La dépression en chiffres

#chiffres-cles

La dépression est une maladie très répandue : l’Inserm estime à 20% la part de la population française qui souffre au moins une fois dans sa vie de cette affection. Le site de l’Assurance maladie précise que, pour l’année 2017, près de 10 % des personnes de 18 à 75 ans ont connu un épisode de dépression dans l’année.

La dépression constitue le principal facteur de risque de suicide : le risque de tentative de suicide est multiplié par 21 en cas d’épisode dépressif d’après un rapport de l’Académie de médecine daté de 2014.

Selon l’observatoire national du suicide, 8 885 décès par suicide ont été enregistrés en moyenne en 2014 en France, soit près de 24 décès par jour. Les hommes sont plus concernés que les femmes. L’organisme estime à plus de 78 000 le nombre de personnes hospitalisées après tentatives de suicide en 2015.

#symptomes

Quels sont les symptômes de la dépression ?

La dépression est un trouble de l’humeur qui se traduit par une perte de motivation, un manque d’estime et de confiance en soi. Elle engendre une souffrance psychique quasi permanente et durable, pendant plus de deux semaines, et un retentissement sur la vie quotidienne.


Le diagnostic de dépression repose sur un examen clinique réalisé par un professionnel. Un épisode dépressif majeur chez l’adulte est défini par des symptômes primaires : humeur triste, perte de la capacité à ressentir du plaisir et fatigue généralisée. S’y ajoutent d’autres troubles secondaires : troubles du sommeil, troubles de l’appétit, ralentissement psychomoteur, culpabilité, dévalorisation de soi, trouble de la concentration, pensée de mort récurrente. La dépression est à distinguer de la « déprime » ou de la « mélancolie », phénomènes plus passagers.


Des épisodes dépressifs peuvent survenir dans le cadre des troubles bipolaires. Ici, l’épisode dépressif peut précéder ou suivre un « épisode maniaque », une période de surexcitation et d’euphorie excessive qui est une forme « inversée » de la dépression.


Le diagnostic de dépression repose sur un examen clinique réalisé par un professionnel


#causes

Quelles sont les causes ?

On distingue classiquement deux types de dépression qui diffèrent selon leur cause :

  • La dépression « réactionnelle » ou « psychogène » : ce type de dépression peut survenir dans différentes situations. Elle peut faire suite à un évènement difficile (tel que le décès d’un proche ou la perte d’un emploi) ou à un changement brutal de la vie nécessitant une adaptation importante. Un trouble hormonal (dérèglement de la thyroïde, suite d’accouchement…) ou une maladie (pathologie neurologique, cancers…) peuvent également servir de déclencheur. Elle est facilement réversible et de bon pronostic.
  • La dépression « endogène » : cette catégorie de dépression n’aurait pas d’élément déclencheur déterminé. A noter qu’une dimension individuelle d’origine génétique à la dépression a été identifiée, qui s’exprimera ou non en fonction de facteurs environnementaux.

Enfin, lorsque des symptômes dépressifs courent dans le temps (sur plusieurs années) ou récidivent, on parle de dépression « chronique ».

#prise-en-charge

Quelle est la prise en charge de ces dépressions ?

Lorsque le diagnostic de dépression est posé par un professionnel, plusieurs solutions sont possibles.


Dans le cas d’une dépression légère ou modérée, une psychothérapie seule peut-être efficace. Cette dernière vise principalement à freiner l’évolution de la maladie et à prévenir les récidives. Les thérapies actuelles sont dites « cognitivo-comportementales », elles sont basées sur des exercices conseillés par le praticien à pratiquer quotidiennement. Elles visent à adopter de nouveaux comportements au détriment des pensées négatives.


En complément de ce suivi, un traitement médicamenteux peut être proposé. Ces médicaments, quoique relativement efficaces, ne sont pas dénués d’effets secondaires qui diffèrent selon leur mode d’action (par exemple : effet sédatif, prise de poids, constipation…).


Dans les cas de dépressions sévères, la stimulation cérébrale peut être proposée en milieu hospitalier. Ainsi, lors de l’électroconvulsivothérapie, des électrodes placées de part et d’autre du crâne permettent le passage d’un courant électrique générant une sorte de « crise d’épilepsie » transitoire, se stoppant au bout de 30 secondes. Cette technique, ancienne et maîtrisée, donne de bons résultats, notamment chez les personnes dont la dépression résiste aux traitements.


Dans les cas de dépressions sévères, la stimulation cérébrale peut être proposée.


Une autre technique est de plus en plus évaluée : la stimulation magnétique transcrânienne. Ici, la stimulation de la zone cérébrale impliquée dans la dépression se fait à l’aide d’un champ magnétique. Cette approche, outre l’amélioration des symptômes dépressifs, pourrait également servir à renforcer l’action de certains médicaments.

Enfin, dans le cadre de dépressions dites « saisonnières », liées au manque de lumière extérieure, la luminothérapie a démontré son efficacité. Elle consiste en l’exposition à une lumière de forte intensité plusieurs heures par jour afin d’augmenter artificiellement les périodes d’ensoleillement.

Les troubles bipolaires nécessitent une prise en charge différente. En effet, si les épisodes dépressifs peuvent être traités comme une dépression, les accès maniaques requièrent des traitements médicamenteux particuliers. Le praticien peut ainsi avoir recours à l’utilisation de médicaments dits « régulateurs de l’humeur » : on peut ainsi citer le lithium, certains anticonvulsivants et certains antipsychotiques qui répondent à cette définition.

#recherches-actuelles

Quelles sont les pistes de recherche actuelles ?

Identification de marqueurs diagnostiques, d’efficacité, de traitement ou de rechute, mise au point de nouveaux médicaments et de techniques de stimulation cérébrales innovantes… De nombreuses voies de recherche sont explorées dans la lutte contre la dépression.


Des études sont menées sur les facteurs génétiques qui pourraient augmenter le risque de développer la maladie. Les découvrir aurait un intérêt aussi bien préventif que dans le cadre de l’élaboration de nouveaux traitements.


Les chercheurs s’intéressent également de près au mécanismes cérébraux impliqués dans la dépression : un préalable indispensable à la mise au point de nouvelles thérapies. Ainsi, l’inflammation pourrait avoir un rôle dans l’apparition de la pathologie. La lutte contre l’inflammation représente une des pistes explorées pour lutter contre la maladie.


La recherche avance donc à grands pas pour une meilleure prise en charge de ces maladies psychiatriques.


De nombreuses voies sont explorées dans la lutte contre la dépression.


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