Mis à jour le 1 novembre 2018

MICI : Etudier les mécanismes en cause dans la maladie

  • Les maladies inflammatoires chroniques intestinales sont de plus en plus fréquentes dans les pays développés.

  • Les chercheurs s’intéressent aux mécanismes fondamentaux qui participent à l’installation de ces pathologies en vue de mieux les prendre en charge.

  • Avec l’aide de la FRM, des chercheurs se penchent sur une molécule particulière, MUCDHL, qui aurait un rôle dans le développement des MICI.

Cette recherche est menée par Emilie Bersuder, sous la direction de Jean-Marie Reimund au Service d’Hépato-Gastroentérologie et d’Assistance Nutritive aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et par Isabelle Gross, dans l’équipe INSERM-Université de Strasbourg UMR_S1113 « Emergence des cellules souches et Initiation tumorale» (resp : Jean-Noël Freund) et située sur le site de l’Hôpital de Hautepierre à Strasbourg.

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Somme accordée à Emilie Bersuder en 2018 pour une dernière année de thèse de science

Les MICI, des pathologies en expansion

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique sont des maladies dites « inflammatoires chroniques de l’intestin » (ou MICI). Leur fréquence a fortement augmenté au cours des 50 dernières années dans les pays occidentaux : elles affectent actuellement plus de 2,5 millions de personnes en Europe, dont environ 200 000 à 250 000 en France. Ces maladies sont dues à une activation anormale et excessive du système immunitaire dans l’intestin. L’inflammation qui en découle crée des lésions de la paroi intestinale.

Les symptômes des MICI, principalement des douleurs abdominales et des diarrhées, ainsi que des saignements dans la RCH, altèrent grandement la qualité de vie des patients. A terme, ces pathologies peuvent provoquer de sévères complications comme la formation de fistules (communications anormales qui se développent entre une partie de l’intestin et un autre organe interne ou plus rarement la peau), l’apparition d’une occlusion intestinale voire le développement d’un cancer colorectal. Les traitements actuels visent à traiter et espacer les crises inflammatoires, mais ils ne sont pas toujours efficaces et peuvent être responsables d’effets indésirables. Les chercheurs souhaitent découvrir les mécanismes en cause dans l’apparition et le développement des MICI en vue de développer de nouvelles cibles thérapeutiques et donc de nouveaux moyens de prise en charge.

Une protéine au rôle méconnu

Une protéine au rôle méconnu

Le projet mené par Emilie Bersuder porte sur une molécule particulière, MUCDHL. Cette protéine est encore assez méconnue. Elle est présente au niveau des prolongements des cellules de la paroi intestinale appelées microvillosités, et sert à former des liaisons entre elles. Pour le moment, MUCDHL a encore été peu étudiée. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que les liaisons formées par cette protéine sont importantes dans les phénomènes d’absorption intestinale (intégration des nutriments apportés par l’alimentation), mais également dans les mécanismes de protection de l’intestin contre les agents pathogènes, (« barrière intestinale »).

Les premiers résultats obtenus par Emilie Bersuder au cours de sa thèse corroborent cette hypothèse. En effet, la chercheuse a montré chez l’animal dans un modèle reproduisant une MICI, mais aussi chez les patients, que MUCDHL est produite en plus petite quantité au niveau intestinal, aggravant ainsi l’inflammation observée dans ces maladies. Par ailleurs, un traitement des MICI par des molécules anti-inflammatoires permet de rétablir l’expression de MUCDHL.

Poursuivre les études sur MUCDHL

L’équipe continue aujourd’hui d’explorer les effets de MUCDHL au cours des MICI. Plus précisément, les chercheurs souhaitent comprendre pourquoi une disparition de la protéine augmente l’inflammation. Ils veulent également savoir si MUCDHL affecte d’autres processus importants comme la réparation de la paroi intestinale, et si elle intervient dans la réponse au traitement. Pour cela, plusieurs expériences seront menées à l’aide de modèles animaux de MICI, mêlant biologie moléculaire et cellulaire.

A terme, ces nouvelles informations permettront d’améliorer la prise en charge des MICI, notamment en permettant potentiellement le développement de nouvelles thérapies.

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