Mis à jour le 3 mars 2016

Leucémies aiguës myéloïdes : développer un nouveau traitement contre certaines formes chimiorésistantes

  • Les leucémies aigues myéloïdes sont des cancers du sang qui peuvent être efficacement traités par la chimiothérapie, mais quelques cellules invisibles résistent.

  • Une mutation génétique présente chez 15 % des personnes touchées a été identifiée récemment.

  • Les chercheurs souhaitent aujourd’hui explorer une nouvelle stratégie thérapeutique pour cette catégorie de patients.

Cette recherche est menée par Héléna Boutzen dans l'équipe "RESIST@ML : résistance thérapeutique, cellules souches et oncométabolisme dans les leucémies aiguës myéloïdes" co-dirigée par Christian Récher et Jean-Emmanuel Sarry au Centre de Recherches en Cancérologie de Toulouse (INSERM, UMR1037, Toulouse).

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Le projet d’Hélène Boutzen a été sélectionné en 2014 par le Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale. La chercheuse a reçu ce financement pour achever sa thèse.

Une anomalie de production de certains globules blancs

Les leucémies aigües myéloïdes (LAM) sont des cancers du sang qui touchent les cellules à l’origine de certains globules blancs (cellules immunitaires chargées de protéger l’organisme contre les agressions extérieures).

Ces cancers touchent des personnes âgées de 71 ans en moyenne. Lors de la LAM, les cellules souches subissent des mutations au cours de leur maturation : cela donne des globules blancs immatures, appelés blastes, incapables d’assurer leur rôle de défense contre les infections.

Ces derniers prolifèrent, s’accumulent au sein de leur lieu de production, la moelle osseuse, et peuvent se disséminer au travers de l’organisme par la circulation sanguine.

Une nécessité de nouvelles thérapies - Inserm/Cramer Bordé, Elisabeth

Une nécessité de nouvelles thérapies

Les traitements existants ne permettent pas d’éradiquer tous les blastes : certains présentent des résistances à la chimiothérapie, responsables de la rechute de la maladie chez 50 % des patients.

De plus, ces thérapies spécifiques à ce type de leucémie n’ont pas évolué depuis 40 ans.

Aussi, il est essentiel de développer de nouveaux traitements de la pathologie, plus efficaces et pourvoyeurs de moins d’effets secondaires. Héléna Boutzen et son équipe d’accueil travaillent sur cette thématique au Centre de Recherche en cancérologie de Toulouse.

Cibler une mutation génétique particulière

Il a été récemment mis en évidence une mutation génétique présente chez 15 % des patients atteints de LAM.

L’équipe RESISTAML a montré que ces derniers sont plus sensibles à l’acide rétinoïde, molécule dérivée de la vitamine A et ces travaux ont été publié le 8 Février dans « The Journal of Experimental Medicine ».

Plus récemment, iIs ont aussi aussi élaboré un traitement basé sur l’association de cette molécule avec le dasatinib (anticancéreux couramment prescrit pour traiter la leucémie). Fait intéressant, ces deux molécules existent déjà en clinique et ne nécessitent pas de développement particulier.
Des expériences de validation préclinique - Inserm/Delapierre, Patrick

Des expériences de validation préclinique

Héléna Boutzen et son équipe d’accueil souhaitent poursuivre leur étude pour confirmer l’efficacité de cette association thérapeutique.

Leurs expériences se dérouleront sur du sang de patients atteints de leucémie, mais également au sein de modèles animaux innovants.

Ce projet pourrait donc constituer un premier pas vers la mise au point d’un traitement de la LAM en rechute chez les patients porteurs de cette mutation particulière.
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