Méningite : Mieux connaître le streptocoque du groupe B pour le contrer chez le bébé


Responsable de près de 250 000 morts à travers le monde, la méningite touche aussi quelques milliers de personnes en France chaque année. Virus, bactéries, parasites, champignons : différents agents infectieux en sont responsables et influent fortement sur le pronostic. Des symptômes caractéristiques (raideur de la nuque, maux de tête, photophobie, etc.) doivent alerter et conduire à une consultation en urgence.
Dans cette FAQ, la Fondation pour la Recherche Médicale répond à toutes vos questions sur la méningite, les causes, les facteurs de risque, la sévérité de la maladie, le diagnostic et les traitements.
La méningite est une inflammation des méninges, le réseau de membranes qui entoure le cerveau. Celle-ci est principalement liée à l’intrusion d’un agent infectieux : un virus ou une bactérie (majoritairement des méningocoques, parfois des pneumocoques ou Haemophilus influenza de type B dans le contexte hospitalier ou encore le bacille de Koch). Dans certains cas, moins fréquents, il peut s’agir de champignons ou de parasites.
Ces intrus sont responsables d’une inflammation au niveau du cerveau qui peut endommager les tissus, provoquer des lésions irréversibles à l’origine de séquelles sur le long terme, voire entraîner la mort. Plus rarement, la méningite se développe dans le cadre d’une blessure, d’un cancer ou d’une maladie auto-immune.
Tout dépend de la nature de l’agent pathogène responsable de la maladie mais la plupart des formes de méningites sont contagieuses. Ainsi, les méningites virales et bactériennes se transmettent facilement. Les premières se transmettent via les selles. Elles se propagent ensuite largement mais restent généralement sans gravité.
Les méningites bactériennes sont plus sévères. La transmission du méningocoque s’effectue via des gouttelettes infectées émises par le nez et la gorge des malades. Cette transmission s’opère lors d’un contact étroit (via la toux, un éternuement, un baiser, etc.) et prolongé d’au moins une heure. Les bactéries colonisent alors rapidement les voies respiratoires supérieures et se propagent dans l’organisme. Les stratégies sont les mêmes pour les autres bactéries responsables de méningites (streptocoques et haemophilus influenza de type B en milieu hospitalier, ou encore le bacille de Koch).
Les méningites d’origine parasitaire ou fongique apparaissent préférentiellement chez des patients dont le système immunitaire est déficient, comme les personnes atteintes du sida. Elles se contractent par un contact direct avec de l’eau, de la terre, ou des aliments contaminés ou encore via la piqûre d’insectes présents dans des régions où ces parasites sont répandus.
Lorsque la méningite se développe en raison d’un cancer ou de traitements associés à une maladie auto-immune, elle n’est pas contagieuse.
Le traitement proposé pour soigner la méningite dépend de la nature de l’agent pathogène incriminé. Pour le connaître, une ponction lombaire est pratiquée. Celle-ci permet à la fois de confirmer le diagnostic mais aussi d’identifier l’agent responsable de la maladie et le traitement le plus efficace.
Si la méningite est virale, c’est-à-dire causée par un virus, aucun traitement spécifique n’est requis. Généralement peu dangereuses, ces maladies se traitent uniquement par le repos, le système immunitaire étant à même d’éradiquer les intrus.
En revanche, les méningites d’origine bactérienne doivent être soignées par une antibiothérapie. Un traitement à large spectre sera généralement proposé d’emblée, suivi d’une antibiothérapie plus ciblée lorsque les analyses auront permis d’identifier la molécule la plus efficace pour combattre la bactérie incriminée. Dans les cas les plus sévères, afin de limiter les effets secondaires liés à l’inflammation au niveau cérébral, des corticoïdes sont associés. Afin de lutter contre la douleur, des antalgiques pourront aussi être proposés. A noter que la vaccination est le moyen le plus efficace pour prévenir le développement de la maladie. La vaccination contre les méningocoques ACWY et B est désormais obligatoire chez les nourrissons de moins de deux ans, ainsi que chez les adultes à risque.
