Néonatologie : Le peau à peau favorise le développement cognitif des prématurés

02 avril 2026

Pratiquer le peau à peau après la naissance d’un enfant prématuré est déjà reconnu pour ses nombreux bénéfices à court terme. Cela favoriserait aussi son développement cognitif à long terme.

C’est une pratique recommandée depuis plusieurs années et qui peut s’avérer vitale dans les pays à faible revenu. Dans les pays à haut revenu comme la France, pour les enfants nés extrêmement prématurés (avant 28 semaines de grossesse) ou grands prématurés (entre 28 et 32 semaines de grossesse) : le peau à peau dans les heures et les jours qui suivent la naissance a des effets bénéfiques à court terme sur leur stabilité physiologique, et à moyen terme sur la construction des liens d’attachement pour les parents. Des effets sur le développement neurologique sont aussi suspectés, mais les données sont anciennes et reposent sur de faibles effectifs.

Des bénéfices à 5 ans

L’équipe française OPPaLE du Centre de Recherche en Épidémiologie et Statistiques Paris Cité (CRESS, unité Inserm 1153, INRAE) a donc décidé d’évaluer l’effet du peau à peau sur le devenir cognitif en suivant près de 2 500 enfants nés extrêmement prématurés à grands prématurés, à partir des données de la cohorte Epipage-2. Ces enfants, nés en France en 2011, ont été comparés selon qu’ils aient bénéficié ou non de peau à peau durant les sept premiers jours de vie (environ la moitié en a bénéficié). À l’âge de 5 ans, leur développement cognitif a été évalué grâce à des tests de QI et des tests de dépistage de difficultés comportementales. Chez ceux ayant bénéficié du peau à peau, une différence de +2,3 points sur le score des tests de QI a été observée. « Cette différence peut sembler minime à l’échelle de l’individu, mais n’est pas négligeable lorsqu’il s’agit d’une moyenne sur l’ensemble d’une population vulnérable », précise Ayoub Mitha, premier auteur de l’étude. Aucune association n’a été mise en évidence entre le peau à peau et la réduction du risque d’apparition de difficultés comportementales chez l’enfant.

Une pratique à promouvoir

« Ces résultats sont une preuve de plus en faveur du contact peau à peau aux toutes premières heures de la vie de l’enfant né prématuré. Ils pointent l’importance de favoriser la non-séparation parent-enfant à la naissance et vont dans le sens des recommandations pour l’implantation de chambres parentales dans les unités de soins intensifs de néonatologie », poursuit Ayoub Mitha. Cette pratique, peu coûteuse à mettre en œuvre, n’est pas encore appliquée de la même façon dans toutes les unités de soins. Des études sont nécessaires pour comprendre les variabilités de pratiques et les freins à son développement.

Source : eClinical Medicine, 27 septembre 2025

Mitha, Ayoub et al., Association between skin-to-skin contact and cognition and behaviour at 5 years in children born at 24–31 weeks’ gestation: a secondary analysis of a national population-based prospective cohort study. eClinicalMedicine, Volume 89, 103528 (27 septembre 2025) https://doi.org/10.1016/j.eclinm.2025.103528

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