Réduire le risque de récidives après un syndrome coronaire aigu

10 août 2026

En ciblant l’inflammation résiduelle après un premier épisode de syndrome coronarien aigu, il pourrait être possible de réduire significativement le risque de récidive.

Un syndrome coronaire aigu (SCA) correspond à l’obstruction ou au rétrécissement d’une ou plusieurs artères alimentant le cœur, appelées « coronaires », souvent à cause de l’athérosclérose. Il se manifeste par une angine de poitrine ou un infarctus du myocarde, qui nécessitent une prise en charge rapide. Chez 60 % des patients, après un SCA subsiste une inflammation résiduelle au niveau de ces artères, associée à un risque élevé de récidive dans l’année qui suit. Il n’existe actuellement aucun traitement pour cibler cette inflammation résiduelle.

Cibler les lymphocytes T reg pour contrôler l’inflammation

De précédentes recherches ont mis en évidence que certaines cellules immunitaires appelées « lymphocytes T régulateurs », connues pour leur rôle dans le contrôle de l’inflammation, sont diminuées suite à un SCA. Leur fonction est également altérée. Par ailleurs, des travaux sur des modèles animaux pour l’athérosclérose ou l’infarctus du myocarde ont montré qu’augmenter ces cellules dites « T reg » protège contre le risque de récidive d’accidents cardiaques.

D’où l’idée de l’équipe du Centre de Recherche Cardiovasculaire de Paris, dirigée par Ziad Mallat, de cibler précisément ces cellules T reg en utilisant de faibles doses d’interleukine-2. Actuellement, cette molécule est utilisée à fortes doses pour traiter le cancer, mais elle est contre-indiquée chez les patients atteints de pathologies cardiovasculaires. Cependant, à des doses mille fois inférieures à celles utilisées en oncologie, elle permet, comme l’a montré l’équipe dans une étude antérieure, d’augmenter significativement et sans danger les cellules T reg chez des patients ayant souffert d’un SCA.

Deux ans de suivi, zéro récidive

Dans le cadre d’un essai clinique de phase 2, les chercheurs ont testé l’intérêt de cette approche thérapeutique chez 60 patients présentant une inflammation résiduelle après un SCA. Chez les 30 patients ayant reçu de l’interleukine-2, les chercheurs ont constaté, après huit semaines de traitement, une augmentation de 40 % des cellules T reg par rapport aux patients du groupe placebo, et une réduction de l’inflammation artérielle de 7,7 %, ce qu’ils considèrent comme suffisant pour diminuer significativement le risque de récidive.

Par ailleurs, après deux ans de suivi, aucun des patients traités par l’interleukine-2 n’a présenté de récidive d’événement cardiovasculaire majeur, contre quatre patients dans le groupe placebo. Reste à confirmer ces résultats lors d’un essai clinique de phase 3 portant sur un plus grand nombre de patients et une plus longue durée de suivi.

Source : R. S. Sriranjan-Rothwell et al., “Anti-inflammatory therapy with low-dose IL-2 in acute coronary syndromes: a randomized phase 2 trial”, Nature Medicine, 8 janvier 2026 - Lien DOI

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