades, la maladie est asymptomatique. Petit à petit, les neurones dopaminergiques sont détruits mais les premiers symptômes n’apparaissent que lorsque 50 à 70 % de ces neurones ont disparu. Les symptômes moteurs, combinant lenteur des mouvements, rigidité et tremblements, apparaissent généralement les premiers. Ils ne touchent d’abord qu’un seul côté du corps, avant de devenir bilatéraux et de plus en plus handicapants. La maladie de Parkinson s’accompagne de symptômes non moteurs : troubles du sommeil, digestifs, de l’odorat, mais également troubles cognitifs, voire dépression sont rapportés. Dans certains cas, ils peuvent même devancer les symptômes moteurs (notamment les symptômes digestifs).
La maladie de Parkinson est aujourd’hui incurable. Aucun traitement ne permet d’empêcher l’apparition ou l’évolution de la maladie. Mais plusieurs traitements permettent de compenser en partie la perte des neurones. Ils reposent principalement sur la prise de dopamine ou d’agonistes. Ceux-ci permettent de réduire les symptômes de la maladie. Chez certains patients présentant une atteinte motrice importante, la stimulation cérébrale profonde permet de rétablir certaines fonctions motrices.
Aucun bilan biologique ou examen d’imagerie ne permet aujourd’hui de poser le diagnostic de la maladie de Parkinson. Celui-ci repose sur l’évaluation clinique du neurologue. Celui-ci procède à un examen minutieux du patient, réalise une série de tests fonctionnels et interroge son patient afin d’identifier précisément ses atteintes motrices et cognitives. Le diagnostic est confirmé par l’évolution des symptômes.
La maladie de Parkinson est aujourd’hui incurable. Plusieurs traitements permettent toutefois de compenser les atteintes fonctionnelles liées à la perte des neurones dopaminergiques. Il s’agit principalement de L-dopa ou d’agonistes de la dopamine. Avec l’évolution de la maladie, l’efficacité de ces traitements peut toutefois diminuer. Chez certains patients présentant des atteintes fonctionnelles importantes, la stimulation cérébrale profonde permet de rétablir certaines fonctions motrices. La prise en charge s’accompagne de traitements non médicamenteux afin d’aider le patient à s’adapter aux symptômes de la maladie : le kinésithérapeute, l’ergothérapeute et l’orthophoniste permettent aux patients d’améliorer leur qualité de vie. Ces soins de support permet aux patients de conserver leur autonomie le plus longtemps possible.
Selon Santé publique France, à âge et sexe comparable, les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont une mortalité deux fois plus élevée. Mais l’espérance de vie reste toutefois relativement bonne, puisque l’âge moyen de décès est de 83,3 ans. Plus de 90 % des décès ont lieu après 70 ans.
Aux premiers stades, la maladie est asymptomatique. Les symptômes apparaissent lorsque 50 à 70 % des neurones dopaminergiques sont détruits. Les atteintes fonctionnelles se développent et deviennent de plus en plus sévères, selon trois phases :
Deux tiers des malades de Parkinson seulement présentent des tremblements caractéristiques : ils se manifestent par intermittence, au repos et de façon asymétrique, et parfois seulement lorsque la maladie est à un stade avancé. Un tiers des malades de Parkinson ne trembleront jamais. Il existe par ailleurs d'autres pathologies qui peuvent être à l'origine de tremblements, comme le syndrome des tremblements essentiels ou d'autres pathologies neurodégénératives beaucoup plus rares. Dans ce cas, ils s'expriment plutôt en mouvement, et de façon symétrique.
La maladie de Parkinson est multifactorielle, mais dans 5 % des cas environ les formes sont familiales, et surviennent en général chez des individus beaucoup plus jeunes (moins de 40 ans). Ces formes héréditaires sont liées à des mutations affectant des gènes spécifiques, comme le gène de l'alphasynucléine, de la parkine, le gène LRRK2 ou encore le gène de la glucocérébrosidase. Elles sont très étudiées par les chercheurs car elles permettent d'étudier les mécanismes physiopathologiques de la maladie de Parkinson.
La relation entre la maladie de Parkinson et le métier d'agriculteur, très exposé aux pesticides, est bien documentée dans la littérature scientifique. Depuis 2012, la maladie de Parkinson peut d'ailleurs être reconnue comme maladie professionnelle chez les agriculteurs.
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