En France, le cancer est la première cause de mortalité. Si leur prévalence a fortement augmenté au cours des dernières décennies, les chances de guérison se sont considérablement améliorées. Retard diagnostic, tumeurs inopérables et résistances aux traitements demeurent toutefois des freins majeurs pour guérir certains cancers.
Dans cette FAQ, la Fondation pour la Recherche Médicale répond à toutes vos questions sur les cancers incurables, leurs natures et les dernières innovations de la recherche.
Quels sont les cancers les plus difficiles à soigner ?
Tous les cancers peuvent être soignés, mais certains ne pourront pas totalement disparaître. Ils sont dits « traitables mais non guérissables ». Les traitements permettent alors de limiter l’évolution de la maladie, d’améliorer la qualité de vie et de prendre en charge la douleur. Plusieurs facteurs de risque concourent à la difficulté du traitement : le diagnostic tardif, la localisation de la tumeur et la résistance des cellules tumorales au traitement.
Ainsi, le cancer du pancréas constitue l’un de ces cancers difficiles à traiter : il provoque peu de symptômes aux premiers stades de la maladie si bien qu’il est généralement diagnostiqué tardivement. En outre, il est souvent résistant au traitement. Les tumeurs au cerveau ou les glioblastomes (qui touchent le tissu nerveux) sont aussi difficiles à traiter car les cellules tumorales sont souvent difficiles à extraire sans affecter les structures adjacentes très sensibles. Certains cancers spécifiques, comme le cancer du poumon à petites cellules ou le cancer du sein triple négatif sont aussi difficiles à traiter car les traitements restent peu efficaces sur les cellules tumorales.
Existe-t-il des approches thérapeutiques innovantes pour le traitement des cancers réputés incurables ?
Afin d’améliorer le pronostic des cancers traitables mais non guérissables, il convient de lutter contre les différents facteurs de risque : améliorer le diagnostic pour traiter le cancer le plus tôt possible, affiner les connaissances sur chaque profil tumoral et les techniques chirurgicales afin de proposer le traitement le plus efficace et supprimer les cellules tumorales, ou encore trouver de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant les cellules tumorales résistantes aux traitements actuels.
Parmi celles-ci, notons les anticorps conjugués et les anticorps bispécifiques qui permettent de délivrer la chimiothérapie au plus près des cellules cibles. Des traitements très prometteurs ont aussi fait leur apparition ou se sont largement développés ces dernières années. C’est le cas par exemple de l’immunothérapie qui a fait l’objet de grands progrès, et permet aujourd’hui de traiter des cancers considérés autrefois comme incurables. De même que les thérapies cellulaires, pour lesquelles des cellules de l’organisme (comme les lymphocytes) sont aujourd’hui modifiées pour atteindre les cellules tumorales. De nouvelles thérapies ciblées visent aussi des récepteurs spécifiques des cellules tumorales. Les chercheurs travaillent même sur des tumoroïdes (des structures cellulaires en 3D reproduisant le fonctionnement et les caractéristiques de la tumeur) afin d’identifier les traitements les plus efficaces. Autant de pistes que la recherche poursuit afin de proposer régulièrement de nouvelles solutions thérapeutiques aux patients atteints de ces cancers.
Tous les cancers du sein ont-ils un bon pronostic ?
Globalement, le taux de survie à cinq ans des cancers du sein est de 88 %, mais cela cache de grandes disparités. Ainsi, plus un cancer du sein est diagnostiqué tôt, plus il y a des chances de guérison : le taux de survie à cinq ans grimpe à 94 % pour les tumeurs diagnostiquées à un stade précoce. À l’inverse, pour les cancers du sein dits triple négatifs, qui affectent plus souvent des femmes jeunes, le taux de survie à cinq ans n’est que de 12 % lorsque la tumeur est diagnostiquée à un stade avancé.
Les cancers sont-ils de moins bon pronostic chez les personnes âgées ?
Pour certains cancers, notamment ceux concernant les cellules sanguines (comme les leucémies et les lymphomes), plus le patient est âgé au moment du diagnostic et moins le pronostic est bon. Mais, pour certaines tumeurs solides (grosseur due à une multiplication excessive de cellules, cancéreuses ou non) fréquentes, comme le cancer du sein ou le cancer de la prostate, les jeunes ont à l’inverse une survie moins élevée du fait d’une plus grande fréquence de tumeurs agressives chez eux.
L'immunothérapie a-t-elle révolutionnée la prise en charge des mélanomes ?
Avant 2011, la médiane de survie des patients atteints d’un mélanome métastatique était de moins d’un an. Depuis, grâce au développement de l’immunothérapie, on constate une régression des métastases chez 40 % des patients, et même une disparition complète chez 20 % d’entre eux ! La médiane de survie est ainsi passée à cinq ans, et pour certains patients on parle même de guérison. Mais il reste des patients chez qui l’immunothérapie est inefficace, et pour lesquels de nouvelles combinaisons thérapeutiques sont à l’essai.
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