DMLA : un implant restaure en partie la vue
02 avril 2026


Pour la première fois, un implant de neurostimulation a permis de restaurer la vision centrale chez des patients atteints de la forme la plus fréquente de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la principale cause de cécité dans le monde, et il n’existe à ce jour aucun traitement contre la perte progressive et irréversible de la vision centrale, celle qui permet de lire et reconnaître les visages. La DMLA se caractérise en effet par la destruction progressive des cellules de la partie centrale de la rétine, responsable de la vision fine et détaillée.
Mis au point par une équipe internationale associant l’Institut de la Vision (Paris), la Fondation Adolphe de Rothschild, l’Hôpital National des 15-20, l’université Stanford (Etats-Unis) et la société Science Corporation, Prima est un système de neurostimulation destiné précisément à restaurer cette vision centrale chez les personnes atteintes d’une DMLA atrophique (la forme la plus fréquente) avancée.
Le système se compose d’une paire de lunettes équipée d’une caméra miniature qui capte les images environnantes, les traite via un algorithme afin d’en augmenter le contraste et la luminosité, et convertit l’information en faisceaux infrarouges. Ces rayons sont alors projetés vers la rétine, en dessous de laquelle une micropuce de 2 mm sur 2 mm a été implantée : elle capte le signal infrarouge, traite l’information à son tour et excite alors les fibres nerveuses optiques pour envoyer un message jusqu’au cerveau.
Le système Prima a été testé chez 38 patients atteints de forme atrophique de DMLA, recrutés dans cinq pays européens âgés de 79 ans en moyenne. Six puis douze mois après l’implantation du système, leur vue a été testée.
Chez 26 des 32 personnes ayant été suivis sur un an et ayant achevé l’étude, une amélioration d’au moins 80 % de la vision centrale a été obtenue. « C’est la première fois qu’un système permet à des patients ayant perdu la vision centrale de se remettre à lire des mots, voire des phrases, tout en préservant leur vision périphérique », a déclaré José-Alain Sahel, dernier auteur de l’étude.
Si des événements graves sont survenus chez 19 patients, comme de l’hypertension oculaire, des décollements de rétine ou des hémorragies sous-rétiniennes, tous ont été résolus, et « le bénéfice s’est révélé bien supérieur aux effets indésirables ».
Source : The New England Journal of Medicine, 20 octobre 2025
Newsletter
Restez informé(e) !
Abonnez-vous pour recevoir les actualités et communications de la FRM, les projets et découvertes sur toutes les maladies…