Mis à jour le 1 novembre 2018

MICI : Un échec thérapeutique qui ouvre de nouvelles voies de recherche

  • Les maladies inflammatoires chroniques intestinales sont des pathologies aux symptômes parfois sévères.

  • L’essai d’une thérapie par un immunosuppresseur, le rituximab, s’est récemment soldée par un échec.

  • Des chercheurs ont découvert des éléments pouvant expliquer le manque d’efficacité de ce traitement, ce qui ouvre de nouvelles perspectives de recherches.

Cette découverte a été obtenue par Mathieu Uzzan sous la direction de Saurabh Mehandru au sein de l’Institut d’immunologie du Mont Sinaï à New-York.

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Financement reçu en 2016 par Mathieu Uzzan pour la réalisation d’une thèse de sciences.

Quel est le retentissement des MICI dans la population ?

La rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn sont des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou MICI. Ces pathologies découlent d’une inflammation chronique de la paroi digestive à différents segments du tube digestif, et sont liées à une réponse disproportionnée du système immunitaire qui se retourne contre l’organisme. Leurs symptômes, parfois sévères, sont variables : présence de sang dans les selles, fortes douleurs abdominales, diarrhées importantes voire, dans les cas les plus graves, apparition de fistules. Les MICI prennent de plus en plus de place dans les pays développés. Ainsi, on dénombre entre 200 et 250 000 patients atteints de MICI en France, et ce tout âge confondu. Pour le moment, ces maladies sont majoritairement prises en charge avec des molécules anti-inflammatoires afin d’atténuer la réponse immunitaire, mais des interventions chirurgicales peuvent aussi être conduites dans les atteintes les plus graves. Devant ces éléments, les chercheurs s’attèlent au développement de nouvelles thérapies pour lutter contre les MICI.

Le rituximab à l’essai

Le rituximab à l’essai

Un essai clinique a été initié avec un traitement dit « immunosuppresseur », le rituximab. Le principe des immunosuppresseurs est d’atténuer la réponse immunitaire inflammatoire en ciblant certains types de globules blancs. Ici, le rituximab agit sur des cellules particulières, certains types de lymphocytes B, pour empêcher leur formation et stimuler leur destruction. Le médicament induit donc une baisse de l’activité immunitaire par une diminution du nombre de lymphocytes B. Cette molécule est aujourd’hui utilisée avec succès dans le traitement de rhumatismes inflammatoires chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde, mais également au cours de certains cancers du sang

Les chercheurs se sont donc naturellement penchés sur son effet dans la prise en charge des MICI… essai qui s’est malheureusement soldé par un échec. Faut-il pour autant abandonner cette voie ? Mathieu Uzzan, lors de sa thèse à l’école de Médecine de New-York, a obtenu des données qui pourraient expliquer ces mauvais résultats.

Poursuivre les recherches

Le chercheur a montré que l’action du rituximab sur le système immunitaire n’était pas suffisamment spécifique. Ainsi, en étudiant les cellules immunitaires chez un patient ayant reçu le traitement, Mathieu Uzzan a observé que la population de lymphocytes B ciblée était bien diminuée dans le sang et les tissus périphériques. En revanche, le nombre de plasmocytes (un sous-type de lymphocytes B ayant un rôle clé dans la réponse immunitaire aux niveaux des intestins) était inchangé dans le côlon. Ce résultat laisse entendre que le traitement n’agit pas de la même façon dans tous les endroits de l’organisme.

Cette observation met en lumière la nécessité d’approfondir cet axe de recherche pour mettre au point des immunosuppresseurs plus spécifiques des lymphocytes B intestinaux impliqués dans les MICI. Cette publication souligne le fait que même en cas de mauvais résultats, il y a toujours un enseignement à tirer des études scientifiques. La recherche avance ainsi, pas à pas.

Source : Uzzan M et al. Efficient long-term depletion of CD20+ B cells by rituximab does not affect gut-resident plasma cells. Ann N Y Acad Sci 2018 ; 1415 : 5-10.

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