Enfin, lorsque la maladie est causée par un parasite ou un champignon, des traitements antiparasitaires ou antifongiques sont prescrits.
Plusieurs symptômes sont évocateurs de la méningite : maux de tête, raideur dans la nuque, photophobie, vomissements, fièvre. Ce syndrome méningé doit alerter et nécessite une consultation en urgence. Afin de confirmer le diagnostic, une ponction lombaire sera alors pratiquée. Celle-ci est réalisée à l’aide d’une fine aiguille et permet de prélever entre deux vertèbres du liquide céphalorachidien. Celui-ci sera analysé en laboratoire, afin de déterminer la présence ou non d’un agent infectieux, d’en déterminer la nature ainsi que les traitements les plus efficaces.
En cas de méningite avérée, d’autres examens peuvent être proposés : une prise de sang pour évaluer l’état général du patient, une IRM, et un électroencéphalogramme, afin d’observer et surveiller d’éventuels atteintes cérébrales ou complications.
La méningite peut être grave, surtout si elle est d’origine bactérienne. Devant des symptômes évocateurs (nuque raide, maux de tête aigus, photophobie), il faut consulter un médecin en urgence. La maladie peut évoluer rapidement, nécessiter une hospitalisation et être responsable de séquelles importantes.
L’agent pathogène à l’origine de la méningite joue un rôle clé dans la sévérité de la maladie. Si les méningites virales sont généralement bénignes, celles d’origine bactérienne sont plus graves. Les méningites à méningocoques (la bactérie la plus fréquente) nécessitent ainsi la mise en place rapide d’un traitement antibiotique, voire la prise d’un corticoïde, afin d’éviter les complications. A l’inverse, les méningites virales ne nécessitent aucun traitement spécifique. Le repos permet généralement à l’organisme de se débarrasser de l’agent infectieux.
En outre, les méningites parasitaires, fongiques ou associées à d’autres maladies (comme le cancer) sont d’autant plus sévères que les pathologies sous-jacentes sont généralement importantes (sida, cancer, etc.) et affaiblissent le système immunitaire. La méningite parasitaire peut être sévère et nécessiter un traitement rapide. Afin de prévenir l’apparition de ce type d’infection, il est recommandé de suivre certaines règles d’hygiène dans les zones infestées : ne pas se baigner dans des sources d’eau contaminée comme les lacs, les rivières ou les sources chaudes, éviter la consommation de poissons d’eau douce ou crustacées crus ou insuffisamment cuits, ou encore le contact avec la terre ou la consommation d’eau contaminée, etc.
Enfin, la sévérité de la maladie dépend aussi de la fragilité du patient : les nourrissons et les personnes âgées peuvent être plus sévèrement atteints, les premiers en raison de leur système immunitaire encore immature, les seconds à cause d’une immunité affaiblie.
Un adulte peut tout à fait contracter une méningite, celle-ci n’étant pas une maladie infantile. Même si elle est moins fréquente que chez les enfants, la méningite peut être grave chez l’adulte. Elle peut être responsable de complications sérieuses, voire conduire au décès. En cas de symptômes évocateurs (nuque raide, maux de tête, photophobie, vomissements), il convient donc de consulter rapidement un médecin.
Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer la maladie : le contact étroit avec des malades ou la vie en communauté (personnels hospitaliers, foyers étudiants, casernes, etc.), les voyages dans certaines zones et l’absence de règles d’hygiène adéquates, un système immunitaire affaibli, l’absence de vaccination.
Pour prévenir le développement de cette maladie, la vaccination contre plusieurs souches dé méningocoques (ACWY et B) reste l’option la plus efficace. Elle est très fortement conseillée aux personnes les plus exposées (personnels hospitaliers, personnes immunodéprimés, ou ayant été en contact avec une personne infectée).
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