Maladies auto-immunes inflammatoires : pourquoi les femmes sont-elles plus susceptibles ?




06 décembre 2018
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Projet mené par Pr Patrick Trieu-Cuot, à la tête de l'Unité « Biologie des Pathogènes à Gram positif » du département de Microbiologie de l'Institut Pasteur à Paris.
Financemet FRM reçu par Patrick Trieu-Cuot pour soutenir son projet prometteur.
Le streptocoque du groupe B est une bactérie responsable de méningites et de septicémies potentiellement mortelles chez le nouveau-né.
Cette bactérie peut être transmise par la mère au moment de l'accouchement. C'est pourquoi des antibiotiques lui sont prescrits en prévention.
Ces infections restent néanmoins un problème de santé publique : des chercheurs souhaitent identifier des cibles thérapeutiques qui contribueront à développer d'autres traitements.
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Le streptocoque du groupe B est une bactérie couramment retrouvée dans l'organisme. Il est par exemple présent dans le vagin de 15 à 30 % des femmes. La présence de ce microorganisme est sans danger chez un adulte en bonne santé. Il peut néanmoins devenir un pathogène mortel lorsqu'il infecte le nourrisson au moment de l'accouchement.
Il est la principale cause d'infection invasive chez les nouveau-nés en France. Cette bactérie est notamment responsable de méningites (inflammation du système nerveux central) et de septicémies (infection du sang).
Ce type d'infection conduit au décès de l'enfant dans environ 10 % des cas et est à l'origine de séquelles neurologiques dans 10 à 30 % des cas.
Face à ces données, une politique de prévention par l'administration d'antibiotiques a été mise en place chez les mères infectées afin d'éviter la transmission de la bactérie. Cette action a permis de réduire le risque d'infection et la mortalité des nouveau-nés.
Mais, dans certains cas, la bactérie échappe à ce traitement et infecte le nourrisson.
Cela explique pourquoi des chercheurs, à l'instar de Patrick Trieu-Cuot et de son équipe, souhaitent caractériser les facteurs qui participent à l'agressivité du streptocoque du groupe B pour développer des nouvelles stratégies afin de le contrer.
Les chercheurs étudient une molécule produite par la bactérie, le di-AMPc (di-adénosine monophosphate cyclique), qui est impliquée dans la relation entre l'hôte et la bactérie. Le di-AMPc est nécessaire à la croissance bactérienne, mais sa reconnaissance par le système immunitaire induit une inflammation.
L'équipe souhaite aujourd'hui mieux caractériser les fonctions du di-AMPC qui sont bénéfiques pour la bactérie, ainsi que le rôle de cette molécule lors du développement de l'infection. Les chercheurs utiliseront pour cela diverses techniques de biologie moléculaire et cellulaire. Ils essaieront en particulier de bloquer sa synthèse chez les bactéries afin d'en évaluer les conséquences. Si ce projet démontrait que le di-AMPc est une cible thérapeutique prometteuse dans les infections néonatales liées au streptocoque du groupe B, cela représenterait une réelle avancée dans la lutte contre ce pathogène.
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